I. Œuvres, IV, aSo
■2. Ibid., p. 237.
3. Voir aussi la vigoureuse ballade qu'il leur consacra (Ibid., p. 278) : De cahynidns et d.' coquins.
'1. Bibl. Nat., ms. fr. 2i8o3, fol. 18G v».
couleurs, le tout pour evtorquor injustement les aumQsncs qui sont tleues auv vrays pauvres do Dieu ; et en ce Taisant commettent larcin. Et pour tant fault qu'il y ayt g^ens députez pour les visiter ; et s'il est trouvé d'abuseurs, qu'ilz soient punis en sorte qiu^ les autres prennimt evempic et que la façon cesse. »
Vers le iniliou du xv siècle toutefois, certains mendiants paraissent avoir fait société avec les larrons et comme eux avoir eu une or;y:anisation. C'est ce que prouve l'afTaire des Caymands découverte à la fin de l'année i448. Ils avaient dérobé, aveuglé et estropié des enfants dont les truandes entendaient sans doute user pour mendier. On disait qu'ils avaient un Roi et une Reine '. Voici le récit de la fm de deux roqnins et d'une coquine, la prernière femme de France qui ail été pendue, suivant le chroniqueur olïiciel Jean Charti(^r- :
L'an mil quatre cens \L1\, le samedi WllJ' jour d'avril, furent jugez... par la court de Parlement deux coquins et une femme coquine à estre pendus et estranglez. Et pour ce faire furent levées deuv potences de bois pour plus manifester leur^cas, qui cstoit mauvais et dampnable, comme d'avoir crevé les deux yculx à ung enfant estant lors en l'aage de deux ans ; et avoient fait le delict d'espijjnes, qui estoit grant lirannie, et aussi d'estre larrons et actains d'autres maléfices par eulx recotigneuz. I^'une desquelles potences fut dressée hors la porte Saint Jacques, en laquelle fut pendu l'ung (lez deux hommes ; et l'autre potence fut mise et située hors la porte Saint Denys entre la Chappelle et le Moulin à vent, en laquelle fut pendu l'autre homme, qui estoit joueur de vielle, et avecqucs luy laditte femme ; et combien qu'ilz fussent mariez tous deux, neantmoius il la maintenoit. Or est vray que tous les trois furent livrés au bourreau es prisons de la Consiergerie du Palais, et y esloient à cheval pour les convoler la plus grande partie des huissiers de Parlement, pour ce que laditte sentence avoit esté donnée sus les malfaicteurs dessusdits par laditte court. Et est assavoir que grant
1 . .loiiriKil (l'un bounjcoia de Paris, p. 889. De bonne heure cette corporation semble avoir été hiérarchisée puisqu'on lit dans le Teslanient di' Tastc l'm (Montaiglon, liecueil de Poésies Françaises, 111, 80), ce legs fictif :
Alon pourpoint tout neuf coutonné.
Qui ne m'a servi que neuf ans.
J'ordonne et veulx qu'il soit donné Au roy des Pellerins Passans, Lesquels on appelle truans Ou coquins...