CHAPITRE XI
DU BAPTEME
Eunles, docete omnes gentes, bapîizantes eos in nomine Patris et Fllii et Spiritus sancti.
(Matth., xx\tii, 19. j Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Ce sont là, mes bien chers frères, les paroles du saint Evangile par lesquelles le divin Maître envoie ses apôtres à la conquête du monde et leur fait le commandement de baptiser tous les peuples, au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit.
Ils n'y ont pas manqué. On a, dit le texte sacré, entendu leur voix jusqu'aux extrémités du monde, ils ont porté partout cette grâce du saint baptême.
Le dimanche que nous célébrons est tout particulièrement consacré, dans l'histoire de l'Eglise, au souvenir du baptême. Ces enfants qui se trou-
vent aujourd'hui, à cause de la coïncidence de la procession, voilées de blanc, évoquent le souvenir de ces anciennes années du christianisme où les néophytes, sortant de la cuve baptismale, revêtaient, dans la nuit qui sépare le samedi saint du jour de Pâques, après la messe que l'on célébrait de grand matin, la robe baptismale; ils conservaient ce vêtement, cette tunique blanche, jusqu'au dimanche suivant, que l'on appelait pour cela le dimanche en blanc. En ce jour, on quittait les vêtements blancs. L'Eglise, conservatrice des souvenirs, a gardé le mot, sinon la chose. Ce dimanche prend encore dans la langue populaire le nom de dimanche de Quasimodo. L'introït de la messe commence en effet par ces mots : Quasi modo geniti infantes, ce qui veut dire : « Comme des nouveau-nés, désirez le lait et le miel de la pure doctrine chrétienne. » On nous engage, suivant le désir du divin Maître, à redevenir de petits enfants, à en avoir la simplicité, à désirer suivre et recevoir ses enseignements avec une grande avidité spirituelle.
Nous avons donc exposé, comme on le fait dans la plupart des églises de Paris, à l'entrée du chœur, en haut des marches, les objets qui rappellent le saint baptême : c'est l'étole dont le prêtre se sert pour le conférer, ce sont les saintes huiles avec lesquelles nos fronts ont été oints, à l'heure, déjà lointaine pour quelques-uns, du baptême; c'est le livre sacré des Evangiles sur le-
quel on a contracté pour vous des engagements que le jour de votre première communion vous avez été heureux de renouveler vous-mêmes. C'est pourquoi également, mes frères, chaque année, en ce jour, à la fin du sermon, nous chantons le Credo pour rendre un témoignage public de notre foi, et pour affirmer que les engagements de notre baptême nous sont restés sacrés. Nous chanterons le Credo pendant la procession du Saint-Sacrement; vous donnerez bien à ce chant tout€ sa signification en lui prêtant le concours de toutes vos voix.
Au sujet du baptême, dont le souvenir est vivant en cette soirée pascale, je vous ferai observer deux choses : je vous dirai ce qu'il est; ensuite je vous rappellerai les engagements contractés pour vous, puis par vous plus tard et que vous venez renouveler ce soir.
Qu'est-ce donc que le baptême.^ C'est, dit notre antique enseignement chrétien, le sacrement de la régénération spirituelle, c'est la seconde naissance. Nous sommes nés d'abord à la vie du corps, nous avons respiré, nous sommes venus à la lumière de ces jours tristes et rapides qui fuient aussitôt qu'on les aborde. Mais ensuite, nousf sommes nés, par le baptême, à la lumière spiri- ) tuelle, nous avons été engendrés grâce, nous sommes devenus des eni c'est la seconde naissance et c'est la vraie, puisque l'une ne nous fait vivre que d'une vie passa-
luniierc spiri- / à la vie de la\ ifants de Dieu; (
crère, tandis que ia seconde nous communique la vie éternelle.
C'est, qu'en effet, le baptême produit dans nos âmes les effets les plus merveilleux. Il ôte la tache malheureuse, vieille comme le monde, qui remonte aux premières créatures humaines qui ont souffert après avoir péché : Adam et Eve. Il enlève cette faute originelle; il ne se contente pas de la couvrir, de la masquer, non, il l'efface entièrement, il la fait diparaître; il ne laisse rien subsister que certaines conséquences, mais la dette est soldée.
