‹ Les sonnets de PétrarqueChapitre 70 sur 113 · CCLXXXVI · texte numérisé non relu

CCLXXXVI

II. INTERPRETE LES DERNIERS REGARDS DE LAURE. Quel vag-o, dolce, caro, onesto sguardo.

Cet honnête regard si cher et si charmant Semblait dire : « Sur moi de tes yeux fais usage, « Tu ne reverras plus ici-bas mon visage, « Une fois que tes pieds seront en mouvement. »

Avec l'esprit plus vif qu'un léopard, comment N'ai-je pas su comprendre un funeste présage ? Comment n'ai-je pas vu, moi qui me croyais sage, Ce qu'en mon souvenir je vois distinctement?

Plus brillants que jamais dans leur mélancolie,

Ses yeux disaient aux miens: « La terre en vain nous lie ;

« En vain vous plaît le feu que nous faisons jaillir.

« II faut Jious séparer, à votre gré trop vite j « Le ciel qui rompt nos nœuds au repos nous invite, « Et veut vous éprouver en vous laissant vieillir. »

disons-le franchement, aussi hors de la portée de la plupart des hommes, et aucun, depuis les temps modernes, n'a été plus généralement lu et admiré. Il parut dans un siècle où la corruption était aussi forte que l'ignorance était générale : il a traversé d'autres siècles où les connaissances, sans épurer les mœurs, les avaient du moins raffinées, pour arriver jusqu'à nos jours, où les connaissances de l'esprit et le raffinement des mœurs ont encore fait des progrès, sans que nous nous soyons pour cela rapprochés de la vertu ; il n'a chanté que pour elle, et cependant il n'est jamais déchu du rang où il était une fois monté. On ne se lasse point de relire ses poésies, qui sont un hymne perpétuel à cette déesse dont le culte a si peu de sectateurs, à peu près comme on lit dans d'autres poètes des hymnes à Diane et à Pallas, sans adorer ces divinités et sans y croire. » (Hist. litt. d'Italie, t. II, p. 487.)

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