‹ Les sons et les formes du créole dans les AntillesChapitre 4 sur 25 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le Créole Français est parlé dans les Mascareignes la Guyane Française, la Louisiane, les îles de l’archipel des Antilles qui appartiennent maintenant ou ont appartenu jadis à la France et même dans quelques unes d’entre elles où la domination française n’a jamais été exercée.

Dans les dialectes parlés aux Mascareignes, à la Guyane et à la Louisiane, les traces d’influence étrangère sont si nombreuses, qu’ils sont devenus des langues mélangées ; et, pour les étudier, il faut non seulement remonter au Français mais aussi se retourner vers les autres idiomes qui les ont influencés.

T'el n’est pas le cas dans les Antilles.

Le Dialecte que je me propose d'étudier n’est pas une langue mélangée. Si j'insiste sur ce point au début, c’est que la plupart des dialectes étudiés jusqu’ici sous le nom de Créole ne sont que des langues mélangées; et, il semble que pour en arriver à une idée claire du Créole, la distinction doit être nettement tracée.

Le Créole Français comme je l’ai dit plus haut est parlé dans les Mascareignes, la Guyane française la Louisiane et les Antilles. Le Créole parlé dans ces dernières îles peut seul être considéré comme un pur Dialecte Créole.

Qu'est-ce donc que le Créole ?

Le Créole est pour moi une langue produite par la nécessité de communication entre des hommes dans un état de civilisation avancée et des hommes dans un état plus primitif mis en contact avec cette civilisation avancée.

Il est évident que les premiers disposeront d’un langage qui est tout à fait en rapport avec les besoins de leur Civilisation; un

langage qui s’est insensiblement perfectionné à travers les siècles

par une lente évolution et un progrès continu et qui est devenu de plus en plus adapté aux nécessités de leur existence,

Supposez qu’un homme apparaisse sortant d’un état de société plus primitif et qu’il s’établisse au milieu d'eux. Son langage est naturellement impuissant à exprimer les relations nouvelles qui sont nécessairement créées entre lui même et son entourage. La loi impérieuse de la nécessité veut cependant qu’il communique avec les autres. Quel sera le résultat ?—I1 devra nécessairement apprendre leur langue—Et comment le fera-t-il ?

Si à la réelle infériorité de sa langue notale on ajoute maintenant.

1° l’infériorité du nombre.

2° l’infériorité de condition (comme dans le cas de nos nègres qui vinrent aux Colonies comme esclaves.)

La réponse sera: en mettant de côté sa propre langue et en s’efforçant autant qu’il le peut d’imiter.

Maintenant un nouveau facteur se présente. Non seulement l’homme primitif doit comprendre et parler ; mais l’homme civilisé aussi a absolument besoin de se faire comprendre, surtout si sa position vis à vis du nouveau venu est celle d’un maître qui a affaire à son esclave.

La conséquence naturelle sera un compromis entre eux deux.

L’homme civilisé essaiera de simplifier autant qu’il le peut la tâche de l’homme primitif. En lui parlant, il n’emploiera que les mots qui sont strictement nécessaires pour se faire comprendre de lui. Toutes les finesses gramaticales toutes les complexités de la Syntaxe s’évanouiront de ses paroles. C’est là le premier pas.—Le nouveau Langage, par conséquent sera le résultat de ces deux faits.

1° D'un coté le maître simplifiant autant qu’il le peut.

2° De l’autre, l’esclave imitant avec tout le soin dont il est capable.

Il y a quelque chose de plus, cependant. Ici l'élément physiologique entre en jeu. L/esclave n’essaie pas pour un seul instant d’assimiler les nouveaux sons qu’il entend à ceux qu’il connait déja ; ceux là, il les a mis de coté, il réalise très bien qu’ils lui sont

maintenant inutiles. Ce qu'il a à faire c’est d’essayer de parler.

comme son maître. Et il essaie. Mais il n’appartient pas à la même race, son appareil vocal n’est pas le même, ses lèvres sont différentes.

De là les sons articulés par le Blanc subiront certaines transformations quand ils seront répétés par le nègre. Dans un pur dialecte Créole, par conséquent, on ne saurait trouver que ce qui provient de la Langue d’où le Dialecte est sorti; et, quant à la différence des sons il est inutile de chercher à les expliquer par d’autres raisons que les causes physiologiques.

Cette conclusion a été atteinte après avoir soigneusement consideré le sujet. Elle indique la méthode suivie dans cette étude.

La distinction établie entre les langues mélangées et le Créole peut maintenant être aisément comprise.

