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VRAGES LATINS ET MODERNES

L'influence de cette littérature européenne esl difficile à confond bien souvent avec l'influenc littératures modernes en langue vulgaire, puisque c'<

dépens que ces littératures se sont constituées et des pertes successives qu'elles lui faisaient subir. Les ouvrages d'architecture, par exemple, qui ont répandu en Europe les connaissances des Italiens en cet art, étaient rédigés les uns en latin, les autres en italien. D'un autre côté l'influence de la littérature européenne ne se distingue pas aisément de celle des littératures anciennes. Elle les continue, en effet, elle s'inspire de leur esprit et répète à satiété leurs leçons. Elle représente essentiellement l'humanisme. Ce qu'on avait de plus original à dire, de plus national, si l'on peut ainsi s'exprimer, on avait tendance à le dire dans la langue nationale. On n'imagine pas aisément qu'on eût pu écrire en latin les Amadis, qui se proposaient de distraire des gnols, ou le Courtisan de Castiglione, dont le but était d'enseigner à tous les manières distinguées. Ainsi il y a peu de chose à dire des œuvres latines modernes que nous ne devions redire tout à l'heure à propos des littératures vulgaires, ou que nous n'ayons dit déjà en parlant des littératures anciennes.

Pourtant, si elles répètent les leçons de l'antiquité, ce n'est pas sans y ajouter quelque chose. Elles vulgarisent les préceptes des moralistes grecs et latins, mais elles cherchent bien souvent à les concilier avec les préceptes chrétiens. 3 préparent unv fusion des dvux morales qui facilitera à des modernes, a des chrétiens, l'assimilation des enseignements païens. Cet effortest sensible chez Érasme (1), et aussi dans plusiei: Louis Vives {'2). Les l\vux

savants, hollandais et espagnol, se rencontrent sur ce p Chez le premier c'est l'humanisme qui domine, chez le second le mysticisme chrétien; mais de part et d'autre le but est le même. 1 )n remarquera cela en particulier dans la

1 1 m en 1 \b~j et mon > jo.

.1 1492 et mort à Bruges en 1540. Ses œuvres complètes tint paru à Bâleen 1 s s S - H est avec ; l nié l'un des

grands maires de l'humanisme au seizième siècle.

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Divine introduction à la sagesse de Vives qui a é diverses reprises traduite chez nous, < t dans son Institution de la femme chrétien ne.

Les historiens imitaient les historiens anciens et leur empruntaient leurs procédés. Chacun choisissait parmi tant de modèles celui qui convenait à son humeur. Mais eux on embrassait de grands ensembles. 'Les Carion, les Sleidan, les Leblond permettaient de se représenter de grandes successions de temps. Et puis ils parlaient de choses, de mœurs, d'événements que les anciens n'avaient pas connus. Que de peuples dont ils révélaient les coutumes! Que d'accidents humains auxquels leur réflexion s'attachait et qui leur suggéraient d'utiles considérations morales! On avait des histoires de toutes les régions de l'Europe. Plusieurs livres pariaient de la Turquie et le fameux ouvrage de Bonfinius sur les Hongrois donnait beaucoup de détails sur les populations de l'Europe orientale. On recevait par elles des enseignements moraux et politiques de tout genre. Il y avait aussi des histoires du nouveau monde, comme celle de Pierre Martyr, et nous aurons à revenir sur leur importance.

Mais l'histoire, que tout le monde voulait lire, presque tous les genres proprement littéraires, même la philosophie morale, furent rapidement envahis par les langues modernes. Le domaine propre du latin, celui du moins qui résista le plus longtemps, fut le domaine des sciences. Là des chercheurs ajoutèrent au trésor de l'antiquité les résultats de leurs propres enquêtes, et puis des esprits aventureux mêlèrent aux vérités et aux erreurs héritées des anciens les élucubrations alchimiques ou autres de leurs imaginations déréglées et la science fantaisiste héritée du moyen âge. Vésale (1) inaugure l'anatomie moderne, Copernic (2) imagine sa grande hypothèse astronomique, Paracelse (3) prétend révolutionner la médecine. Polydore

decin belge, 1^14-1 s 40.

{2) Astronome polonais, r 47 5 - 1 s j ^ •

. ( 3 ) Charlatan aux idées les plus aventureuses; qui tenaient de la magie et de l'alchimie, 147 3-1 541.

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Virgile d) dans ses 'raités Des premiers inventeurs des chosi prodiges, Cardan (2) dans son traité De la

subtilité, 'Muliu (3) dans son Théâtre du monde cherchent à donner des encyclopédies partielles des connaissances humaines. Or, les ouvrages de presque tons ces hommes ont été traduits en français. On traduit aussi quelques travaux où s'ébauche la science de l'archéologie, où est étu-

la religion des anciens, leur mythologie, où l'on cherche à reconstituer la physionomie de la Rome ancienne. On s'efforce de ressusciter une civilisation avec tout ce qu'elle comporte d'enseignements, de points de vue originaux sur les choses et les événements. Et sans doute cette littérature, dite scientifique, est pleine d'erreurs, de mensonges, d'idées fausses; avec elle néanmoins c'est encore une multitude de concepts nouveaux qui assiègent les esprits.

n résultat le plus précieux n'en est pas moins de développer chez quelques-uns l'esprit de libre examen, l'esprit critique. A ceux-là il arrive parfois d'aborder des problèmes que l'antiquité avait négligés, ou qui se posaient autrement au seizième siècle que dans l'antiquité, et d^n proposer une solution neuve, en contradiction avec l'opinion courante, et que les progrès de la science n'ont fait que confirmer. Tel est le cas du médecin Jean Wier dans son traité De l'imposture des diables, qui, très hardiment, S'oppose à la croyance universelle des peuples en la sorcellerie et aux sorciers. Il se scandalise des traitements cruels auxquels on soumet de pauvres tons sous prétexte d'interventions diaboliques qui sont de pures chimères. Jacques Orévin a traduit les cinq premiers livres de cet ouvrage en 1567, et Ooulard le sixième en 1579. 11 était si paradoxal qu'un homme de la gravité et du jugement de J< an Bodin crut devoir le coinbatre, et, pour réfuter Jean Wier, il écrivit ïémonomanie.

Historien italien né vers 1470, mort vers \\SS-

■!, mathématicien et philosophe italien, né à Pavie en i$oi mon à Rome en 1 5*5

hc et économiste français, ne à Angers en IJ20, mort a Uon en 1596,

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