CHAPITRE II
Un critique, qui croit en Dieu et qui n'est point sophiste, ce me semble, mais que je vois avec douleur fréquenter le groupe des sophistes, reproche aux nôtres de mal combattre M. Renan, et prétend que la vraie manière de le combattre serait de lui demander : « Quelles sont vos sources? « Quel usage en faites-vous? « C'est pourtant là ce qu'ont fait tous les nôtres, et c'est ce que j'ai fait moi-même, comme on vient de le voir.
Je continue, et ce qui suit est le dixième exemple que j'ai promis comme première énumération des erreurs.
Jl s'agit des frères de Jésus.
Nous allons discuter ce point avec soin et avec
tiG
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étendue. Que le lecteur ne regrette^ pas sa peine : ce sera une étude féconde. Outre l'importante question historique et religieuse dont il s'agit, ceci va devenir pour mes lecteurs, s'ils le veulent bien, un exemple et un exercice de critique. C'est l'analyse d'un état mental qu'il est nécessaire de connaître. On va voir comment la critique qui a pour essence la négation du surnaturel se comporte en présence de celle qui a pour essence
l'attention.
La question est celle-ci : Jésus-Christ a-t-il eu des frères et des sœurs?
M. Renan cite sur ce point les textes connus, tous ceux qu'il faut citer, sauf un seul, qu'il croit avoir quelque raison d'omettre. Et il admet, comme nous, ce qu'on est bien forcé d'admettre, que, dans le texte si connu : « Celui-ci n'est- il « pas le fils de l'ouvrier? Et sa mère n'est-elle (.( pas Marie? Et ses frères ne sont-ils pas Jacques « et Joseph, Simon et Jude? » M. Renan admet que ces quatre noms sont les noms des cousins germains de Jésus. Pourquoi est-on forcé d'admettre cela? Parce que plusieurs textes, que cite d'ailleurs M. Renan, parlent de Marie, sœur de la sainte Vierge, femme de Cléophas , comme étant mère de Jacques, de Joseph et de Jude. Voici ces
textes : Soror mnlris ejus Maria CJeophœ (Jean, XIX, '2 5); Maria Jacohi et Joseph mater (Malth., xxvn, 56.) A quoi l'on peut joindre celui-ci tiré des Epîtres : Judas J,^C. serms.fratcr aiitem Jacohi {(i^\<\. Judœ.) Les textes du Nouveau Testament nous donnent donc explicitement Jacques, Joseph et Jude (Simon, le quatrième, s'ensuit nécessairement), comme étant les fils de Marie, sœur de la sainte Vierge, et femme de Cléophas. Ce sont donc les cousins germains de Jésus. D'un autre côté, l'on accorde que les cousins germains du Seigneur sont toujours appelés ses frères, selon l'usage hébreu.
Le mot frère en hébreu, en grec et en latin signifie ce Ahovà frère proprement dit, puis cousin germain, \^u\sparent. C'est ce que l'on peut voir,
même dans les dictionnaires élémentaires, hébreux grecs et latins. Ceci n'est nié de personne.
Voilà, ce semble, la question des frères du Seigneur pleinement résolue, puisqu'il est démontré, visible dans les textes, admis des deux cotés, que les quatre personnes appelées, selon l'usage hébreu, Jrcres du Seigneur, sont ses cousins geimains, les fils de Cléophas et de .Marie, sœur i\c la sainte Vierge.
Mais voici que, malgré cela, .M. Renan alfiime
que Jésus avait, outre ces quatre cousins germains, des frères et sœurs nés soit de . Josepli et de Marie, soit de Joseph et d'une autre femme.
Sur quoi repose cette assertion? Où sont les textes? Où sont les preuves?
L'auteur n'apporte à ce sujet ni preuve, ni texte, ni raison. C'est une pure décision de sa volonté
libre.
Où trouvez-vous, en effet, dans tout le Nouveau Testament et dans toute l'histoire ecclésiastique, une trace quelconque des frères naturels de Jésus? Vous n'en pouvez citer la moindre. Vous dites : c Les vrais frères de Jésus n'eurent (c d'importance, ainsi que leur mère, qu'après sa « mort. » Comment, s'ils prirent alors de l'importance, n'y a-t-il aucune trace de leurs noms ni de leurs gestes, dans les actes des Apôtres? Vous allez jusqu'à dire— je ne puis comprendre pourquoi — que l'expression de « frères du Seigneur constitue « évidemment, dans l'Église primitive, une espèce (( d'ordre parallèle à celui des Apôtres. » Comment alors pourrait-il n'exister, ni dans les actes des Apôtres ni ailleurs, aucune trace de la distinction des vrais frères et des autres, aucune trace des noms ou des gestes de ces frères naturels qui , selon vous, ont pris de l'importance, et ont évi-
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demment constitué, dans l'Église primitive, une espèce d'ordre parallèle à celui des Apôtres? De bonne foi, cela est-il possible?
