ADJECTIFS
$ 82.-—De même que les noms, les adjectifs ne montrent aucune distinction entre les genres et le nombre.
Ex.: n0 bje nôm < un vieil homme.
ño bje fäm << une vieille femme.
$ 83.—L/adjectif possessif n’existe pas. Pour exprimer l’idée de possession le pronom personnel est simplement ajouté au nom.
Ex. : Sapo mwë < chapeau moi (mon chapeau), wqb li < robe lui (sa robe).
Ou bien les deux noms sont placés côte à côte. Ex.: bef lu wa < le bœuf du roi. C’est exactement la construction du Vieux Français.
Degrés de Signification des Adjectifs.
$ 84.—Nous trouvons en Créole les mêmes degrés de signification qu’en Français
Positif: fäm la bel << cette femme est belle.
Comparatif: fäm la bel pase lot la << cette femme est plus belle que l’autre.
Superlatif: se pi bel fäm mwe kônet < c’est la plus belle femme que je connaisse. |
On peut voir que plus et que disparaissent et son remplacés par le mot passé,
Au superlatif l’article et que tombent, plus demeure. très ne peut se traduire en Créole que par tupilé < tout plein ou äpil < en pile.
$ 85.—Le comparatif d'égalité, et celui d’infériorité sont exprimés en Créole de la même mannière par la locution tä kô < tant comme, employée négativement dans le second cas.
Ex. : i gwä tä ko mwëe < Il est aussi grand que moi
i pa gwä tà ko mwë < Il n’est pas aussi grand que moi.
ProNoMs.
$ 86.—La forme tonique des pronoms personnels est restée en Créole et des formes atones pour la 2° et 3° personne du singulier et la 2°* personne du pluriel en sont sorties.
mwê < moi, pas de forme atone
twe << toi, atone to
li < lui, atone i
nu << nous, pas de forme atone
zQt < vous autres, atone u
je < eux, pas de forme atone.
$ 87.—le, la, les n’ont pas d’équivalent en Créole. qui les remplace parfois vient du pronom lui.
$ 88.—Quant au pronom de la 3° pers. plur., le dévelopement phonétique régulier devrait donner je. Cette forme existe à la
Guyane et à la Louisiane. Pourquoi trouvons-nous jo dans les Antilles? C’est probablement un résultat de l’analogie, sous l’influence de la seconde personne du singulier to.
Pronoms demonstratifs.
$ 89.—They are: se < ce, sila < celui-ci et silala < celui-là. A côté de cette dernière forme, il y en a une autre encore plus en usage tala qui s’explique par les expressions: C’est à moi, c’est à vous, c’est à lui . . . .etc. Le son du t dans la liaison produisit une confusion entre se et éa et le nègre en vint à dire indifféremment se ta mwe < c’est ce à moi ou se sa mweé. De là la forme tala a pu facilement se glisser.
Ex.: à pa sila, se tala < ce n’est pas celui-ci, c’est celui-là.
se avec la signification de c’est est un gallicisme. Dans les exemples ci dessus on peut remarquer que pour la construction négative la forme est entièrement dialectale.
Par suite d’une confusion de même nature que celle mentionnée au $ 79 se sous l’influence de ces en est venu à exprimer aussi une idée de pluriel en Créole tout en conservant en apparence au moins dans certains cas la fonction d’un verbe; mais, il ne faut pas oublier que lorsque le nègre dit: se ta mwë, la traduction littérale doit etre: Ce à mor.
Qu'il me soit permis de rappeler ici, ce qui a été dit dans l’Introduetion où le procédé de formation du dialecte a été défini: comme un effort de la part du maître à simplifier et de la part de l’esclave à imiter, si tel est le cas, le premier n’a jamais entrepris de faire comprendre à l’esclave, la valeur du verbe. Il s’est efforcé de lui faire saisir la relation qui existait entre lui-même et un objet, et le nègre n’a certainement pas compris autre chose.
Pronoms possessifs.
$ 90.—Tls sont formés en joignant les démonstratifs sa et ta aux pronoms personnels. l
sa mwé ou ta mwë << le mien (ce moi)
sa li ou ta li < le sien (ce lui) etc. . . ..
$ 91.—Le relatif qui se trouve en Créole, que, lequel n’ont pas vécu dans ce dialecte
Ex.: a pa li ki di mwe sa < Ce n’est pas lui qui m’a dit ça
se i mwë ka we < C’est lui que je vois.
Dans cette dernière phrase le mot ka est l’auxiliaire du verbe; et, il se peut que la disparition de queait été causée par cette forme. Ceserait 1à un excellent exemple de l’influence des combinaisons phonétiques par groupe ; l’auxiliaire à cause de la similarité des sons prenant la place du pronom relatif de telle sorte que le besoin de ce dernier ne s’est pas fait sentir pour les nécessités phonétiques de expression.
Cette phrase : “ C’est de lui dont je parle” se traduit ainsi. se asi li mweë ka pale < C’est sur lui que je parle.
$ 92.—Quant aux pronoms indéfinis, les seuls que nous retrouvons sont :
tut < tout, pesôn < personne et $ak << chaque.—okin < aucun, et plizie < plusieurs sont des affectations savantes.
tupilé < tout plein et äpil < en pile sont des formations Créoles signifiant beaucoup.