Pourquoi le Créole des Mascareignes, de la Guyane et de la Louisiane est il une langue mélangée? Simplement parceque dans ces pays, le Français n’était qu’un des éléments dans la formation de l’idiome nouveau. Aux Mascareignes, par exemple, le Français s’est trouvé en présence de la langue des Malgaches. Il a pu s’imposer tout d’abord ; mais le malgache étant la langue d’un peuple susceptible aux influences civilisatrices et plus nombreux que les colons français, il ne fut pas complêtement mis de eôté par ceux qui le parlaient et tend chaque jour à reconquérir son importance.

A la Guyane et à la Louisiane d’autres influences se sont fait sentir ; et le mélange du Français de l'Espagnol et de l'Anglais suffit pour expliquer le caractère mêlé des dialectes qui sont parlés dans ces pays là, quoique le mélange soit loin d’être aussi prononcé que dans ceux des îles Africaines.

Quant au Créole Portugais, je n’en peux parler-que d’après ce que les œuvres de M. M. Schuchardt et Coelho nous ont révélé et le dialecte tel qu’il m’apparait dans les études de ces deux savants distingués, me semble avoir déja poursuivi une évolution, qui le place au delà de ce que je designe par le mot Créole. Une langue qui possède un subjonctif, une syntaxe compliquée, une langue dans laquelle lOraison Dominicale peut être traduite mot à mot ne peut plus être, à mon avis, regardée comme un dialecte Créole.

J’en reviens donc à ma definition :

Le Créole est un langage produit par la nécessité de communication entre des hommes dans un état de civilisation avancée et des hommes dans un état plus primitifs, mis en contact avec cette Civilisation avancée.

Cette étude a été commencée dans le but d’étudier spécialement le Créole parlé dans les îles de la Guadeloupe et de la Martinique qui est à peu près identique. Il se trouve, cependant, que dans tout l’archipel des Antilles partout où le Créole est parlé il est à peu près le même. À la Trinidad qui n’a jamais été occupée par les Français, la similarité est constante. (Cela ne veut pas dire, naturellement, que le Créole parlé dans toutes les îles des Antilles soit strictement identique. Des différences dialectales existent; mais, elles ne sont pas telles qu’elles puissent créer des variations vitales ; et, peuvent sans inconvénient être omises de cet ouvrage dont le but est surtout de tracer nettement les contours du sujet et d’en fixer les points principaux.

Il ne sera pas question dans ces pages des habitants primitifs de ces îles. Les Caraïbes n’ont exercé aucune influence sur la formation du nouveau langage. Cette race disparut bientôt et il y a longtemps qu’elle est complêtement éteinte ‘ quelques mots isolés, voila tout ce qu’ils ont laissé après eux.

Il n’y a aucune trace d’influence Espagnole. 1/Anglais a enrichi le vocabulaire Créole de quelques mots; mais ne l’a pas autrement influencé.

Deux faits importants sont à signaler :

1° D'abord que les colons français qui s’établirent aux Antilles à la fin de la première moitié du X VIIth siècle étaient Normands.

2° Qu’à l’époque où commence la colonisation des Antilles, les établissements portugais florissaient déja sur la côte occidentale de Afrique; et que les premiers esclaves importés dans les Antilles vinrent directement de cette région. Les négriers portugais apportèrent des esclaves capturés sur la côte d’Angole et dans les îles du cap Vert?

Le premier de ces faits explique plusieurs phénomènes qui se présentent dans l’étude des sons, surtout en ce qui concerne les voyelles e et o; le mot noyer par exemple n’aurait jamais

TUn grand nombre de Caraïbes émigrèrent des Antilles au continent. Des traces nombreuses de leurs légendes et de leurs contes se retrouvent, par exemple, dans les traditions populaires des Mexicains.

? Voir Père Dutertre. Histoire générale des Antilles, t. 1, p. 500.

donné en Créole neje si lé latin n’était pas resté ei dans le dialecte Normand.

On peut aussi remarquer que la tendance générale du vieux langage de garder le son fermé de e<Y, reparait dans notre dialecte. Par exemple mete < mettre << mittere.

L’ü latin se retrouve dans la plupart des mots où en Français il est devenu o.

Kume au lieu de commère << cüm matrem

mun °° monde < mündum

Ce trait là est un des plus marqués de la Phonétique normande.

Un trait important et d’un intérêt tout particulier pour les Romanistes est l’existence en Créole des voyelles nasales dans les mêmes conditions que dans le vieux Français. Nous avons par exemple zämi et non pas ami, pesôn et non personne, nôm et non pas homme ete. . . . ($5).

Le second fait est aussi remarquable, comme nous le verrons, surtout relativement à la conjugaison des Verbes. La Conjugaison créole dans sa forme active est formée par le moyen d’un auxiliaire qui est employé de la même manière dans le Créole Portugais ; c’est le mot Ka qui exprime l’idée de la continuation de l’action “ dauer an” pour dire comme les Allemands.'

De plus la forme Créole tini tenir ayant en Créole la signification de avoir a été évidemment influencée quant à cette signification par la signification portugaise.