Certains hérétiques, comme Calvin, ont nié la nécessité, aussi bien que l'efficacité du saint baptême, ils se sont élevés contre la doctrine sacrée de l'Eglise qui n'est la doctrine de l'Eglise que parce qu'elle est la doctrine des apôtres et qui n'est la doctrine des apôtres que parce qu'elle est la doctrine de Notre-Seigneur. Nous n'enseignons pas de nouveauté, nous redisons exactement ce que le divin Maître a proclamé : « Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Celui qui croira eî sera baptisé, sera sauvé. »
Le baptême nous fait enfants de Dieu. Nous naissons fils de colère, mais voici que, par le baptême, le Seigneur nous adopte de telle façon que non seulement nous sommes appelés enfants de Dieu, mais que nous le devenons réellement par un étonnant mystère de grâce et de filiation
divine. Nous devenons, pour ainsi dire, participants de la nature divine, divinœ consortes natiirœ (i). Le baptême nous incorpore à Jésus, de sorte qu'il est la tête et que nous sommes les membres, que Lui et nous ne sommes plus qu'un. Ainsi unis à Lui, et tous unis ensemble par Lui, nous ne formons qu'un seul corps dont Il est le chef (2).
En même temps que le baptême efface le péché originel et nous fait enfants de Dieu, il nous ouvre de nouveau le ciel qui était fermé aux hommes depuis le péché d'Adam, il nous y désigne une place, il met en nous le moyen d'y atteindre, il inaugure en nous la vie de la grâce habituelle ou sanctifiante, cette grâce qui demeure en notre âme et qui la rend sainte et agréable aux yeux de Dieu.
Ne vous étonnez pas qu'au matin du samedi saint, nous nous plaisions à une longue cérémonie, à une procession solennelle oii le célébrant, entouré de ses diacre et sous-diacre et de tout le clergé, se dirige vers les fonts baptismaux pour célél3rer cette fontaine sainte, cette source intarissable d'où la vie jaillit à pleins flots et court féconder le monde par ce miracle du saint bap^ tême qui se rehouvelletous^ les jours.
TSlnsT le baptême inaugure en nous une vie
(i) II Pet., I, (2) / Cor., XII.
nouvelle, ouvrant nos yeux à la divine lumière. Le Saint-Esprit descend dans la poitrine de ce petit enfant qui vient d'être baptisé, Il y habite, c'est son tabernacle dor, son ciboire de choix.
Les anciens chrétiens en étaient profondément persuadés; on prêchait souvent sur le saint baptême. La complexité des enseignements à donner ne nous permet pas de traiter souvent cette question, mais je ne manque pas, chaque année, de revenir sur ce sujet. Dans les premiers siècles de l'Eglise, de fréquents discours, de longues conférences étaient consacrés à célébrer la gloire du saint baptême, à en signaler les effets, à en inculquer fortement les obligations. On rappelait la nécessité de ce sacrement sans lequel lame demeure étrangère à la vie de la grâce et sans espérance du salut. Il est vrai que le baptême peut être suppléé, dans certains cas, par l'ardent désir de le recevoir. Même, ce désir peut être plus ou moins conscient chez l'infidèle qui ignore involontairement les moyens de salut établis par Dieu. Le baptême peut être encore suppléé par le martyre enduré avec foi pour l'amour du Christ. L'âme peut être lavée, purifiée dans le sang généreux qui coule de toutes les veines du corps. Mais la voie ordinaire ordonnée par le Seigneur, c'est le saint baptême. Il est de nécessité de moyen pour aller au ciel.
Voilà donc, mes bien chers frères, que le Saint- Esprit descend dans cette âme, Il en prend pos-
session au nom du Seigneur, Il s'y installe. Chez bien des peuples, on avait le respect de l'enfant; il paraissait une chose auguste, tout auréolé qu'il est de gracieuse faiblesse, d'innocence, d'espérance et de promesses. Mais chez les chrétiens, l'enfant, c'est le temple du Saint-Esprit, on le respecte; on passe près de lui avec émotion; dans ses yeux bleus, on ne voit pas seulement les promesses de la terre, mais l'attente du ciel. J'aime ce beau geste d'Origène, l'illustre théologien d'Alexandrie, au second siècle. On le représente se penchant, un soir, sur son petit enfant qui dort, entr'ouvrant sa tunique et baisant longuement son cœur. Ce n'était pas seulement le geste du père cédant à la tendresse, c était le geste du prand chrétien, du futur martyr qui baise ce petit cœur comme le vrai tabernacle, où réside le Saint-Esprit.
