‹ Les sophistes et la critique [microform]Chapitre 33 sur 45 · RELATIF ENCORE AU CHAPITRE II DU LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

RELATIF ENCORE AU CHAPITRE II DU LIVRE PREMIER

IIECEEi ET Ii'HÉCi^ÉlilAIiriSlfli: {suite) K

Une philosophie n'est jamais réfutée par des arguments ; on ne la réfute pas, elle se réfute elle-même. Une philosophie est une hypothèse, et toute hypothèse s'use contre la réalité. Elle ne se superpose jamais aux faits, et il faut bien que le désaccord finisse par se trahir. Tôt ou tard les hommes s'aperçoivent que la solution proposée ne résout point toutes les questions, ne satisfait pas à tous les besoins ; on la délaisse alors, quitte à recourir à une autre explication. — Est-ce à dire qu'il ne reste rien de la première? Loin de là. Il serait plus juste de la comparer à la semence dont parle l'évangile, et qui ne fructifie qu'à la condition de mourir. Gomme la cloche qu'a chantée Schiller, elle ne vient au jour que si sa forme tombe en morceaux. Je l'ai déjà dit, toute philosophie digne de ce nom se compose de deux parties,

' Cette citation comprend le n** VI tout entier, sans aucune omission; ce numéro est la suite logique du n'' IV. Le n" V, que nous ne citons pas, n'est qu'une digression sur les disciples de riiégélianisme.

RECUEIL DES TEXTES

SOPHISTIQUES

Tune transitoire, l'autre éternelle; en vivant elle se développe, et en se développant elle se transforme, c'est-àdire qu'elle abandonne d'elle-même ses éléments inférieurs pour en dégager un petit nombre de vérités dont s'accroît le grand patrimoine de Thumanité. Cette transformation, c'est sa mort, c'est aussi sa résurrection. Seulement, tandis que son esprit est absorbé par l'esprit universel, ce qui reste d'elle sur la terre n'est qu'un squelette desséché et grimaçant. Tout cela est arrivé à Thégélianisme. Comme doctrine^ il a fait son temps; comme système^ il n'existe plus qu'a l'état de formule

STÉRILE, DE RITOURNELLE DIALECTIQUE. C'eST LE GOBELET

DU PRESTIDIGITATEUR SOUS lequcl OH retroiwù ce quon y a caché, et rien de plus. La réalité lui a été sévère. Il a été mis (i r épreuve^ et il n^a pas résisté. De quelles promesses il avait séduit l'ame humaine, et qu'il les a mal tenues! Oui, il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que la philosophie ne saurait en expliquer, fût-ce la philosophie de l'absolu. Les questions restent debout devant nous, toujours aussi obscures et aussi menaçantes, et nous, pour les résoudre, nous avons l'espérance de moins et le découragement de plus. Hegel nous apportait l'infini dans une formule, mais l'infini qui se formule n'est pas l'infini. Il n'y a qu'un infini, celui de nos désirs et de nos aspirations, relui de nos besoins et de nos efforts, l'infini de la vérité, de la liberté, de la perfection. Ah ! nous satisfaire, ce serait nous limiter \ Il est heureux que vous ne le puissiez pas.

Mai'i si rhégélianisme s'est usé dans les esprits par un effet du mouvement continuel des choses et de son

> Pensée très-inexacte, et empruntée aux formules hégéliennes.

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propre développement, il n'en est pas moins vrai qu'il A laissé au monde plusieurs idées dont on risque d'oublier T origine, précisément parce quelles ont passé dans la substance de l'esprit moderne. Essayons de les découvrir en nous plaçant de nouveau en présence du svstème, non plus pour en étudier le mécanisme, mais, au contraire, pour chercher sous l'enveloppe scolastîque la

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