LE PRINCE
S'il zaut mieux que le priuce soit aimé ou craint (2).
On pourrait faire one question s'il est mefllr aimé ou craint, ou au contraire. Je réponds qu'A faudra:: et l'un et l'autre. Mais, pource qu'A est bien difficile qu'ils ensemble, il est beaucoup plus sûr de se faire craindre que non pas aimer, s'il faut qu'il n'y ait seulement que l'un deux. Car on peut dire généralement une chose de tous les hommes : qu'As sont ingrats, chang eurs, déguiseurs, feignant
rant de gagner, auxquels cependant c.
fais du bien, Us sont tous à torils t'onrent la vie et les enfants, comme j'ai dessus dit, quand il n'en est pas besoin, mais, quand l'affaire press t Donc
nce se ruine qui se fonde seulement sur leur parole, se trouvant tout nu (dépomUé) des autres appareils. Car les amitiés qui s'acquièrent avec argent, et non par avoir le cœur noble et hautain {élevé), elles se méritent bit n ne
rirt pas, et, au besoin, on ne les peut enrr ^tant
que les hommes n'ont pas si grand respect d'offenser un homme qui se fasse aimer qu'un autre qui se fasse craindre ; car l'amitié
a, cmumt fjÊrnmm et comme, homme, è
;- :\.-. -::-:-- ■ } .-^ ;. pâti e, juqrtx ; : . 1- t i :r-t zjr.t. ci'-k rcmr de Lanras àtUjèâi^U employa se* kéîrs â écrire tes grands uurrjgcs pd&jqts, niui ïii es et fcâfioriqao qm oit inoortafeé um moul
i>PEL =====
.l'obligation, lequel, d'autant que les sont méchants, là où l'occasion s'offrira de p
>t rompu; ma ue d'une peur
lut {manque) jamais. Néanmoins
que, s'il n'acquiert point l'a:
le moins qu'il fuie l'inimitié, car il peut bien avoir
tre craint et n'être point haï, ce qui
toujours farde de prendre le et ri-
>ujets et leurs fen: aand
quelqu'un, ne
l'ouïr en ses -nvenables, ni
sans forme de procès: mais, sur toutes choses, s'abstenir du
.i'autrui, car les hommes oublient plutôt la mort de leur
. : te de leur patrimoine. Davantac i
d'autrui, et celui qui a . de pillage trouve de nouvelles en des autres, mais d'autre côté on r tôt pour les faire mourir. Or, quand un prince conduit ..mp, gouvernant une grande compagnie de soldats, lors .lut nullement du monde soucier du nom de cruel, M nom u: jrmre) n'est point bien rang
: eillé à faire quelque faction. Entre
Annibal, on conte cette-ci qu'ayant un .te fort g: d'infinies nations, conduit à comte
^er, il ne nais une seule dissension ni
entre atre leur prince, autant en mauvaise corn:
te fortune, ce qui r..
inhumain. quelle ensemble avec infinies autres
vertus l'a toujours rendu devant ses soldats vénérable et ter- .ms laquelle les autres vert. ! suf-
BS qu'il a faites. Duquel ceux qu.
ail a fait d'un de l'autre, ils accusent
principal. I vrai que les ...
on le peut facilement consi- ;on, homme très rare non seulement de sa iv.. de tout temps qu'on si tout. .outre lui en L ce qui n'avint d'i doux et p.:
n'en fallait pour la discipline de la guerre. Ce qui lui fut i
en plein ant corrupteur
190 = LES SOURCES D'IDÉES. — CI! Ai'. IV
de la gendarmerie romaine. Même que les Locrois, ayanl pillés et détruits par un lieutenant de Scipion, n'en furent point vengés, ni le mauvais gouvernement de ce lieutenant corrigé par lui; tout cela procédant de sa nature facile et trop bonne, tellement que le voulant quelqu'un excuser envers le sénat dit qu'il y avait plusieurs gens qui savaient beaucoup mieux ne faillir point que corriger les fautes d'autrui...
Comme les princes doivent garder leur foi (1).
Chacun entend assez qu'il est fort louable à un prince de maintenir sa foi et vivre entièrement, et non point par finesses et tromperies. Néanmoins, on voit par expérience de notre temps que ces princes se sont faits grands qui n'ont pas tenu grand compte de leur foi, et qui ont su finement aveugler l'esprit des hommes, lesquels à la fin ils ont gagnés, et passé ceuxlà qui se sont fondés sur la loyauté. Il 'faut donc savoir qu'il y a deux manières de combattre, l'une par les lois, l'autre par les armes. Cette première sorte est humaine, la seconde est bestiale; mais, d'autant que la première bien souvent ne suffit pas, il faut recourir à la seconde : pour ce est-il nécessaire à un prince de savoir bien pratiquer la bête et l'homme. Cette règle fut enseignée aux princes couvertement par les anciens auteurs qui écrivent comme Achille et plusieurs autres fils de grands seigneurs du temps passé furent donnés à nourrir (élever) à Chiron, centaure qui les apprit sous sa bonne doctrine. Ce qui n'est à dire autre chose sinon qu'ils ont eu pour gouverneur un demi-bête et demi-homme, et qu'il faut qu'un prince sache user de l'une et l'autre nature, et que l'une sans l'autre n'est pas durable. Puis donc qu'un prince doit bien user de nature bestiale, il en doit choisir le regnard et le lion, car le lion ne se peut défendre des rets, le regnard des loups; il faut donc être regnard pour connaître les filets et lion pour faire peur aux loups, car ceux qui simplement veulent faire des lions, ils n'y entendent rien. Partant, un sage seigneur ne peut garder sa foi si cette observance lui tourne à rebours, et que les causes qui l'ont fait promettre soient éteintes, d'autant que, si les hommes étaient tous gens de bien, mon précepte serait nul, mais, pource qu'il y en a de méchants, et qu'ils ne te la garde-
(i) Chap. xvin.