IL — LA PESTE NOIRE. — LA MORT
Quand la hideuse Mort, déchaînée en tous lieux, Eut fauché cette fleur, cette beauté parfaite, Pour marquer sa victoire et repaître ses yeux, Elle vint, au cercueil, contempler sa conquête.
Mais, au lieu d'un cadavre, un ange radieux Y dormait et changeait ta victoire en défaite. La pureté, l'amour et la grâce des deux Formaient une auréole à cette illustre tête.
La Mort s'émut alors pour la première fois ;
La redoutable faux s'échappa de ses doigts
Qui n'ont pas respecté tant de grâce et de charmes.
Ses os firent entendre un sourd frémissement Et, spectacle inouï, dans leur étonnement, Ses orbites sans chair se mouillèrent de larmes.
Mis Henri de la Garde.
A PETRARQUE
Nul rayon ne manque à ta gloire, Cygne harmonieux d'Arezzo; Poésie, Art, Science, Histoire Sertirent leur brillant faisceau.
Le chœur des Filles de mémoire De ses dons comblant ton berceau, Plume d'or et Lyre d'ivoire, Firent le fond de ton trousseau.
Rome t'ouvrit son Gapitole, Vaucluse son riche Pactole, Laure son cœur chaste et dévot.
Les Rois couraient à ton école.
De cinq Papes tu fus l'idole, Et la victime... d'un Veuillot1!
Georges Garnier.
1 Voir les Satires du Louis Veuillot, p. 76; Paris, Gaume, i863. Je