CHAPITRE VIII
CONCLUSION
Mais tous ces portraits du Seigneur ne scnil rien. Les paroles ne sont rien. Il faut le voir lui-même et le toucher.
Tl faut, dans la recherche de la vérité, se guérir d'une grande illusion commune à tous les hommes qui lisent : c'est que le monde littéraire est tout, que tout se fait par pensées et lectures. Grande erreur : la réelle et vivante vérité n'est pas là. Qui ne comprend pas cela, nia pas même encore commencé.
Cette illusion est analogue à celle qui égara longtemps l'esprit humain à la recherche des sciences de la nature. Les savants ne cherchaient que dans les livres et dans leurs cerveaux. Ils
asi
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poursuivaient les mystères de la vie par syllogismes à partir de majeures abstraites. La vraie science commença le jour où Thomme alla trouver la nature elle-même, la contempla, la suivit et lui obéit humblement, comme l'inculque Bacon avec une intarissable éloquence. On poursuivit alors la science réelle, que l'expérience seule peut
donner.
Eh bien! la science de Dieu et la science du Christ sont précisément au même prix. Il faut aller trouver Dieu même et Jésus-Christ lui-même, les suivre et leur obéir humblement. Il faut cette science de Dieu, cette science du Christ que l'expérience seule peut donner. Mais qu'est-ce que l'expérience de Dieu? Nous l'avons déjà dit : Texpérience de Dieu, c'est la Morale et la Religion.
Considérez que, dans tous les temps, l'homme a cherché l'expérience de Dieu. Toute l'histoire des rehgions, et la perpétuelle histoire du mysticisme ne sont que cette recherche. Qu'est-ce que cette universelle croyance des peuples, des poètes et des philosophes, à la révélation et à l'inspiration, et à la vie de Dieu en nous? Qui donc ne comprend pas que ce beau vers est vrai :
Est Deus in nobis : agitante calescimus illo ?
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Sur ce point, peuple et philosophes sont d'accord : éclatant caractère du vrai.
Et ici, remarquez-le bien, les philosophes anciens valent mieux que les modernes, parce qu'ils sont désintéressés. Ils sont libres des passions que soulève, dans le monde moderne, l'ardente lutte rehgieuse autour de la croix du Seigneur, lutte que provoque nécessairement la présence réelle de la vraie et vivante religion.
Aristote n'avait aucune raison de ne pas vouloir voir, ou de cacher aux autres, ce qu'il apercevait dans l'homme, savoir : « Une vie plus « haute que la vie même de l'homme, vie que a l'homme ne peut vivre, que si quelque chose de a divin vit en lui. » Mais il fallut, au commencement de notre siècle, une bonne foi héroïque, pour oser voir et affirmer, et constater dans l'homme, comme fait d'observation psychologique, comme donnée d'expérience intérieure et de sens intime, l'existence d'une vie supérieure à la vie propre de l'homme, d'une vie vraiment divine, dont le code, dit Maine de Biran, est l'Evangile, et dont les lois et les exemples sont les paroles et la vie du Christ. Il fallut à ce noble esprit trente années de travail et d'observations, et le plus grand courage philosophique, pour oser re-
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venir scientifiquement, expérimentalement et publiquement, à la doctrine du livre de \ îmilalion : de dwersis motibus naturœ et gradœ.
Donc la philosophie comme la foi, la raison comme le cœur, ont cherché et chercheront l'expérience de Dieu.
C'est là le fond de la science religieuse et philosophique.
Et comprenez que l'illusion n'est point ici. L'illusion est dans la vie abstraite de la littérature. C'est là que tout mensonge, toute erreiu^ tout sophisme, tout aveuglement passionné trouve aisément sa place. Il n'en est pas de même dans la recherche expérimentale de Dieu, non plus que dans l'étude expérimentale de la nature. Car, ne cessons de le répéter, la recherche expérimentale de Dieu, c'est la Morale et la Religion, où tout se résume dans un mot qui ne peut pas tromper : le devoir ! Qui peut se tromper en disant : Je prends pour fondement de ma vie, de toute ma vie réelle, extérieure, intérieure, morale et intellectuelle, philosophique et religieuse, le devoir! le devoir tel que je le connais aujourd'hui.
