‹ Les sonnets de PétrarqueChapitre 93 sur 113 · LAURE · texte numérisé non relu

LAURE

La superbe devise : aimer, souffrir et croire! Aujourd'hui la vertu semble un effort grossier. La machine suffit. Moins soldat qu'armurier, Un petit ingénieur régente la victoire.

On cherche, on analyse, et l'on refait l'histoire. Toute noblesse irrite un âge roturier.

Jeanne d'Arc était folle, et ce fut le laurier Que célébra Pétrarque en rhéteur de la gloire1.

[vois,

Quoi ! Laure aux blonds cheveux qu'il dépeint, que je Ne serait qu'un emblème et sans corps et sans âme.'' Mensonge! il prie, il pleure, amour est dans sa voix.

Vous vantez la raison que ce siècle proclame.

Le cœur subit aussi de riguureuses lois.

Je crois en la souffrance, ô savants; je suis femme!

Mont-Dore, 1874.

Mm0 Taché-Serizay.

1 Certains commentateurs ont prétendu que Laur^, Laura, était la personnification de la gloire, comme le laurier, lauro, en est le symbole. (Note de l'auteur.

Page 1