Mais voici, en tout cas, ce qui est certainement impossible. C'est que la tradition entière de l'Église chrétienne et tous les monuments anciens affirment que Marie, toujours Vierge, n'eut qu'un fils unique, Jésus-Christ. Cela, dis-je, eut été manifestement impossible, si Jésus avait eu des frères, fils de Marie, qui, à sa mort, eussent pris de l'importance et formé dans l'Église une espèce d'ordre parallèle à celui des Apôtres. 11 est absolument certain que ces frères-là seraient connus. Il est absolument certain que toute la tradition chrétienne n'eut pas pu affirmer que Jésus était fils unique de Marie.
Sachez-le bien., la tradition que vous traitez ici comme si elle n'était pas, la tradition est de toutes les preuves la plus forte. Elle est plus forte que vos raisons et que les nôtres, et que tous les textes écrits.
Votre ignorance des lois de la réalité peut seule vous donner la puérile audace d'affirmer seul contre la tradition, seul sans les textes et malgré les textes.
La tradition, beaucoup mieux que les textes
Ihl
lA CUiTIQUE
ET LA VIE DE JÉSUS
loi
écrits, est la résultante naturelle de l'ensemble des données réelles de Thistoire. Sauf accident, elle suit, comme Teau, la ligne de plus grande pente des faits. De là la force considérable du rjuod ubique, quod semper, La tradition, ce n'est pas tel ou tel témoin, c'est l'immensité bistorique. Et que sera-ce, s'il s'agit de la tradition clirétienne, la plus forte, la plus solennelle, la plus ricbe, la plus pure et la plus débattue qui fut jamais? Lutter contre cette immensité et contre le sens général de son mouvement, c'est lutter contre
l'Océan.
Suivons donc ici, je vous prie, la lutte de ce particulier contre la tradition. Il veut, malgré la tradition , que Jésus-Christ ait eu des frères. Lui qui se borne d'ordinaire à l'assertion sans phrase, essaye ici, en quelque sorte, im espèce de raisonnement.
Je n'ai pas remarqué dans la Vie de Jésus d'autre essai de raisonnement ni de discussion scientifique. L'auteur annonce dans sa préface qu'il discutera peu. Certes, s'il n'a essayé que cette fois, c'est peu, on va le voir.
Voici comment il se débat.
La tradition affirme que Jésus n'a pas eu de frères. M. Renan oppose à cela le passage de
saint Jean : « Ses frères ne croyaient pas en lui (Jean, vu, 5). » La tradition répond : Ces frères sont, ou bien ceux des cousins qui ne furent pas apôtres, ou le gros de la parenté de Jésus qui, en ce temps, comme on le sait d'ailleurs, ne croyait pas en lui.
Quanta des frères nés an même sang, s'ils avaient existé, et avaient eu de l'importance, comment se pourrait-il qu'il n'y eût aucune trace, ni de leurs nonfs, ni de leurs gestes, ni dans les textes, ni dans les souvenirs traditionnels ?
Réponse: C'est que « leurs noms étaient incon- <c nus à tel point» que saint 3Iatthieu et saint Marc ne les connaissaient pas, et qu'eux-mêmes sont « restés toujours obscurs. »
— Mais on demande précisément comment il est possible d'affirmer, dans la même page, que des hommes sont « restés toujours obscurs et leurs (c noms inconnus » et que pourtant ils eurent de rimportance après la mort de Jésus-Christ, et même constituèrent « évidemment \me espèce d'ordre pa- « rallèle à celui des apôtres. » Cela peut-il se concevoir ?
— Point de réponse ici de la part de M. Renan. Voilà le premier effort de la lutte.
Essayez, dit la tradition, de citer un seul texte de l'Évangile où il soit parlé de ses frères selon le sang.
— Réponse : Je soutiens que les textes, à peu près identiques, de Marc et de Matthieu , veulent parler de ses frères selon la nature: «Ses frères ne « sont-ils pas Jacques et Joseph, Simon et Jude? »
— Mais quoi! reprend la tradition, l'Évangile ne vous dit-il pas que ces frères-là sont les fils de la sœur de Marie, femme de Cléophas? Ne ditesvous pas, vous-même, parce qu'il le faut absolument, que ce sont les noms de ses cousins germains ?
— Oui, ces quatre noms sont ceux de ses cousins germains.
— Comment alors, dans cet endroit, s'agit-il de ses frères proprement dits ?
— Le voici : c'est que l'évangéliste s'est trompé, il a voulu parler des frères selon la nature, et il a nommé ses cousins.