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S'il y a quelque part certitude, c'est ici. Ce seul effort, cette seule résolution, vous met dans l'expérience de Dieu, du Dieu vivant qui est dans la conscience, qui vous dirige, qui vous contient et vous soutient, qui vous arrête ou vous excite. Si la fausse vie mystique se compose d'imaginations chimériques et de sensualités d'âme, la vraie vie intérieure, celle qui met en contact avec Dieu, la vie du devoir, est la ruine assurée des illusions, la certitude immédiate, la solidité même du fondement éternel.
Si vous cherchez la vérité, si vous voulez la science de Dieu et la science du Christ, voilà le point de départ.
Qui que vous soyez, quel que soit l'état actuel de votre science, de votre conviction, de votre foi, ou de votre incrédulité , vous pouvez toujours dire^ vous devez toujours dire, aujourd'hui même : Je prends pour principe de ma vie et de ma science, la pratique et la connaissance du devoir. Voilà, dis-je, le point de départ , voilà la route , droite et certaine , qui mène à tout , qui mène au Père, et qui mène au Christ.
Et pourquoi la bonne volonté du devoir, la lutte pour le dev oir, mènent-elles au Père ? Parce que cette volonté même et cette lutte sont des mouvements
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dont il est cause première et continuel coopérateur. Cest l'effort pour le suivre et pour lui obéir, lui présent et opérant en nous. C'est la pratique expérimentale de sa justice, de sa sagesse et de sa bonté. C'est la prière, l'attrait, l'attention à lui. C'est l'adoration même en esprit et en vérité.
Attention intérieure à Dieu ! adoration de Dieu en esprit et en vérité, silence, recueillement pour écouter son âme et pour écouter Dieu! Auriez- Yous, peut-être, ô mon frère, passé cinquante ans sur cette terre sans avoir essayé cela, une fois? Serait-ce que, peut-être, vous n'avez jamais prié Dieu, un quart d'heure, en esprit et en vérité? Il se fit dans le ciel un silence d'une demi-heure, dit la Sainte-Écriture. Cette demi-heure de silence du ciel vous est-elle inconnue? n'a-t-elle jamais trouvé place une seule fois dans tout le cours de
votre vie?
Je vous demande un quart d'heure de silence, cette nuit, pour votre âme et pour Dieu , disait un grand évêque, parlant à une réunion d'hommes. Voici qu'au milieu de la nuit, un vieillard, grave et digne, fait réveiller l'évêque, et il lui dit : J'ai fait le quart d'heure de silence, pour la première fois de ma vie. Je ne puis attendre à demain, pour vous le dire. Ma vie est trans-
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formée. Je suis à Dieu et à son éternelle religion.
Ce silence d'un quart d'heure, qui s'était fait au ciel de l'âme, c'était un quart d'heure d'expérience de Dieu. Tous les accidents de la vie et de la pensée, tout le torrent des causes secondes, étant un instant écartées, l'être premier, la cause première, le principe créateur et vivificateur, devient d'une certaine façon perceptible : comme quand, dans l'observation scientifique, l'expérimentateur parvient à éloigner tous les phénomènes étrangers, pour suivre les seuls effets de la force dont il cherche la nature et la loi. Lisez dans le livre de \ Imitation^ ce chef-d'œuvre de la science expérimentale de Dieu, le chapitre : de neglectu omnis creatiirœ^ ut Creator possit inveniri,
La puissance de cette méthode simple et claire, — silence de l'homme et de la nature, pour trouver Dieu, — dépasse ce que l'on pourrait croire. Qu'un homme, doué de bon sens, et de bonne volonté, ait le très-difficile courage de s'enfermer pendant un mois, pendant huit jours, pendant trois jours, pour s'appliquer à un seul point : silence de l'homme et de la nature pour saisir ce qui est au fond, à la source de l'âme et des choses! J'annonce à tous ceux qui auraient l'intrépidité de son-
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der ces mystères, qu'ils y découvriront les choses anciennes et les choses nouvelles.
