‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 190 sur 238 · Ed. Vallet de Viriville, II, G7-G · texte numérisé non relu

Ed. Vallet de Viriville, II, G7-G

Les Sources de V Argot Ancien. 2-1;

multitude de peuple y afïluyoit de toutes pars, et par especial femmcfv et filles, pour la p:rant nouveaulté que c'estoit de veolr pendre une femme : car oncques mais ne avoit esté vcu ou royaume de France. Et fut laditte femme pendue, toute desclievelée, en une longue robbe, ceinte d'une corde les deux jambes ensemble au dessoubz des g-enoulx. Et dient aulcungs qu'elle requistcstre ainsi exécutée : disant la cousiume de son pais estrc telle en tel cas; et les aultres disoient que laditte sentence fut donnée telle afïin de plus lono^ue mémoire aux aultres femmes, et aussi que ledit délit estoit si énorme qu'il luy appartenoit bien plus grande pugnicion qu'elle ne eut. Et jà en avoicnt esté plusieurs pendus ; et plusieurs aultres, tous coquins, qui encores estoient ou Chastellet que on gardoit pour cortaignes causes, et par especial jusques ad Ce que on en eust peu prendre certains aultres coquins qui estoient de leur bande, qui hantoient les pardons en plusieurs et divers lieux de ce royaulme, comme à la dédicasse Saint Denys, à la Saint Mor, à la Saint Fiacre, à la Saint Mathurin, et ailleurs ; et autres fois se tenoient sus les grans chemins es bois où ilz faisoient de grans maulx et meurtres soubz umbrc de demander l'aumosne pour l'onneur de Dieu.

On aimerait à douter de la véracité des faits cruels imputés aux coquins. Mais ils sont confirmés par d'autres sources encore que par les chroniqueurs.

Voici l'existence de deux d'entre eux, Jean Barrit et Etienne Tierrier, que l'évêque de Paris réclamait comme clercs le . 10 mars i449 (n. st.)^

« Harbin, pour le procureur du roy... dit que lesdiz Baril et Tierrier sont et ont toujours esté gens de très mauvaise vie, et se sont constituez mendiens sans nécessité, et veuz les cas qu'ilz ont commis et confessez doivent estrercputez pires et de pire condicion que joculalorcs et biijjones. Car ledit Jean Baril confesse avoir prins et emblé ung petit enfant à ung lieu nommé Fcrriorcs, et lui a trait les deux yeulx; et si a esté gueteur de chemins et consentant de cinq meurtres ; et ledit Estienne Tierrier a emblé deux petiz enfans, l'un à Saint Lorens de la Plaine en Anjou, nommé Jehan Hemont, auquel il [a| enscisé et coupé les jambes auprès des piez, et l'autre à la Chapelle Blanche près de Loches, nommé Jehan Gisart, auquel il a crevé les yeulx. Et arracha la char des jambes dudit Jehan Hemont, qui est grant tirannye, et tout afin de amasser argent et eulx enrichir... »

Jehan Barrit confessait en outre avoir eu deux chevaux de marchands qu'il avait tués et qu'il alla vendre à Amiens. La

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