AVANT-PROPOS VII
deaux par M. Gustave Brunet, d'après les papiers de Qiiérard, les Soupers de Daphné ne sont même pas mentionnés.
En revanche, les Dortoirs de Lacédémone n'exigent point tant de recherches; c'est assurément, non « Vouvrage de quelque philosophe cyrénaïque », mais celui d'un contemporain de Crébillon fis, et, si elles n'ont pas été inventées à plaisir, des méprises aussi mortifiantes que celles de Glycon et de Bronte appartiennent à la chronique scandaleuse de tous les temps et de tous les pays. En les contant, Qiierlon a peut-être voulu simplement prouver que la langue du XVIII^ siècle permettait de tout dire sans appuyer sur ce que l'on souligne aujourd'hui, et il n'aura pas perdu sa gageure s'il se fait de nouveau comprendre par le petit groupe de lecteurs d'élite à qui seuls des récits de cette nature peuvent s'adresser.
Maurice Tourneux.
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UELQUE goût que l'on ait aujourd'hui pour l'antiquité grecque et romaine, j'ai longtemps hésité à donner ces fragmens, et je ne dissimulerai point les raisons qui me retenoient. Les difficultés de la traduction ne m'ont point rebuté un instant, mais l'impossibilité de répandre le moindre jour sur des monumens aussi informes me faisoit tomber la plume des mains.
L'inutilité de mes recherches piquoit encore ma curiosité. Le moyen de traduire un ouvrage de cette nature sans en vouloir deviner l'auteur, sans du moins y joindre un bon commentaire ? Car enfin, aujour-
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d'hui surtout que le génie dissertateur brille jusque dans les préfaces d'opéra, qu'est-ce que c'est qu'une traduction sans remarques ? et où pouvoient-elles être plus nécessaires que dans ces fragmens ?
La singularité des mœurs si éloignées des nôtres qu'on y voit dépeintes, et nombre de traits historiques qui sont de pures énigmes pour nous, avoient besoin d'éclaircissemens et surtout d'une judicieuse critique. Quelle apparence de publier de pareils monumens dénués de ce secours?
Le moins que je pusse faire étoit de rendre compte de mes laborieuses recherches et de tous les auteurs que j'ai lus pour parvenir à quelque découverte. Or, soit dit en passant et sans vanité, je n'en ai guère moins lu que le savant M. Le Fèvre, père de M'"^ Dacier, qui, dit-on, avoit lu et relu tout ce que nous avons
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d'auteurs grecs et latins pour faire un assez petit volume, qui est son Abrégé de la vie des Poètes grecs. Enfin, au défaut des lumières que toutes mes lectures n'ont pu me procurer, j'avois la ressource des conjectures, et, selon la remarque d'un savant moderne ^, « le pays des conjectures est la plus grande province de la République des lettres » : c'en étoit plus qu'il n'en falloit pour faire une dissertation d'une juste longueur. Mais, d'un côté, mon imagination ne me suggéroit rien dont je fusse content, et, de l'autre, on me pressoit de satisfaire à l'impatience du public. J'ai donc pris le parti de me borner à une version littérale et fidèle. Peut-être un jour retrouvera-t-on d'autres fragmens de ces mêmes ouvrages, aussi heureusement qu'on a retrouvé toute la