Dans cette âme d'enfant, c'est précisément le Saint-Esprit qui crée la vie divine avec tous ses effets. Il dépose dans l'âme le germe des hautes vertus théologales, surnaturelles, qui ne viennent pas de nous et ne sauraient être obtenues par notre propre effort. Sans doute, notre liberté est invitée à correspondre à la grâce, mais ces vertus, dans leur origine et leur développement sont essentiellement et surtout l'œuvre de la grâce. Ce sont les vertus infuses de foi, d'espérance et de charité. Avant même que l'intelligence ne s'éveille, la foi est implantée divi-
nement dans Tâme du baptisé et c'est pourquoi., dans la suite, ce jeune esprit s'ouvrira si facilement, si volontiers aux doctrines du Seigneur, dans la première jeunesse. Il est donc nécessaire d'y déposer de bonne heure les premiers enseignements de la foi, parce que dans l'enfant est plus vive l'action du Saint-Esprit qui le dispose à les recevoir.
En même temps s'éveille en ces jeunes âmes la vertu d'espérance. Les yeux des petits se tournent naturellement vers le ciel, il semble que certains enfants soient comme inspirés; on les entend parfois faire des réponses surprenantes; on reste étonné et comme confondu de telles réflexions qui jaillissent de leurs lèvres, comme si ces mots coulaient d'une source secrète, comme si l'Esprit divin leur soufflait ces paroles.
Et en même temps est déposé dans ces petites âmes le principe de la vertu de charité, d'amour divin. Ces jeunes enfants pourront aimer Dieu. Parmi tant de mortelles misères qui découlent du vieux péché d'origine, dont tant de conséquences subsistent, au milieu du foyer de la concupiscence, à travers les mauvaises et malsaines passions naissantes, se fait jour la divine faculté d'aimer Dieu. La charité a été répandue dans nos cœurs par le Saint-Esprit, dit l'apôtre. L'enfant tourne ses regards vers le Seigneur, et comme il songe volontiers aux choses de la foi, il est prompt à aimer Dieu quand on lui enseigne
de bonne heure ce grand et doux devoir.
Telles sont, mes frères, les vertus infuses qui ont été apportées à l'enfant, versées en lui par le baptême. Tels sont les effets merveilleux opérés en nous par le baptême. C'est pourquoi le grand roi saint Louis, en souvenir de son baptême, signait, non pas Louis de France, mais Louis de Poissy, parce qu'il avait été baptisé à Poissy et considérait comme un véritable titre de gloire le nom de la ville où il avait reçu pour la première fois le nom chrétien. Saint François de Sales, enfant, menait ses compagnons de jeu à l'église paroissiale; il les rangeait en cercle autour de la cuve baptismale : « Voilà, mes amis, leur disait-il, le lieu du monde qui doit vous être le plus cher, parce que c'est là que nous avons été faits enfants de Dieu. Chantons tous ensemble : Gloria Patri. ))
Les engagements qui sont joints au saint Baptême, d'autres les ont formulés en notre nom, c'est notre parrain et notre marraine; ils furent nos répondants à la face du ciel. L'Eglise les a chargés de veiller sur notre croissance spirituelle, de nous protéger contre les embûches du démon, d'écarter de notre route les obstacles à notre salut, d'être nos gardiens vigilants dans le cours de notre existence. Malheureusement bien peu de parrains et de marraines comprennent l'étendue de leurs devoirs et la noblesse d'un tel rôle. Ce qu'alors ils ont promis en notre nom.
nous le promettons au jour de notre première communion, solennellement, librement. C'est une ancienne tradition, en France, de renouveler ce jour-là les vœux du baptême. Il est bon de les renouveler aussi le jour anniversaire de notre baptême; les paroissiens le font enfin dans 1 église, tous ensemble, le dimanche après Pâques. Ce sont précisément ces engagements que je vous demande de réitérer ce soir, en votre âme et conscience, en face des autels.
