‹ Les soupers de DaphnéChapitre 3 sur 12 · AVANT-PROPOS III · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS III

seul littérateur du XVIII^ siècle pour lequel je puisse avouer sans orgueil quelque sympathie d'étude et de destinée. C'était un honnête homme, formé à de bonnes et utiles recherches qu'il savait résumer en un bon style et que j'approuverais en tout point si la manie des raretés philologiques n'avait quelquefois entraîné cet esprit naïf à l'exploration de certains auteurs que la décence condamne. Lorsqu'il s'agit d'une langue morte, c'est un petit défaut dans lequel l'abbé de Kancé et le grand aumônier Jacques Aniyot étaient tombés avant lui. L'habitude de ce travail si précieux pour les langues le conduisit presque malgré lui à une imitation de Pétrone oit il ne manque que le nerf éloquent et le cynisme du modèle : les Soupers DE Daphné sont un véritable Festin de Trimalcion accommodé à nos mœurs et qui se ressent de l'urbanité de la bonne compagnie et de la politesse de la cour. Ces obscénités élégantes ne méritent pas plus d'indulgence que les autres, mais elles auront beaucoup de prix un jour pour les linguistes. Les Soupers de Daphné sont un joli pastiche français du Satyricon, et c'est comme cela qu'il faut les voir. J'échappe heureusement par ce côté à la comparaison que j'avais voulu

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