LES RESTES DU TOMBEAU DE LAURE
Dans la sainte Avignon, à l'ombre d'une tour, Parmi les murs croules d'un cloître solitaire, Deux noirs et longs cyprès groupés avec mystère Et quelques fûts de marbre allongés alentour :
Voilà ce que le temps, ce vieillard sans amour, De la to.nbe de Laure a laissé sur la terre, C-î qu'il a conservé de cette dame austère Qu'un poêle chanta jusqu'à son dernier jour.
Mais qu'importe. ît Saturne et ses puissants coups d'aile ? Pétrarque avec les sons de sa lyre immortelle A mis la chaste femme à l'abri du trépas ;
Et ses pieux sonnets sont un tombeau splendide Où le temps usera toujours sa faux rapide, Et que son large pied ne renversera pas.
Juin l83o. Publié en 1840-
3o4 LES SONNETS DE PETRARQUE