‹ Les sonnets de PétrarqueChapitre 89 sur 113 · M. CCC. LXXHI. XV11I 1VLI · texte numérisé non relu

M. CCC. LXXHI. XV11I 1VLI

Viro insigni FRANCISCO PETRARCA, laureato, Franciscolus de Brossano, Mediolancnsis, Gêner. Individua conversations, ainore. propinquitate et succcssionc. memoria.

Il dit aussi que l'un des quatre piliers du sarcophage porte ce distique attribué à Pétrarque :

Inveni requiem : spes et fortuna, valete ; Nil mihi vobiscum est, ludite nuncalios.

Le mausolée fut complété en 1 547 par un buste en bronze, dû à la générosité de Paul Valdezucchi, comme le constate l'inscription suivante conservée par le même auteur :

FRANCISCO PETRARCE

Paulus Valdezucus, Patavus, poematum ejus admirator, fcdium agrorumque possessor, hanc effigiem posuit. An. 1547. Idib. sept. Manfredino Comité, Vicario.

« Un soldat, ajoute l'abbé Roman, qui fracassa d'un coup de fusil l'œil gauche de ce buste, fut condamné aux galères. » Puis il rapporte une profanation plus grave :

« Les Florentins, qui auroient pu si facilement posséder cet homme illustre pendant sa vie, ont fait violer sa sépulture en iG36 pour avoir quelque portion de son corps. Ce fut un moine qui se chargea de cette commission périlleuse; il brisa un des côtés du sarcophage et il en tira un bras. Ses trois complices furent bannis. »

C'est encore le même abbé qui va nous introduire dans la maison de Pétrarque :

« Elle est située, dit- il, sur le terrain le plus élevé

d'Arquà, et domine le village et l'église. Du cabinet qu'il occupoit, et dans lequel on le trouva mort, la vue embrasse le vallon et plusieurs des collines Euganées. Les murs de ce cabinet sont couverts d'inscriptions en vers grecs, latins, italiens, françois; noble tribut que l'on paie à la célébrité de l'écrivain qui fit de si beaux vers dans ce lieu solitaire. Toute la maison est ornée de peintures à fresque, dont le sujet est tiré des poésies italiennes de Pétrarque. Laure et son amant en sont les principaux personnages; leurs portraits y sont multipliés. Les triomphes de l'Amour, de la Gloire, de la Mort, de la Renommée et du Temps; des chasses, des marines, des paysages, la vue d'Avignon, de Vaucluse, le Parnasse et les Muses y sont représentés. On conserve encore quelques-uns des meubles du poète.

« Dans une chambre, dont la frise est peinte, on voit une niche ornée de quatre demi-figures de sphinx sculptées, d'un grillage et d'une bordure dorée. Là se conserve une momie de chatte ; c'étoit celle du poète ; il la fit embaumer. Voici des vers plaisants faits à ce sujet :

Etruscus gemino vates exarsit amore;

Maximus ignis ego, Laura secundus erat.

Quid rides? divins illam si gratia forma;,

Me dignam eximio fecit amante fides ; Si numéros geniumque sacris dédit illa libellis,

Causa ego ne saevis muribus esca forent. Arcebam sacro vivens è limine mures,

Ne Domini exilio scripta diserta carent, incutio trepidis cadcm dcfuncta pavorem, lit viget exanimi in corporc prisca fides. »

Que reste-t-il aujourd'hui de la maison de Pétrarque? Voici ce qu'Ugo Foscolo écrivait en 1809 dans ses Lettres d'Orti^ : « La maison devenue sacrée de ce grand parmi les fils de l'Italie est là, à demi écroulée par la négligence impie de ceux qui possèdent dans leur village un pareil trésor. Le voyageur viendra en vain des terres lointaines chercher avec une pieuse dévotion la chambre toute retentissante encore des chants vraiment célestes de Pétrarque ; il pleurera, au lieu de cela, sur un monceau de décombres recouvert d'orties et de ronces sauvages parmi lesquelles le renard solitaire a caché son nid. » (Lamartine, Cours fam., t. VI, p. 146.)

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