Ce sont là les seuls faits historiques dont il est nécessaire de tenir compte.

Le seul trait exclusivement caractéristique dans la Phonologie du Créole est l’absence d’action labiale pour les voyelles antérieures ü devient régulièrement i eu > e eu > €.

En disant que ce trait là est exclusivement caractéristique, j’entends simplement avancer que c’est le seul qui s’y trouve exclusivement avec une régularité aussi invariable. La tendance vers la palatalisation des dentales, n’est pas exclusive dans le même sens, parcequ’elle existe ailleurs ; mais la fréquence avec laquelle elle se

1 Schuchardt, Kreolische studien, p. 25.

retrouve en Créole est aussi un trait caractéristique. La palatalisation, je peux le remarquer ici est un des détails les plus intéressants à étudier dans ce dialecte.

De ces deux observations on peut voir déja que la base de l’articulation n’est pas la même en Créole qu’en Français; et, ce point est rendu encore plus clair si l’on considère que le son neutre en Créole est w au lieu de l’e muet français.

I] est nécessaire de savoir afin de bien comprendre toute l’importance de ce fait, que le dévelopement régulier du son représenté par eu en Français est en Créole un e. Le nègre ne s’y trompe jamais et ne confond pas ce son là avec le son de l’e muet français qui devient invariablement pour lui w. Ce fait est clairement démontré dans les mots savants ou empruntés. IL/article le n’existe pas en Créole; mais toutes les fois que le nègre l’emploie il prononce lu . wubini < revenir, prumne <[ promener la forme régulière de ce dernier mot en Créole est pümle.

Dans les dialectes étudiés par lui, M. Schuchardt penche à croire que la fréquente nasalité doit être attribuée à l’influence Africaine. Je me trouve en présence du même fait dans cet étude ; mais, j’hesite à admettre la même conclusion. Linfluence Africaine, à mon avis, nest pas nécessaire pour expliquer cette nasalité. (Ce phénomène est déja un des traits marqués du Français; et, quant à la nasalisation des voyelles devant les consonnes nasales nous retrouvons tout simplement un des traits les plus intéressants du vieux Français.

De plus il y a bien des cas en Créole où la qualité nasale est entièrement perdue; et, nous pouvons ajouter que l’assimilation suffit à expliquer des cas étranges en apparence de nasalisation comme par exemple dans le mot &éäso << attention.

Tous les phénomènes qui se retrouvent généralement dans l’étude des dialectes et qui ont pour cause premierè la loi du moindre effort, se retrouvent également ici. Il n’est donc pas besoin d’en faire mention spéciale. Ils sont traités à leur place. Il est cependant permis de remarquer que la persistence avec lequel le nègre cherche à éviter les voyelles initiales est un des symptômes phonétiques les plus fortement accusés dans ce dialecte.

Quant aux Formes, leur dévelopement est à coup sûr intéressant. Je puis mentioner l’absence de la forme passive ; il n’y a même pas un mot en Créole pour traduire par. Ce fait est relevé ici pour

montrer avec quelle logique inflexible la loi du moindre effort se fait sentir dans mon dialect. Autant que je le sache un résultat aussi strictement logique du Vis minima, n’a pas encore été découvert.

La Littérature Créole demanderait un traitement séparé ; et, si j'en parle ici c’est simplement afin de donner une idée des sources pour l’étude de la langue.

La Littérature Créole, donc, si le nom de Littératur peut s’appliquer à ces expressions orales de Pesprit humain encore dans son enfance consiste seulement de

1° Contes

2° Proverbes

3° Enigmes.

I] y a deux série de Contes. Lune d’elles d’origine Européenne, et cela peut être un sujet intéressant de rechercher jusqu’à quel point et de quelle mannière les contes et les légendes apportés par les premiers colons, subirent des transformations et des changements dans la bouche des nègres.

Une autre, et celle-là est la plus intéressante pour nous est composée des fables d'animaux. Là nous avons, sans aucun doute le mélange de l’épopée animale française avec les contes d’animaux importés d'Afrique.

Cette série comme le Roman du Renard est une véritable épopée. Les différents épisodes sont groupés autour de deux personnages principaux qui correspondent exactement au Renard et au Loup ; Ce sont Lapin et Zamba. Ce qu’est réellement Zamba, personne ne le sait; mais, ce qu’il représente est parfaitement clair. Il est le symbole de la stupidité brutale, tandis que Lapin qui emporte toujours sur lui, quoique beaucoup plus faible symbolise l’intelligence et l’adresse.

Zamba est aussi le Croquemitaine dont on menace les enfants qui ne sont pas sages.

Il est inutile d’ajouter que ces contes Créoles offrent aussi un champ fertile pour les investigations et les Comparaisons.

