IV. — Glossaire de Guillaume Bouchet
Les propos de table que Guillaume Bouchet, imprimeur poitevin, publia à la fin du xvr siècle sous le titre patois de Serées (Soirées), roulent sur toutes sortes de sujets. Cette variété et la vaste érudition de l'auteur en font une mine précieuse pour la connaissance de la société de son époque. Dans ses Serées, Bouchet parle fréquemment des gueux, de leur état, langage et manière de vivre, et les renseignements qu'il nous fournit à cette occasion, toujours puisés aux sources, ont une véritable valeur documentaire. La.XY'' Sei^ée du ii' livre traite « Des Larrons, des Voleurs, des Picoureurs et Mattois » ; la xxx'' du m" livre : « Des Pauvres et des Mendians ».
Dans ce dernier dialogue, Bouchet décrit les ruses des gueux pour apitoyer les bonnes âmes, et sa description ne manque pas d'intérêt même après celles que nous citerons de Noël du Fait, Ambroise Paré et Henri Estienne^.
Pour esmouvoir le peuple à plus grande pitié, devinez que ces gueux et câlins font ? Ils contrefont les malades de Sainct Jean, ayans la bouche pleine d'escume : ce qu'ils font facilement en maschant la racine d'herbe à foulon, ou feront les demoniacles se faisans manotcr : vous les jugerez hydropiques.
I. Nous citons l'édition des Serées, publiée de nos jours par C. E. Roybet(Gh. Royer et Ern. Courbet), Paris, 1878, 0 vol. in-12. Le passage reproduit se trouve au t. IV, p. 269 et suiv.