Journal d'un bourgeois de Paris, p. 38(j
du moulin à vent de Saint-Denis, on pendit encore un homme et une femme de cette bande i.
Aux environs de i/jSô on avait vu opérer la bande des Coquillards en Bourgogne, dans le Lyonnais, en Anjou, en Champagne et dans l'Ile-de-France.
Peu avant janvier i/t56 (n. st.) des gens de Paris qui entraient de nuit par les hôtels et bâillonnaient les gens par les champs, étaient arrêtés à Orléans. Parmi eux se trouvait un nommé Guiot, dont on fît le procès, et qui, en outre, avait épousé une femme pour la dérober : il « s'en étoit alld par les champs avec autres ». Ce bigame, l'évêque d'Orléans le réclamait comme clerc au prévôt^.
Au mois de juin de la même année ^ les Etats du Languedoc signalaient un grand nombre de malfaiteurs qui opéraient dans leur région :
(( Item et comme présentement, et depuis aucvin temps en ça, en plusieurs et divers lieux de ce pays de Languedoc, se sont mis sur un grant nombre de larrons, meurtriers et guetteurs de chemins, lesquels se tenant sur les grans chemins et ailleurs es périlleux et dangereux passages, et espians les foires et marchés, ont commis et perpétrez... grans et énormes meurtres et larrecins et autres détestables maléfices ; et outre ce, court en ledit pays de Languedoc, une autre manière de gabuseurs, pipeurs et autres larrons assertez, dont les aucuns, en habillemens de marchans ou autre assez honnestes, vont par les villaiges, sans entrer es bonnes villes, portans grans lingos sophistiqués de faux or et argent, et en feignant qu'ils sont de grande maison et ne veulent estre congnus, vont deevant le pauvre peuple, en leur vendant lesdits lingots. Item et il y a une autre façon de gens vagabonds et oiseux, qui ne font euvre ne mestier, appelez ruffians, qui se treuvent es bonnes villes, au long du jour et de la nuict es tavernes et autres lieux dissolus, et leur est force pour entretenir leur mauvaise vie qu'ils soient larrons ».
En i46o, Jean de Roye note que de nombreuses exécutions eurent lieu à Paris « de plusieurs poures et indigentes créatures, comme de larrons, sacrilèges, pipeurs etcrocheteurs. Et pour lesdits cas plusieurs en furent batus au cul de la charrecte pour leurs jeunes âges et premier mesfait. Et les aultres furent pendus et estranglez au gibet de Paris, nommé
1. Ibid,, p. 390. Chartier, éd. A'^allet de Viri>ille, t. II, p. C7-G9.