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CONTUSION

Mais mon Simon fut vif (vivant) en Paradis

tte en eût fait son départ, Où il la vit. et la peignit sans fard, Pour faire iti foi des biens interdits.

L'œuvre fut bien de celles qu'au ciel faites

L'on peut penser, non parmi les humains

OÙ par maints cas [acdd*nt$)]t$ beautés sont défaites.

Bien fut courtois; mais depuis que ses mains

Vinrent çà-bas en la vie mortelle,

Ne se saurait jamais plus peindre telle.

Ces diverses conceptions de l'amour n'ont pas eu chez nous une égale fortune. Autour de 1550, la Pléiade se jette à corps perdu dans l'imitation de Pétrarque. On pétrarquise sans mesure. Jusqu'à la fin du siècle Pétrarque et ses successeurs seront les grands maîtres de notre poésie amoureuse. Mais, pour imiter les subtilités de l'amour italien, nos poètes sont obligés de se guinder, ils se mettent à la torture. De là des réactions passagères. Du Bellay, après avoir pétrarquise d'un bout à l'autre de YOlive, se tisit et se moque des grâces affectées de Pétrarque. Ronsard échappe à Pétrarque par l'imitation d'Anacréon,et, grâce à son autorité, l'anacréontisme devient fort à la mode chez ses disciples. D'autres, comme Magny, se délit dans l'imitation d'Ovide, de Catulle et de Properce, et chez Passerat on sent parfois un amour réaliste et naturel qui semble tout à fait dégagé de l'influence italienne. Mais l'amour-passion, l'amour-torturant n'a guère produit d'œuvres durables dans notre poésie du seizième siècle.

Au reste, le rôle des traducteurs n'a pas été de préparer les œuvres originales de nos poètes. Tout ce qu'ils ont pu

pour eux, c'a été de contribuer à façonner la langue et de leur préparer un public. UAnacrcon de Belleau, YHomhr de Salel et dejamyn n'auraient pas suffi à inspirer à Ronsard ses généreuses ambitions et à faire de lui l'artiste que nous aimons. 11 lui fallait une profonde connaissance textes grecs, de même qu'un contact direct avec les poé latine et italienne était nécessaire à du Bellay. On lisait pourtant les traductions de poètes, on les a beaucoup lues, et cela nous assure que leur influence n'est pas négligeable.

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