Vous savez, peut-être par expérience, l'étonnante vanité, nullité et stérilité d une suite quelconque d'années, passées dans la surface turbulente de la vie, dans l'encombrement du créé. Essayez de connaître l'étrange puissance et l'étonnante fécondité de quelques jours livrés à Dieu tout seul. A peine étes-vous seul avec Dieu, que parfois votre âme est saisie comme par une force irrésistible. Quelques-uns sont épouvantés. Il en est qui s'enfuient. Mais ceux qui persévèrent y trouvent la régénération . Quoi d'étonnant ? Dieu est partout présent, en essence et substance. Otez ce qui distrait : il reste Dieu.
En tous cas, sachez-le, si vous ne cherchez ce point fixe, ce centre simple, ce fond des choses et ce contact de Dieu, vous n'êtes qu'un grain de poussière, ou une feuille sèche , que le vent emporte où il veut. Le frôlement des livres, et le superficiel vagabondage de toute une vie à travers le monde littéraire, ne vous apprendra rien.
Mais je n'ai pas tout dit : je ne vous parle pas
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seulement de l'expérience de Dieu, de l'expérience du Père, je veux parler de l'expérience de Dieu dans son incarnation, de l'expérience du Christ, science expérimentale de Jésus-Christ que vous pouvez et devez acquérir.
C'est à lui-même qu'il faut aller, c'est lui qu'il faut trouver pour le connaître par expérience, et pour avoir, au sujet du maître visible, guide et modèle et régénérateur divin de tous les hommes, la certitude et la vraie foi.
Appuyez-vous d'abord sur les données historiques certaines, absolument indiscutables, savoir : le fait de l'existence du christianisme, la plus grande des révolutions de l'histoire, laquelle partage la vie du genre humain en deux parties, en deux chronologies, en deux ères, en deux mondes distincts, le monde ancien et le monde nouveau.
Partez du fait de l'existence d'un livre intitulé : le Nouveau Testament,
Joignez à cela cet autre fait contemporain, et tout nouveau, savoir : qu'après les extrêmes négations de la critique la plus radicale, le dernier état de la science est ceci :
« Toute la question, disent-ils, se ramène à un point unique. Est-ce que cette admirable vie du Christ, vraiment humaine et vraiment
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divine, qui a fondé le royaume de Dieu pour l'humanité tout entière; cette vie est-elle, ou n'est-elle pas, réelle et historique? Mais sa réalité est précisément le résultat de toute notre critique, de notre science la plus précise, et de nos plus minutieuses recherches. Et chaque nouvelle recherche, et chaque nouvel effort de science ne font que la placer dans une plus vive lumière, et nous montrent le Christ toujours plus grand et plus inspirateur, qu'on ne l'avait pensé. »
Voilà deux grands faits extérieurs absolument certains, l'existence du Christ, et celle du Nouveau Testament, trésor inépuisable où toute recherche et tout effort de critique et de science, ne cesse de découvrir un Christ toujours plus magnifique, et des beautés toujours nouvelles.
C'est là la base expérimentale objective de la science du Christ.
Lisez, rehsez l'Évangile, de toutes les œuvres historiques la plus vraie, la plus simple, la plus immédiatement vue et transmise. La lumière de la face du Christ s'est gravée comme d'elle-même, avec tous ses mouvements et toutes ses expressions, sur les âmes simples qui l'ont gardée, et qui nous l'ont transmise. Comme ces images gravées par les choses mêmes, sous le soleil, lesquelles, à me-
sure qu'on les regarde plus minutieusement, paraissent toujours plus vraies dans chaque détail; de même l'admirable Évangile, à chaque nouvelle méditation du fond, à chaque nouvelle analyse de détail, montre toujours le Christ plus vrai, plus sublime, et plus beau.
Donc, si vous voulez trouver la science du Christ, essayez, après ce silence intérieur qui a cherché le Père, essayez la lecture assidue des Évangiles, leur méditation devant Dieu.
Puis, après avoir médité ce divin portrait du modèle, du fondateur et roi de ce monde nouveau que nous sommes, osez, je le répète, concevoir la pensée d'aller à lui, et de converser avec lui, par expérience intime, de personne à personne.
IS'a-t-on pas raison de le dire? Jésus en ce moment existe mille fois plus, est mille fois plus vivant, est mille fois plus aimé qu'il ne le fut pendant les jours de son court passage sur la terre.
