SONNET DU TOMBEAU DE LAURE
Texte original d'après l'abbé de Sade. Pièce justificative n° XI.
Qui riposan quei caste efelici ossa Di quella aima gentile e sola in terra Aspro e dur sasso, hor ben teco liai soterra El verohonor, lafama, e beltà scossa.
Morte ha del verde Lauro svelta e mossa Fresca radice e il premio de mia guerra Di quattro lustri, e pik ; se anchor non erra Mio pensier tristo; e il chiude in pocha fossa
Felice planta in borgo de Avignone Nacque, e mort; e qui con ellajace La penna, el stil, l'inchiostro, e la ragione
O délicate membrà, o vivaface,
Che anchor me cuoci e struggi! inginocchione
Ciascun preghi il Signor te accepti in pace
Ci-gît le chaste corps qui fut le vêtement De cette âme céleste, unique sur la terre, Là sont ensevelis dans l'ombre héréditaire La gioire, la beauté, tout noble sentiment.
La mort n'a pas fait grâce à ce Laurier charmant, Prix de vingt ans et plus de combat solitaire (Je ne puis mieux compter dans ma douleur austère), Et l'a sous cette dalle enclos pareillement.
Dans le bourg d'Avignon la plante bien-aimée Prit naissance et mourut; elle y fut inhumée Avec mes rêves d'or désormais superflue.
O brillante lumière! ô dépouille chérie
Pour toi je brûle encor ! Que chacun pleure ci prie
Pour que Ditu te reçoive au nombre des élus!