‹ Les sonnets de PétrarqueChapitre 64 sur 113 · CCLXXVII · texte numérisé non relu

CCLXXVII

IL COMPARE LAURE A UN LAURIER TRANSPLANTE DANS LE CIEL ET DONT LA RACINE EST DANS SON CŒUR.

Al cader d' una pianta, che si svelse. .

Lorsque tomba la plante, objet de mes regrets, Comme celle qu'on voit par l'air déracinée, Répandant sur le sol sa verdure fanée, De sa souche montrant les organes secrets ;

J'en vis une seconde, au feuillage plus frais, Qu'Euterpe, Calliope et l'Amour in ont donnée. Elle a saisi mon cœur et s'y tient enchaînée, Comme le lierre autour de l'arbre des forêts.

Ce laurier abritant ma pensée amoureuse,

Et duquel je n'ai pu (ma main fut malheureuse)

Détacher une feuille en mes jours florissants.

Transporté dans le ciel a laissé sa racine Dans mon âme, qu'en vain V espérance fascine. J'appelle... et l'écho seul répond à mes accents.

Le laurier en mourant a laissé sa racine dans le cœur de Pétrarque, et de cette racine sort une nouvelle tige qm verdoie dans le ciel. Cette comparaison est poétique; mais le sonnet semble embarrassé de sesueveloppements, comme une dame des riches draperies d un développement trop long. Pétrarque a été Plus simple et plus heureux dans la troisième stance de la canzone XXIV : Standomi un giorno, où il se borne a décrire la mort du laurier :

« Dans un bosquet naissant finissaient les rameaux sacres d un launer jeune et svelte, qui semblait un des arbres du paradis. Et de son ombre sortaient de si doux chants de divers oiseaux et tant d'autres délices que je me crus entièrement séparé du monde. Et tandis que ,e contemplais cette merveille, le ciel devint sombre, la foudre éclata, et l'heureuse plante fut soudain déracinée. Depuis lors ma vie est triste : qui me rendra un tel ombrage ?»

odfv?)? a dit de Ia mort d'Acm° <c»ra- Iy.

Ille, mordaci velut icta fcrro Pinus, aut impulsa cupressus Euro Procidit...

2bO LES SONNETS DE PETRARQUE

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