‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 170 sur 238 · Ordonnances · texte numérisé non relu

Ordonnances

do l'appel'. On pouvait arrêter les malfaiteurs en flagiant délit, et les marchands de bois et de foin étaient autorisés à le faire sur leur bateau ^ : car on voit que, le 4 octobre iSgô, une ordonnance était rendue contre « plusieurs personnes de petit estât, gens oyseux », qui, la nuit, dans Paris, avaient «accoutumé de rompre huis et fenêtres, de battre les gens et de piller les barreaux de fer sur la clôture et sur les murs de la ville : <( et en après les aucunes personnes dont cy dessus est fait mention se vont couscher et loger es batteaux à foins et autres estans sur ladicte rivière de Seine à Paris ^ ».

C'est le 21 juin i4oi que Guillaume de Tignonville, prévôt de Paris, fut commis à faire le procès de tous les malfaiteurs répandus dans le royaume, en quelque juridirlion qu'ils se trouvassent, et de les faire arrêter dans tous les lieux où il le jugerait à propos^. Cette ordonnance avait donc pour but de centraliser les informations et d'empêcher les malfaiteurs de pouvoir passer d'une juridiction dans une autre afin d'égarer la justice. On nomme parmi eux les « larrons, murdriers, espieurs de chemin, ravisseurs de femmes, violeurs d'église, bateurs à loyer, cabuseurs, joueurs de faulx dez, trompeurs, faulx monnoycrs et autres malfaiteurs, leurs associez, récepteurs et complices^... »

En ili'i'j on vit les Bohémiens apparaître devant Paris^; mais ils semblent seulement avoir dit la bonne aventure, vidé quelques bourses, et obtenu fallacieusement des aumônes.

On sait quelle joie procura au peuple de France la trêve de i441 entre la France et l'Angleterre. Les Anglais de Normandie venaient acheter en pays français du grain et du vin ; de même les Français passaient en Normandie acquérir ce que bon leur

I. i" octobre 1393. Lettre qui porte que lorsqu'on aura commencé des procédures contre un malfaiteur, l'appel qu'il en interjettera n'empècliera point qu'on ne l'arrête et qu'on ne le retienne en prison jusqu'à ce que son appel soit jugé (Ordonnances, Vil, .j8i).

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