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$ 42.—f et v n’ont pas comme en Français une articulation dental-labiale ; mais une articulation bilabiale.
$ 43.—Comme on l’a vu au $ 13. v + a est remplacé par w + a. cheval par exemple, devenant 8wal, devant > dwä. ($ 44.)
v — e n’existe pas en Créole. ($ 11 et suiv.) pour e voir $ 46.
$ 44.—v + i se change en b + i.
Ex. : bini < venir, kibis < écrevisse.
La règle est la même dans le cas de v + &.
Ex.: bäse << avancer.
$ 45.—v + o ou Q est un son bilabial très relâché.
$ 46.—v + oi. Dans ce cas v est remplacé par w.
Ex.: we < voir, kwe < croire, dwe < devoir.
Devant e (ai ou è) la même chose a lieu.
Ex.: mowe << mauvais; mais fréquemment aussi dans ce cas v tombe entièrement et le mot devient moe.
& 47.—v + ou. v tombe dans cette combinaison. Ex.: u < vous.
$ 48.—v + lorr. v devant l tombe vouloir ou bien voulez? donne finalement en Créole le.
v + r, r tombe et v > w. Ex.: we < vrai.
$ 49.—f en Créole est un son très relâché et dans quelque cas tombe entièrement. ÆEx.: 18 < fils.
$ 50.—Devant a, 0, g persiste en Créole.
$ 51.—Devant e, i, g se palatalise et le même changement se produit dans le son sourd e + e.
Ainsi nous avons k'ete < quêter et g’ete < guetter. (Voir pour g’ < di $ 41.)
$ 52.— Comme il a déja été mentionné ($$ 4, 42, 48.) le son de V’h s'entend parfois en Créole. Il est cependant rare, et dans chaque cas le mot à aussi une forme sans h.
$ 53.—L’aspiration de l’h ne peut par conséquent être regardée comme un trait Créole; et, le fait que toutes les fois qu’un h se presente en Français le nègre le transforme exactement comme il ferait d’un r en w, prouve qu’il regarde ce son comme un de ceux dont l’articulation est pour lui la plus difficile. Le mot de hors par exemple devient dewQ. dejQ aussi existe.
$ 54.—II est bon de remarquer ici pour toutes les dentales en général, que le point de contact pour leur articulation est plus en arrière et qu’il est dans ce dialecte, alvéolaire et non dental.
$ 55.—L/1 initiale persiste devant toutes les voyelles.
$ 56.—Dans une position atone 1 tombe dans le mot li < lui et nous avons simplement i.
$ 57.—I for n et vice versa est un des phénomènes commun qui |
se retrouve aussi en Créole.
Ex.: änu < allons, pômle << promener.
$ 58.— Voir “ Remarques préliminaires IT. pour consonne + 1” (aussi $ 41).
Final le comme re précédé par une consonne sourde tombe régulièrement. (Voir $ 29.)
Ex.: tab < table, zepeg < épingle.
$ 59.—m comme b, à cause de son articulation bilabiale est un des sons favoris. Il persiste sans aucun changement. ($ 27.) Inutile d'observer ici que #”# pour b et b pour m se présente souvent. ($ 73 et aussi $$ 5-7 inclusiv.)
$ 60.—(Voir $$ 5, 6, 7 et $ 8) aussi $ 57. Dans les paragraphes ci dessus mentionnés tous les faits intéressants par rapport à ce son ont été examinés.
$ 61.—TI n’y a aucun son en Créole qui soit l’exact équivalent de la lettre r
L’r du mot Français être tombe entièrement quand il est final ; et dans toute autre position il reçoit le même traitement que le son guttural. Ce dernier est régulièrement transformé en un son labial.
$ 62.— Combiné avec toutes les voyelles et dans toutes les positions l’r français devient en Créole w.
Ex. : wat < rat, wuf < rouge, wäée < rangé, bwa << bras, twape < attraper, dwet < droit. ($ 64.)
$ 63.— Dans les combinaisons consonne + r, quand r est suivi immédiatement ou de près par un son qui est aussi difficile pour le nèore tel que à ou w, r tomb complêtement.
Ex. : bule < bruler, tavail < travail.
$ 64—r +i. (Voir $ 18.)
$ 65.—Voyelle + consonne + r. Dans ces combinaisons r tombe.
Ex. : domi < dormir, pati < partir, $aÿe < charger.
$ 66.—r final dans tous les infinitifs de la IT. conjugaison, disparait en Créole.
Ex.: tini < tenir, bini << venir, sqti < sortir.
re final. ($ 57.)
