TRADUCTIONS DE PROSATE.URS ITALIENS
I. Les ouvrages de civilité : François de Belleforesf, traducteur de Giovanni délia Casa; Gabriel Chappuys, traducteur de - II. La nouvelle et ses enseignements : Le Maçon, traducteur de Boccacc; Bouaystau et /Icllc/orcsl, traducteurs de Bandetto. — III. La politique et l'art miytaire : ■Uauiiie Cappel, traducteur de Machiavel; Jacques Gohorry, traducteur de Machiavel; Charrier, traducteur de Machiavel,
langue est beaucoup augmentée, singulièrement sur le butin qu'elle a fait au moyen de la curieuse et louable o n-
tion de ses voisines, mêmement (spécialement) sur l'italienne qui, sans nul doute, lui a fait heureuse part- de son bien. Et encore que je sache que cette confession ne sera guère agréable à plusieurs qui se sont tourmentés de maintenir le contraire par je ne sais quel! opinions, si (pourtant) m'en rap-
ie à toi, lecteur, qui pourras de toi-même ruminer que, ijourd'hui en propos de discourir de la guerre, des factions, d'une cavalerie, d'une infanterie, d'une écuyerie (écurie), des armes, voire de l'amour, et généralement de toutes \es et ordinaires, les plus beaux traits des plus disertes langues qui se veulent faire ouïr sont en plupart épuisés dans les propres facultés de l'Italie. »
Ainsi s'exprime un ol ivain, Etienne du Trbnchet
à la fin du second tiers du siècle, alors que l'Italie avait encore tant de choses à nous apprendre.
Sur beaucoup de points l'influence des écrivains de l'Italie s'est confondue avec celle des latins anciens et modernes. C'est à l'antiquité que l'Italie devait sa civilisation. Elle avait commencé par répéter sous bien des formes, en latin et en langue vulgaire, les leçons des Grecs et des Latins afin de s'en pénétrer. Ses historiens avaient hérité des traditions des Tite-Live et des Tacite. Leurs œuvres furent très lues dans la France du seizième siècle, et l'on y puisa les mêmes enseignements que chez Tite-Live et chez Tacite. Les moralistes italiens, comme Plutarque, apprenaient à raisonner la pratique, et bien souvent ils y introduisaient deç principes païens. Toutes les sciences avaient été remises en honneur, et c'était aux anciens qu'on en demandait les secrets. L'Italie nous les redisait à sa manière.
J'ai dit déjà combien son rôle d'initiatrice et d'intermédiaire a été fécond. Mais elle pouvait encore autre chose que nous découvrir les trésors de l'antiquité. Elle avait à nous donner des enseignements qui lui étaient propres. La civilisation italienne du seizième siècle n'a pas été simplement un reflet de la civilisation antique : elle a eu son originalité. Des genres nouveaux ont été cultivés et des aspirations nouvelles se sont fait jour. C'est par là que la littérature italienne a pu avoir sur la France une influence autre que celle de la littérature gréco-latine, et nous chercherons de préférence nos exemples dans ses apports originaux.
L'Italie nous a enseigné surtout semble-t-il, à développer plus complètement la personnalité humaine dans tous les sens. Ses écrivains et ses artistes paraissaient hantés d'un idéal de vie meilleure, plus riche et plus intense. Ils nous ont appris à jouir plus consciemment de la vie, à cultiver toutes nos facultés, à goûter les plaisirs délicats de l'esprit