VOYELLES INITIALES
$ 1.— Quoique les phénomènes étudiés ici soient mêlés à ceux de la morphologie, ils ont néanmoins une cause phonétique: la tendance à supprimer l’hiatus.
La régle en Créole est que les voyelles initiales tombent ou sont couvertes par une consonne.
Cette consonne est naturellement celle qui se fait sentir le plus fréquemment dans les liaisons françaises. Aïnsi nous avons:
lämu < l'amour, zafä < enfant (les enfants).
nôm <{ homme (un homme).
L’analogie est responsable pour toute autre consonne dans ce cas, quand celle qui existe ne représente pas la liaison française. La préposition à par exemple devient en Créole ba sous l’influence du verbe baj << bailler. à étant la préposition qui exprime la relation du datif l’analogie n’a pas de peine à s’expliquer. à devient aussi ta; le point de départ de ce developement est probablement dans les expressions : C’est à moi à vous, à lui, etc. . . . et ce qui confirme cette supposition, c’est que {a est aussi employé dans le sens de ça.
$ 2.—L’aphérèse de la voyelle initiale est la règle pour les verbes et les mots qui ont plus de deux syllabes.
Ex.: bime < abîmer, bâte < éventer, twape < attraper.
Notons cependant que si la chûte de la voyelle initiale rend le mot plus difficile à prononcer, elle ne tombe pas acheter par exemple reste en Créole aëte.