C’est peut être aller jusqu’à la minutie que de chercher à établir une distinction entre les Proverbes et les Enigmes; mais, pour moi la distinction certainement existe,

Les Proverbes sont des phrases courtes, dont la forme parfois peut être énigmatique ; mais, dont l’intention est toujours d’enseigner quelque leçon et d'exprimer une idée générale. Par exemple.

Quand un jardin est loin, les gumbos se gâtent.”

(Loin des yeux, loin du cœur.)

“ Un voleur ne souffre pas que son camarade porte le sac.”

“ Frappez le nez, les yeux, pleurent.”

(Faîtes du mal à l’un des membres d’une famille et toute la famille ou d’autres membres de cette famille en souffriront.)

“ Un voleur vole un autre voleur et le diable se met à rire.”

“ Les dents rient, le cœur pleure.”

“Quand la barbe de votre voisin brûle jetez de l’eau sur la

. vôtre.”

Je pourrai continuer longtemps ainsi; mais, cela suffit pour montrer que ce ne sont là que des expressions analogues de ce fond commun de sagesse qui est la propriété de toutes les nations et dont la forme dépend de la physionomie intellectuelle et morale de la race qui les exprime.

Les Enigmes sont plus élaborées ; et, pour ma part je les considère comme les meilleures expressions du génie Créole. Elles sont généralement débitées avec une espèce de cérémonial. La personne qui va proposer l’Enigme commence toujours ainsi

tim ! tim ! (pour imiter le son de la clochette.) Les auditeurs répondent :

bwa $es << bois sec. C’est à dire: “nous sommes silencieux, immobiles comme des morceaux de bois sec pour vous écouter.

Alors le diseur d’'Enigmes continue :

“ Chaque petite chose que Dieu a mis sur la terre . . ...... Len ammencErsne

Alors suit l’Enigme.

J’en traduirai quelques unes ici; car il me semble, que là le jeu de l’imagination est plus libre et que parfois même on y surprend Paccent d’un sentiment poétique.

“Il y en a une qui brûle son cœur pour plaire à ceux qui l’entourent ? ?

L’auditoire répond : “C’est une chandelle !”?

“II y en a une dont vous brisez les os afin de bouillir son sang ? ”

C’est une canne à sucre !

(La canne à sucre après avoir passé au moulin, devient la bagasse qui sert à chauffer les chaudières.)

“Le pigeonnier de ma bonne amie est plein de petits pigeons blancs qui ne s’envolent jamais ? ”

C’est la bouche d’une jolie fille.

“IT yen a une que vous jetez en l’air blanc; et qui retombe jaune ? ”

—C’est un œuf!

“ Devant la porte du roi il y a des peaux de pistaches qui jonchent le sol, le Soleil se lève. Elles ont disparues ? ”

Ce sont les étoiles !

“Il y en à une qui voyage à travers la terre, sur les mers, dans le soleil et dans la lune sans jamais voir son ombre?” C’est le son !

‘Je ne suis ni roi ni reine et je porte couronne ? ” C’est une grenade !

Quiconque a lu les études de M. Coelho sur les dialectes créoles ne manquera pas de remarquer que cette coutume de proposer des Enigmes est générale partout où l’on retrouve des nègres. J'ai trouvé dans Coelho une que j'avais oubliée et que ma bonne me répétait souvent quand j'étais enfant: g’jo dubut < de l’eau debout.

Réponse.—se ñô Kän < c’est une canne (à sucre). Cela prouve que non seulement la coutume est commune mais que les images elles-mêmes sont semblables.

Parler ici des chansons Créoles, serait envahir le domaine de la musique. Nul cependant n’a pu les entendre et oublier le charme de ces simples mélodies et la douceur avec laquelle les paroles se fondent dans l’air.

Je renvoie ceux qui désire les mieux connoître au livre de M. Lafcadio Hearn “Two years in the.French West Indies.”” Harper,

En résumé, l’intérêt de cette étude est double :

1° Au point de vue phonétique.

Les transformations et le changement des sons français en Créole déterminès par des causes purement physiologiques.

Pour les Romanistes en général cela prèsente un intérèt particulier car à cause de la date comparativement récente et de la courte période d’évolution du dialecte ils y trouveront des faits qui pourront servir à déterminer des théories dont les fondements ont été jusqu’ici incertains.

2° Par rapport aux sons, aussi; mais particulièrement en ce qui concerne les Formes, les résultats de la Loi de moindre action poussés encore plus loin et avec plus de régularité qu’on ne la encore observé.

Toutes les fois qu’un mot Créole est cité, j’en donnersi la transscription phonétique d’après la liste donnée cidessus et le mot français dont il vient suivra immédiatement après. L’étymologie latine sera donnée toutes les fois qu’elle sera intéressante à connaître pour le dévelopement du son.

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