Voulez- vous, o chers bien-aimés, savoir par expérience si ce sont là de vaines paroles, ou les plus admirables et bienheureuses réalités?
Réveillez vos esprits, et méditez d'abord ceci : si ceux qui ont vécu ne sont pas la proie du néant, n'avons-nous avec eux nul rapport ? Et le plus grand, le plus vivant des hommes, peut-il, après
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sa mort glorieuse et triomphante, demeurer sans rapport réel avec le monde des âmes? Est-ce que tous les êtres humains présents sur terre, ou recueillis en Dieu, n'ont pas entre eux quelques rapports vivants? Si tout atome créé a certainement des rapports réels avec tout autre atome, de bonne foi, est-ce que tout esprit libre et intelligent n'a pas nécessairement quelque rapport réel avec tout autre esprit libre et intelligent? Et n'est- il pas temps de comprendre scientifiquement que, par l'amour, les esprits se pénètrent les uns les autres ? Saint Paul n'énonce-t-il pas le plus beau fait de la science expérimentale de l'homme quand il écrit à ceux qu'il aime : « Je vous ai dans mon cœur; eo qiiodhabeam avosinconk^^^^En cela, dit- il autre chose que ce qu'a dit le Christ lui-même : « Celui qui m'aime dece meure en moi et moi en lui ! in me manet, et ego <( in eo?)i Est-ce donc que tovit amour vrai n'a pas ses faits palpables, pour confirmer cette loi éternelle de la vie ? Dès lors, saint Paul encore n'a-t-il pu dire en vérité et en réalité : Je porte en moi la vie du Christ ? N'a-t-il pas exprimé le comble de la plus haute science expérimentale duChrist,quand il sent, ati milieu de sa vie personnelle, la vie même
* Phil., I, 7.
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de Jésus, et voit cette vie divine devenue si pleinement maîtresse et régénératrice de sa vie propre, qu'il s'écrie : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est « Jésus-Christ qui vit en moi ? »
Mais pensez-vous que saintPaul seul ait eu droit à cette expérience? Et Jésus-Christ ne la-t-il pas promise à tous ?
Aujourd'hui même, par son Testament, ne nous appelle-t-il pas nous tous, et vous et moi, et ne nous dit-il pas d'approcher?
tf Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et « chargés, et vous trouverez le repos de vos âmes. » Ces paroles ne retentissent-elles pas dans tous les siècles? N'est-il pas là présent, plus vivant, plus aimé que jamais? Ne dit~il pas dans ce royal et divin Testament pour tous les temps et tous les hommes : « Ayez confiance, car je suis avec vous « tous les jours jusqu'à la consommation des « siècles? »
Et qu'est donc à vos yeux, je vous prie, l'institution suprême de son amour, la communion? N'entrevoyez-vous pas, vous qui avez beaucoup pensé aux mystères de la vie , vous dont le cœur n'est pas éteint, et qui avez plus d'expérience que de système; n'entrevoyez-vous pas qu'il peut et qu'il doit y avoir un sens dans toutes ces éton-
CUrsCLL'felON.
liantes paroles, que nous adresse, avec tant d'insistance, le plus grand, le plus fort, le plus sage des
maîtres ?
Écoutez le : Jésus était debout et s'écriait : « Que celui qui a soif vienne à moi, et qu'il se dé-
c( saltère^.
« Celui qui se nourrit de moi, demeure en moi
« et moi en lui ^. »
« Comme mon Père m'envoie par sa vie, et que « je vis par mon Père, de même celui qui se « nourrit de moi, celui-là vit par moi^ »
Jésus a prétendu instituer la communion entre lui et les autres hommes, la communion réelle à sa vie, à sa chair, à son sang, à son âme, à sa divinité.
Or, il y a une expérience positive de communion au Christ, qui est sans illusion. Il ne s'agit point devisions, de révélations, ni d'extases, qui ne sont rien dans la question. Mais conscience croissante du devoir,force croissante dans le devoir, et goût austère des choses du ciel : foi vigoureuse, amour actif de Dieu ; goût de justice et de vérité, goût de sobriété, de tempérance, de continence, d'humilité,
< Joan., YH, 37, 38, 39.
