‹ Les sonnets de PétrarqueChapitre 87 sur 113 · LE CHANT PLAINTIF D'UN PETIT OISEAU LUI RAPPELLE SA TRISTESSE · texte numérisé non relu

LE CHANT PLAINTIF D'UN PETIT OISEAU LUI RAPPELLE SA TRISTESSE

Vago augelletlo che cantando vai.

Pauvre petit oiseau qui vas à l'aventure,

Moins chantant que pleurant les beaux jours et lesjleur.

Quand tu vois la forêt qui change de couleurs

Et l'hiver qui revient attrister la nature:

Si, comme tu connais le mal qui te torture Tu connaissais le deuil qui fait couler mes pleurs, Tu voudrais partager les regrets, les douleurs Qui sont de mes pensers l'unique nourriture.

Au partage, il est vrai, tu ne gagnerais pas :

Tandis que mon amie a subi le trépas,

La tienne vit peut-être et de toi n'est qu'absente.

Mais qu'importe?... C'est l'ombre et l'air déjà glace C'est Vamer souvenir de notre doux passé Qui mêlent mes soupirs à ta voix gémissante .

Ce dernier sonnet est suivi dans le Canjoniere d'une dernière canzone qui est un hymne à la Vierge. Pétrarque semble être parvenu aux plus hautes régions de l'âme chrétienne; une fervente prière couronne son œuvre d'amour.

« O Vierge, s'écrie-t-il à la fin de cet hymne, viens combler de larmes saintes et pieuses mon cœurépuisé : que du moins ces derniers pleurs soient exempts de terrestre limon, si les premiers n'ont été pleins que de folie !... Prends pitié d'un cœur contrit et soumis. Si je sus aimer avec une admirable constance un peu de poussière périssable, que ne ferai-je pas pour toi. ô noble reine! Si de cet état si misérable et si infime je me relève par tes mains, ô Vierge, je consacre à ton nom et mes pensées et mon génie et mes écrits, ainsi que ma langue, mon cœur, mes larmes et mes soupirs. Guide-moi vers un chemin meilleur, et sois favorable à mes désirs désabusés. Le jour approche et ne peut être loin, si rapide est la fuite du temps, ô Vierge unique et sans rivale ! Recommande-moi à ton Fils, vrai homme et vrai Dieu, afin qu'à l'heure dernière mon âme trouve en son sein la paix. »

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