$ 67.—Dans toutes les positions, s est palatalisée.
Ex. : Sapoti < sapotille, 8eë < sec, i8 < fils, kibis < écrivisse, 80%e < songer.
Exceptions à cette règle (voir $ 36.) pis < puisque, los < lorsque, esu <T est-ce que vous.
$ 68.—8i (ti) donne régulièrement 8.
Ex. : bitaëô < habitation, muëe < monsieur.
$ 69.—Nous avons déja remarkqué au $ 1, que ce son était très souvent employé comme consonne prosthétique.
z médial demeure devant toutes les voyelles. Le mot z0%0 << oiseau ou 2929 semble être une exception à cette règle.
z final se palatalize et devient j.
Ex. : &Qoj < chose, kaj < case.
$ 70.— persiste dans toutes les positions Z persiste aussi excepté lorsqu'il est son final dans ce cas il devient aussi j.
Ex.: kaj < cage, bagaj << bagage, fomaj < fromage.
$ 71.—Résumant ici les $$ 67, 69, 70. Nous pouvons dresser la table suivante
Sons sourds Dévelopement dans le dialecte s { ë ë ë Sons sonores medial final Z { Z j ÿ ÿ j.
$ 72.—t persiste devant à, 0, mais se palatalise devant e, i, u.
Ex.: tab < table, tbe < tomber; mais, k/uje << tuer k/ême et k’ébe < tenir avec la signification d’attraper. (Voir pour ce dernier mot: Remarques préliminaires IL., page 24, note.)
Ce dernier mot, mérite une mention particulière. Il faut d’abord observer que la forme fini existe en Créole. Elle provient de tenir et nous avons dans sa signification Créole qui est celle d’avoir, évidemment l’influence du mot portugais.
Les formes k/en et k/eme sont dérivés de l’impératif tiens et tenez; élles sont employées avec la signification de tenir et d’attraper. Outre k/ëme dont l’m s’explique par la tendance générale de finir le mot avec une articulation bilabiale, $ 40, il y a aussi la forme k'ébe. Celle-ci n’est employée par le nègre que lorsque’il est surexcité. Dans ce cas le premier son du mot est suivi par une con-
Les Sons et les Formes du Créole dans les Antilles. GYÉ
traction des lèvres pour l’m et lorsque l’explosion a lieu, un b est produit parceque dans son expressement il a fermé le velum trop tôt.
$ 73.—Comme nous l’avons remarqué au $ 40, une articulation labiale ou dentale est fréquemment ajoutée à la fin d’un mot.
Ex. : isit <'ici. Quant aux adjectifs comme pitit < petit; il est simplement possible que nous ayons là l’influence du féminin.
re final a le même sort après t qu'après b et d. (Voir $ 30.) Il tombe et le t devient le son final.
Ex.: kat < quatre, bat < battre.
$ 74.—1 n’existe pas en Créole, le son que quelques uns considèrent comme tel en Français reçoit un traitement varié dans ce dialecte.
Après i il tombe. Ex.: fi < fille, fämi < famille.
Dans les autres positions il demeure j.
Ex.: fej < feuille, tavaj < travail.
$ 75.— Une autre preuve de l’action sympathique des deux phénomènes de la nasalisation et de la palatalisation (Voir $$ 5, 72.) est le changement de j en à dans les mots suivants: 4ñ0 < haïllons, papiñô < papillon.
Nous avons observé au chapître II. des Remarques préliminaires, qu’en vertu de la tendance à éviter l’hiatus secouer devenait sukuje ; le participe présent: secouant a formé le mot sukuña. Cette formation, régulière en apparence, est en réalité le résultat d’une analogie curieuse. La signification du mot est attaché à une apparition que la superstition attribue à l’art des sorciers, c’est une flamme qui traverse l’espace à la nuit noire et que l’on croit être le sorcier lui même se promenant dans lair. Cette flamme tremblotante fut immédiatement associée avec l’idée exprimée par le mot sukuje et sous l’influence du mot Revenant par lequel probablement le Blanc désignait la même apparition, le son nasal fut ajouté et par ce fait le contact palatal est devenu plus marqué. j s’est changé en f.
$ 76.—ñ persiste en Créole.
$ 77.—Un autre fait doit être retenu, à propos de palatalisation. La voyelle initiale des monosyllabes est fréquemment palatalisée. Nous avons déja vu $ 5, que un devient j6 ou ñô. Nous verrons plus tard que la 3° personne du pluriel du pronom personnel qui est dérivée de la forme tonique eux est en Créole jo. ($ 89.)
$ 78.—Trois faits principaux résultent de cette étude.