Oui, ajoute le lutteur, \oulant nommer les frères, l'évangéliste a écrit le nom des cousins, parce qvie l'on ne connaissait pas le nom des frères (p. 25). « Leur nom était inconnu à tel point que,
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o quand l'évangéliste met dans la bouche des « gens de Nazareth l'énumération des frères selon a la nature, ce sont les noms des fils de Cléophas « qui se présentent à lui tout d'abord. ))
Le lecteur appréciera ce raisonnement. Mais reprenons. Vous soutenez donc que saint Matthieu, lun des douze apôtres, a commis cette étrange erreur? — Oui, saint Matthieu lui-même.
Mais saint Marc écrivant sous la dictée de Pierre, saint Marc, ce témoin oculaire, selon vous, qui, selon vous encore, peut être Pierre lui-même, a un texte identique 011 il donne les mêmes noms. (Marc, VII, 3.)
Il s'est aussi trompé. Ils se sont trompés tous les deux. « L'évangéliste (il fallait dire les « évangélistes, puisqu'il y en a deux), l'évangé- « liste, entendant appeler les quatre fils de Cléo- « phas, frères du Seigneur, aura mis, par erreur, « leurs noms à la place du nom des vrais frères, « restés toujours obscurs. )j
— Mais, ditla tradition, je ne puis voir ici qu'une assertion purement abitraire de votre part, puisque vous n'apportez, dans le débat, ni un texte ni une raison. Essayez donc au moins de donner une raison quelconque, puisque les textes sont contre vous.
LA CIUriQLE
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Eh bien , voici l'essai de raisonnement que va produire M. Renan :
« L'hjpollièse que nous proposons (que deux « évangélistes se sont trompés sur les quatre noms) « lève seule l'énorme difficulté de supposer deux « sœurs du même nom, ayant chacune deux ou « trois fils du même nom. w
Qu'est-ce à dire ? L'hypothèse de M. Renan est celle-ci : c'est que les deux évangélistes, Marc et Matthieu, en nommant les quatre cousins germains, ont eu nutention de nommer des frères selon la nature. Donc si, selon cette hypothèse, ils ont eu l'intention de nommer des frères selon la nature, il est clair, d'après M. Renan, que, n'ayant pu se tromper sur un fait aussi palpable, de pareils frères ont existé.
C'est ce qu'il fallait démontrer.
Tel est, sur ce point, l'unique raisonnement de M. Renan.
Je prie le lecteur de vouloir bien méditer avec soin ce que j'appelle l'abaiie de ce raisonnement, raisonnement que certes M. Renan n'eut jamais osé présenter sous sa forme directe et claire.
Voici cette forme directe et claire. L'Évangile dit : « Ses frères ne sont-ils pas Jacques et Joc( seph^ Simon et Jude ? »
Donc, dit M. Renan, Jésus-Christ avait quatre frères, fils de Joseph, que l'Évangile appelle Jacques et Joseph, Simon et Jude?
Mais, d'un autre côté, l'Évangile dit que Jacques, Joseph et Jude, par conséquent Simon, sont les cousins germains de Jésus-Christ, fils de Marie, sœur de la sainte Vierge et femme de Cléophas.
Donc, suivez bien le raisonnement, donc, selon 1 Evangile, dit M. Renan, il se trouverait que deux sœurs, du nom de Marie l'une et l'autre, auraient eu quatre fils l'une et l'autre, et, l'une et l'autre, auraient donné à leurs quatre fils les mêmes noms !
Voilà l'énorme difficulté.
Comment lever cette difficulté?
C'est en supposant que deux évangélistes , Marc et Matthieu, se sont trompés, et que, voulant nommer les frères, ils ont mis les noms des cousins.
Tel est le raisonnement. Le comprend on bien maintenant?
Comprend-on ce qui doit se passer dans cet esprit au moment où il raisonne ainsi?
Que le lecteur veuille bien ici me pardonner quelques longueurs indispensables pour sortir de ce labyrinthe.
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Voici, je crois, les vagues mouvements qui out dii s'opérer dans l'esprit qui a produit ce raisonnement sans commencement ni fin.
Je pose en fait indiscutable, dit cet esprit, ce que je prétends démontrer, savoir : que Jésus- Christ a eu des frères, fils de Joseph et de Marie, ou du moins, fils de Joseph et d'une autre femme.
Pour cela je m'appuie sur ce texte : « Ses frè- « res ne sont-ils pas Jacques et Joseph, Simon et « Jude? » Yoilà les quatre frères de Jésus-Christ. Sans doute, je suis forcé de reconnaître que les deux évangélistes Marc et Matthieu nomment ici les quatre cousins germains de Jésus, fils de Marie et de Cléophas. Le fait est clair : les deux évangélistes, chacun de leur côté, ont nommé ses cousins germains ; mais ils ont eu ^intention de nommer ses frères.