2 Joan., VI, 54.
3 Joan., Yi, 57 et 58.
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de travail pour les hommes qui souffrent : là ne peut entrer l'illusion. Celui qui a cela, porte en lui Jésus-Christ. Quand je reçois, dans la sainte communion du Christ, ces forces miraculeuses qui transforment radicalement ma vie infime , et lâche, et sensuelle, laquelle ne demande qu'à jouir, je sais bien que ce n'est pas moi ; je sais bien que c'est lui ! « C'est le Seigneur ! » Dominas est^ s'écrie saint Jean, à la vue de la pèche miraculeuse. Voilà la vie surnaturelle, manifestement autre que ma vie propre. Voilà la force surnaturelle, supérieure à toute force de l'homme et de la nature, dans laquelle un pauvre enfant des hommes peut dire en Jésus-Christ : « Si je me détache de la terre, si je m'élève au dessus de ce monde en Jésus-Christ, j'aurai la force de soulever la terre et de la faire monter vers la justice. J'aurai la force de la porter vers ses destinées éternelles. »
Et les nations aussi pourraient avoir la certitude expérimentale de la vie de Notre-Seigneur Jésus- Christ dans leur sein, quand, au lieu de descendre dans le mensonge, le luxe et la spoliation, l'anarchie et la servitude, la sensualité animale, l'égoisme et l'impiété, l'oppression et l'extermination des faibles, elles se verraient, par la pratique du Christianisme, devenir peu à peu plus fortes
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que l'inertie du poids terrestre, remonter vers la vérité, la pitié, Famour de Dieu et de toute justice, vers tous ces progrès admirables qui, au début de notre siècle, nous paraissaient à tous si naturels, si assurés, et qui, maintenant, nous semblent impossibles.
Mais, gloire à Dieu, ce qui est impossible à l'homme est possible à Dieu et à INotre-Seigneur Jésus-Christ, lequel est avec nous , maintenant , tous les jours, et jusqu'à la consommation des siècles. Ecce ego vobiscum suni^ omnibus diebus, us que ad consumnuitionein sœcull ' .
Qu'on me pardonne mes enthousiasmes. La vérité réelle, vivante, présente, apportée par le Christ, est plus belle que toute poésie. J'ai le droit d'admirer et d'aimer. Qu'on ne dise point : Est-ce donc là de la critique? Je réponds qu'a-
près avoir écrit un volume de critique, et résumé l'état contemporain de la critique, et trouvé, comme s'exprime aujourd'hui l'Allemagne savante, par la bouche des rationalistes, que « cha- « que nouvelle recherche et chaque nouvel effort « de science montre le Christ toujours plus beau, « plus grand, et plus inspirateur qu'on ne l'avait « pensé ' ; » je réponds, dis-je, qu'en possession de ce résultat scientifique, j'ai eu le droit d'ajouter à mon livre, sans changer sa nature, quelques chapitres de méditation sur la beauté de Jésus- Christ. Et qu'on ne se hâte point de juger ces chapitres comme étant en dehors de la science. Peutêtre sont-ils un résumé de science et de philosophie, et de lumière évangélique , que l'avenir montrera vrai, lorsque l'esprit humain, après ce mauvais sommeil d'aujourd'hui , reprendra son élan et sa joie, Oh! qu'il est temps qu'on se réveille! Oh! qu'il est temps que la Philosophie, c'est à-dire la recherche de la science d'ensemble et l'amour de l'entière vérité, renaisse dans notre Europe! Voyez où les esprits descendent. Méditez de nouveau l'étonnant phénomène d'une renaissance de l'antique esprit des sophistes, recommen-
* Malth., xxvin, 20,
* Ewald.
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4„0 CONCLUSIO>{.
çant, après deux mille ans, Fessai d'abolir la raison, de rendre fou l'esprit humain. Lisez les textes sophistiques dont le Recueil est sous vos yeux ; travaillez-les avec attention ; avouez que vous ne soupçonniez pas ces abîmes, et comprenez qu'il est grand temps que l'indignation des esprits chasse ces ténèbres, et redemande le jour.