I. — LE TESTAMENT
O mon poète, adieu ! tu m'appelais cruelle... Apprends donc mon secret que Dieu seul pénétra. Ne te plains pas : en toi, j'aimais l'âme immortelle; Ce testament du cœur bientôt te le dira.
Tu m'aimais ici-bas parce que j'étais belle;
Mon penchant fut si pur, que Dieu nous permettra
De garder à jamais cette chaste étincelle.
C'est mon poëme, à moi : la mort te l'apprendra.
Dans tes rêves, du ciel tu me verras descendre Et sur ta lèvre en feu, comme une mère tendre, Poser, cher délaissé, quelques gouttes de miel!
Je vais à l'amour vrai dont je vois la lumière, Je t'ouvre le chemin et passe la première : Attends, pour être aimé, que nous soyons au ciel.