Les deux témoins nomment les quatre cousins : voilà le fait, soit; mais je dis qu'ils ont eu V intention de nommer ses frères et non pas ses cousins.
Cette intention est contraire au fait, je le veux bien, mais j'affirme cette intention^ laquelle est le point de départ que je n'entends pas discuter.
Les deux témoins sur lesquels je m'appuie disent l'un et l'autre le contraire de ce que j'avance,
soit; mais je répète qu'//.y ont eu F intention de dire ce que je veux qu'ils disent.
Cela posé, s'il est certain qu'ils ont voulu nommer les frères, il faut qu'ils se soient trompés sur les noms; sans cela « une énorme difficulté » surgirait. Il s'ensuivrait que les quatre frères auraieiit les mêmes noms que les quatre cousins.
Je lève rénorme difficulté créée par rintentio[i contraire au fait que je suppose aux deux témoins, je la lève en disant qu'ils se sont trompés tous les deux, et qu'ils ont pris quatre noms pour quatre autres noms.
Dès lors j'ai démontré, d'une part, que deux évangélistes se sont trompés, et d'autre part que Jésus avait quatre frères outre ses quatre cousins germains.
Tel est le raisonnement qui établit que Jésus- Christ a eu des frères, probablement fils de Marie. Tout repose sur ce point unique, qui est la majeure et la base du raisonnement, savoir : que là où les évangélistes ont nommé les cousins ils ont voulu nommer les frères.
Les lecteurs voudront-ils me croire? Je l'espère. En tout cas, ils en croiront leurs veux; car je mets à la fin du volume, sans en rien omettre, les deux pages de M. Renan, avec les notes et les
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renvois, et je cite en entier les textes qu'il ne fait qu'indiquer. Le présent livre est un manuel de critique. Je veux qu'on ait entre les mains les faits entiers, pour les étudier à loisir et juger par soimême, et vérifier de ses propres yeux comment travaillent aujourd'hui les sophistes et les athées. Je soumets au jugement do l'opinion publique de pareils procédés de critique religieuse. Je les soumets aux amis de M. Renan. Je les soumets à M. Havet, et je demande à M. Havet s'il connaît du côté des chrétiens des discussions de textes conduites de cette manière. Je lui demande à qui doivent s'appliquer les paroles qu'il prononce contre nous, lorsqu'il déclare qu'on ne peut discuter avec nous, parce que « nous éludons les démonstrations. ) Je lui demande à qui s'applique cette assertion : c( On se tire d'un mauvais pas, soit par une « entorse donnée au texte, soit par la supposition « extrême que le texte est altéré, soit par tout a autre artifice. » Ces paroles s'appliquent-elles à nous? s'appliquent-elles à M. Renan ^ ?
< « Le but que la loi poursuit, dit aussi quelque part M. llenaii, « étant pour elle absolument saint, elle ne se fait aucun scru- « pule d'invoquer de mauvais arguments pour sa thèse, quond « les bons n'existent pas. »
Qui fait cela, monsieur, je vous le demande? est-ce nous, ou bien est-(e vous?
J'en appelle, dis-je, à la conscience de M. Havel que je connais sincère.
Quoi, monsieur ! c'est là le livre que vous louez comme une œuvre historique! Voilà le livre que tout à coup, avec cette roide impétuosité et cet éclat strident et ce triomphal enthousiasme qui a fait l'étonnement des lecteurs, vous venez présenter au monde, comme étant « la vie de Jésus « écrite pour la première fois par un esprit ca- « pable de la comprendre et de la sentir! )) Voilà ce livre enfin dont vous portez ce jugement risible : « La légende de Jésus entre aujourd'hui so- « lennellement dans l'histoire. »
Permetlez-moi de vous le dire, quand j'ai lu ces paroles qui, si elles ont un sens, ce que je ne puis affirmer, signifient bien que jusqu'à ce jour Jésus-Christ n'était pas dans l'histoire, mais seulement dans la légende, et qu'aujourd'hui le livre de 31. Renan fait entrer Jésus dans l'histoire solennellement ; quand j'ai lu ces paroles qui, au milieu des merveilles de l'école critique, sont encore vraiment remarquables, quand j'ai vu que l'histoire, parles travaux de M. Renan, a découvert le Christ, comme la philosophie nouvelle, l'école critique, selon M. Yacherot, a enfin découvert la raison , alors, permettez-moi de vous le
IGO
LA CRITIQUE ET LA VIE DE JÉSUS
dire, après avoir relu plusieurs fois ces paroles je me suis arrêté, et n'ai pu trouver d'autre explication que celle-ci : « C'est un malade qui « parle. » Et, quelques jours plus tard, j'ai rencontré la même explication sous la plume si modérée de M. de Pressensé, à l'endroit où il qualifie votre éloge de M. Renan par ces paroles : « ces « pages hautaines où respire une passion mala- « dive. »