Le premier de ces engagements nous fait renoncer à Satan, le maître cruel et despotique des âmes qui ne sont point à Jésus-Christ; il est le prince des ténèbres, il est le chef de ce monde, il s'efforce de conduire les âmes comme un troupeau misérable vers les pâturages maudits. Eh! bien, Satan qui conduit ainsi les âmes vers leur perdition, voit son empire diminué, rétréci, il le voit souvent supprimé par la puissance du baptême. C'est pourquoi les baptisés s'engagent à renoncer à Satan; ils doivent lui refuser toute confiance, ils déclarent ne plus être de ses sujets; ils entendent lutter contre lui de toutes leurs forces, avec l'aide de la grâce; ils tâchent de se débarrasser, de se déprendre des griffes terribles que le démon a plongées dans le flanc de l'humanité. C'est ce renoncement à Satan que nous demandons chaque année aux fidèles de bien vouloir renouveler solennellement.
Vous renoncez aussi, mes bien chers frères.
aux pompes du démon, c "est-à-dire à l'esprit du inonde, à l'esprit de paganisme qui caractérise ce monde. Les pompes du démon sont, dans le Aieux langage français, le sensualisme éhonté, le désir éperdu de la jouissance ici-bas, les convoitises de la chair, Torgueil de la vie, la folie des richesses, le désir de transformer l'existence en une longue débauche de satisfactions charnelles de toutes sortes dans laquelle Dieu sera relégué au second plan ou supprimé à jamais. C'est pourquoi Notre-Seigneur s'élève avec force contre le monde. Il désigne par ce mot cet ensemble de doctrines, de maximes, de pratiques qui tournent en ridicule les préceptes du Seigneur, qui s'efforcent d'en détruire, dans les esprits, la salutaire influence. Le monde, c'est donc les complicités immenses que le démon trouve dans la société humaine.
Nous renonçons aux pompes du démon, à la vie coupable et sensuelle. L'Evangile ne nous permet pas de nous arrêter, de nous appesantir dans cette fête de la vie, dans cette féerie des plaisirs; il nous demande de nous tenir en garde contre toutes ces séductions, les danses prohibées, les théâtres, le jeu, les dangereux rendez- vous, les folles et coupables lectures, les mises immodestes.
Enfin, mes bien chers frères, nous sommes pressés, en ce jour, de renoncer aux <( œuvres de Satan ». Les œuvres de Satan, ce sont nos péchés,
le mal volontairement commis soit par les pensées, soit par les paroles, soit par les actes. Le péché, c'est ce qui en nous détruit le règne de Dieu. C'est un mouvement de l'âme par lequel elle se détourne du Créateur pour se tourner vers les créatures.
« Ne savez-vous pas que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, nous avons été baptisés en sa mort? En effet nous avons été ensevelis avec Lui par le baptême pour mourir au péché, afin que, comme Jésus-Christ est ressuscité d'entre les morts par la gloire de son Père, nous marchions aussi dans une vie nouvelle. )> (Rom., VI, 3, 4.)
Nous renonçons donc au péché. Nous le faisons certes, avec empressement, mais nous sentons que nous sommes bien seuls et qu'il nous est impossible par nos propres forces de lutter contre cet entraînement fatal, contre cette influence satanique. Le démon est si astucieux qu'il arrive à persuader beaucoup d'hommes aveuglés et orgueilleux qu'il n'existe pas, et grâce à cette fausse persuasion qu'il tâche d'insinuer dans leur esprit, il s'installe dans leur conscience, il s'empare de leur âme, il les mène comme il l'entend, et leur fait accomplir mille sottises; il les tient, des vies entières, loin du Seigneur. On ne saurait trop le redire, Satan est extrêmement adroit et fort. C'est pourquoi il faut le dénoncer, flétrir sa duplicité, élever tranchée contre tranchée, repousser ses at-
taques incessantes sans cesser de s'appuyer sur la grâce du Seigneur.
Mes bien chers frères, je aous en conjure, persuadez-vous que vous ne pouvez triompher seuls. Non, vous ne pouvez rien, dans l'ordre du salut, sans la grâce du Seigneur : « Je sais, dit l'Apôtre, qu'il n'y a rien de bon en moi, c'est-à-dire dans ma chair, parce que je trouve bien en moi la volonté de faire le bien, mais je ne trouve pas le moyen de l'accomplir. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais au contraire le mal que je ne veux pas. Si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le fais, mais c'est le péché qui habite en moi. Lors donc que je veux faire le bien, je trouve en moi une loi qui s'y oppose parce que le mal réside en moi. Car selon l'homme intérieur, je trouve du plaisir dans la loi de Dieu, mais je sens dans les membres de mon corps une autre loi qui combat contre la loi de mon esprit et qui me tient captif sous la loi du péché qui est dans les membres de mon corps. Malheureux homme que je suis : qui me délivrera de ce corps de mort? Ce sera la grâce de Dieu par Jésus-Christ Notre-Seigneur. » {Rom., vn, i8, 25.)
