‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 181 sur 238 · iruel. éd. Le \avasseur, p. i/io · texte numérisé non relu

iruel. éd. Le \avasseur, p. i/io

G. Cosneau, Le Connétable de Eichemont, p. 299.

incitaient les gens à rançon et les suppliciaient. Le ."> mai i44o une dou/ainc d'entre eux se rendirent à l'aris. L'après-midi, allant jouer dans l'Ile Notre-Dame, ils virent les toiles des bourgeois qu'on blanchissait ; à minuit ils dérobaient toutes celles de lin, qui valaient bien '»oo livres, et les emportaient à Corbeil. On disait que le vieux capitaine Jehan Foucault et celui du bois de Vinc(Mmes avaient partagé le butin'.

Au mois de juillet iW'4, note encore le Bourgeois de Paris, « vint une grant compaignie de larrons et de meurtriers qui se logèrent es villaiges qui sont en tour de Paris et tellement, jusques à M ou VIII lieues de Paris honmie n'osoit aller aux champs, ne venir à i*aris, ne on n'osoit cuillir aux champs ([uelque chose que ce fusl. » Une voiture était rançonnée pour 8 à 10 francs ; tout était pris : àne, vache, pourceau. Nul ne pouvait sortir de la ville, moine, prêtre, religieux, ménestrel, héraut, femme ni enfant, u Mays se on ne lui ostoit la vie, il cstoit despoullié tout nu, tous sans nul excepter, de quelque estai qu'il fust ; et quant on s'en plaignoit aux gouverneurs de Paris, ilz respondoient : « II fault qu'ilz vivent; le roy y mettra bien bref remède». Pierre Renault, Robert de Floques, Arnaud de la Lande dit Lestrac étaient les chefs de cette compagnie, on voudrait dire de cette bande : « tous membres d'Anlecrist -, car tousesloient larrons et murdriers, boutefeux, cilbrceux de toutes femmes, et leur compaignie. »

C'était luic tradition chez les militaires. .Jean de Bueil nous rapporte les premiers exploits de son héros, le Jouvencel. Il captura un troupeau de chèvres et une vache unique : s'étant emparé d'une « buée », il jugea à propos d'en rembourrer son « jacque ». La capture d'un cheval était un butin très apprécié. En i^a/*, à la journée de Verncuil, Antoine de Chabanncs, qui sera comte de Dammartin, grand maître de l'hôtel des rois Charles MI et Louis XI, montait un cheval gris qui appartenait au comte de \cntadour ; il recevra plus tard de La Hire un petit courtault noir, nommé Maillée Jehan, gagné à un butin, six écus, et une épée. Ce fut là l'origine d'une immense fortune. C'est lui que le roi saluera un jour du titre de « Capitaine des Ecorcheurs » : à quoi il ripostait : " Sire, je n'ay escorché que voz ennemys : et me semble que

Journal d'un bourgeois de Paris, p. 35 j Ibid., p. 375.

leurs peaulx vous feront plus de proufTit que a moy^ », Comme les Grandes Compagnies les bandes d'Ecorcheurs

étaient un ramassis de nations.

Le 5 septembre l^^^ le commandeur de S*-Antoine de

Viennois dTssenheim les dénombrait ainsi aux bourgeois do

Strasbourg- : De noniinibiis dominorum et capitaneorum :

i Isti sunl Scoti et liabont magimii \ cxerciluin.

Dominus d'A/uy.

Mongomcrv.

llobin Petitlo.

Dominus Galiaz. ^

BonifaciTis de Valperga. [ Isti liabent Lombardes.

Ame de Valperga.

Dominicus de Cours. \

Pochon de Rivière. /

Gaston de Lerigot. ! Isti sunl Vasconcs.

Le grand Estrac. \

Le petit Estrac.

Salezar.

Conques. ' Isti sunt Yspani.

Cuntsaler.

Déjà diminués par la victoire de Saint-Jacques sur la Birse (août ilxlxlx), los Ecorcheurs durent soutenir les attaques répétées de la milice de Strasbourg (novembre i/144-janvier 1445); ceux de la liaulc Alsace furent massacrés au défilé du Val de Liepvre, sur la route de Schlestadt à S'-Dié : au mois d'avril i4')"> l'Alsace était libre •'. Mais les Ecorclieurs disparus, les retondears leur succédèrent : on les nommait ainsi parce qu'ils <( retondoient, recouvroient tout ce que les premiers avoient failly de liaper et de prendre ^. »

La dispersion des Ecorclieurs marque au xv" siècle la fin de l'existence des bandes mercenaires internationales. Les ordonnances réformant l'armée et établissant les « compagnies d'ordonnances » suivront immédiatement. Les gens de néant, ne servant qu'à piller et manger le peuple, n'y étaient pas admis. Un homme d'armes, qui avait perdu ses chevaux et harnais dans l'expédition d'Allemagne, fut repoussé des compagnies^

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