‹ Les sonnets de PétrarqueChapitre 90 sur 113 · A M. LE MARQUIS HENRI DE LA GARDE · texte numérisé non relu

A M. LE MARQUIS HENRI DE LA GARDE

Tout poète qui croit que dans l'âme est incluse Une vertu d'amour plus forte que le corps, Qui des vers de Pétrarque entend les doux accords. A rêvé dans sa vie une course à Vaucluse.

Voici donc le vallon, la Sorgue et son écluse, Le cirque de rochers, magnifiques décors, L'écho prêt à répondre aux fanfares des cors, Et l'antique laurier qu'eût adoré Péluse.

Mon vœu se réalise ; enfin je vois les lieux Où, de la politique et de Rome oublieux, L'illustre amant prenait son luth chevaleresque.

Salut, fortuné site où Pétrarque a gémi,

Où dans le chaste amour son cœur s'est affermi !

Sa gloire a consacré ta beauté pittoresque !

Vaucluse, 18 juillet 1874.

Pétrarque a fait de très-laides peintures d'Avignon en prose et en vers (voir les sonnets XCI, CV, CVI et GVIIJ. Involontairement ces terribles sonnets me revinrent à la pensée, le second jour des fêtes. Il me sembla que l'ombre du poète devait regretter ses invectives en voyant avec quel enthousiasme sa mémoire était honorée. C'est la pensée qui m'inspira le sonnet suivant. Peut-être me suis-je trompé dans mon hy-

FÊTES DE VAUCLUSE ET d' AVIGNON. 36 1

pothèse; le poè'te a pu croire que l'on se réjouissait de sa mort comme de celle d'un ennemi :

Page 1