Quand un fort armé garde une maison, elle est bien gardée, à moins qu'il n'en survienne un plus fort qui le chasse et prenne possession de cette demeure. Ainsi le démon garde jalousement et fortement l'âme de celui qui est sensuel, païen;
si cette âme consent à prier, à appeler Jésus, le Sauveur entre de vive force dans ce cœur. Là où régnait l'erreur, pénètre la lumière; au lieu du règne du mal, c'est l'empire du bien; à la place de la haine, voici venir l'amour.
C'est pourquoi Notre-Seigneur demande au nouveau baptisé et nous demande à nous-mêmes d'adhérer à Lui pour toujours. Il faut que le divin Ressuscité vienne s'installer dans nos âmes pour y demeurer à jamais. Il est vrai, nous ne sommes rien par nous-mêmes, nous ne sommes que misère et faiblesse; sentir cela c'est l'A. B. C. D. du salut; nous devons avant tout convenir de notre néant, de notre radicale impuissance. Je ne suis rien, dirons-nous, je ne suis que boue et que fange et si je ne m'appuie pas sur Dieu, je sais que je suis perdu.
J'irai donc au pied de la croix, je la serrerai sur mon cœur, je m'y cramponnerai de toutes mes forces, j'adhérerai à Jésus-Christ, mon unique Sauveur, de tout l'élan de mon cœur; ce que je ne puis réaliser par moi-même, je le puis avec Lui; par Lui, je serai fort contre le monde, par Lui, je pourrai me détacher du péché, conserver en mon âme une vie nouvelle. <( Je puis tout en Celui qui me fortifie. »
Nous vous choisissons. Seigneur, librement, du fond de notre cœur, tout indignes que nous sommes, malgré nos contradictions, malgré nos faiblesses, malgré nos misères, malgré tout ce
qui vous déplaît en nous; cependant, dans l'intime de notre âme, avec une sincérité profonde, nous osons lever les yeux, nous vous élisons pour notre roi. Que d'autres trament des complots contre votre Père et contre vous, son Christ, pour nous, Seigneur, nous ne voulons point d'autre Roi que vous. Ce n'est point Satan que nous prétendons suivre, c'est vous seul, ô Roi des siècles, ô Prince de la paix, ô Père des âges futurs, ô notre Maître adoré.
Soyez notre salut, ô Jésus, abaissez sur nous un regard de pitié; cette force qui nous manque, mettez-la dans nos cœurs, dans le cœur de ces jeunes vierges, de ces mères éplorées,de ces fiers jeunes gens qui vont partir au comba4, en tous ces cœurs chrétiens qui vous prient, Seigneur, mettez la grâce d'une entière fidélité à votre loi, faites que nous soyons tous vos enfants pour maintenant, pour la vie, pour la mort surtout, afin qu'au jour redoutable où nous paraîtrons devant votre Majesté pour subir notre jugcinent, vous reconnaissiez en nous les fils de votre Evangile, des baptisés qui n'auront pas essayé d'enlever de leur âme le caractère de leur baptême. Ce caractère ineffaçable, sacré, que les démons connaissent bien, fera la honte des damnés, ils auront beau raturer, gratter pour faire disparaître ce signe indélébile, il restera pour leur remords et leur supplice éternels; ils rougiront en constatant ce caractère imprimé sur eux
comme un fer rouge. Mais les sauvés béniront le Seigneur; ils seront fiers de cette marque glorieuse, de ce signe rédempteur qui les consacrera les héritiers de son ciel, ses élus!
Seigneur, considérez avec bonté cette assemblée chrétienne. Nous sommes vos baptisés, les objets de votre grâce, et de votre miséricorde. Sauvez nos âmes! Que pas un seul ne manque, au pieux rendez-vous. Puissions-nous nous retrouver tous, un jour, aux portes de l'éternelle patrie, de l'éternelle lumière, de l'éternel amour!
Ainsi soit-il.