‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 205 sur 238 · I. Bibl. iNat., ms. fr. 21S..3, fol. 186 v · texte numérisé non relu

I. Bibl. iNat., ms. fr. 21S..3, fol. 186 v

■A. Jii'jislre criminel du ChûU-lel, t. I, p. 9/1 .

'.\. Arch. Nat., \-' 20, 10 mars ih!i^{n.. st.)-

'i. liegistrc criminel dit Châtelet, I, p. 78.

Les Sources de l'Argot Aîicien.

par les ovêques, très jaloux alors de leur privilège. On pouvait, au seul nom de clore, émouvoir la foule et (Weiirer dos protections et dos sympathies. Les ofTiciers du roi à Scnlis avaient fait le procès d'Etienne Rondol, en habit et tonsure de clerc : révéque le réclama. Le prévôt de Senlis, qui ne voulait pas lâcher son malfaiteur, lui fit raser la tête, monter un cheval pour être conduit à la potence sans qu'on sonnât les cloches. On manda un cordelior pour le confesser. Ce dernier refusa de le faire dans le tumulte et conseilla au condamné de s'avouer clerc : il cria clergie! A ce cri le peuple, les enfants de l'école, le cordelior lui coupèrent ses liens. On eut bien do la peine à lui faire regagner sa prison. Or, cet Etienne Rondcl était un vulgaire meurtrier et un épiour de chemins ^

Elle n'est pas moins significative l'histoire de Symon Bayart quel'évêque de Paris réclamait comme clerc le 26 février i/iSg (n. st.). Il était convaincu do larcins et crochcteries ; par quatre fois il avait été rendu à l'évêque : c'est sur la demande de son frère, qui le voyait persévérer en « sa mauvaise inclination », qu'il prit frauduleusement la couronne de clerc 2. Un autre, le bâtard Du Bos, arrêté avec des crochets, ne craignait pas de se faire réclamer comme clerc par l'évêque de Paris, bien que la bâtardise fut incompatible avec la cléricature"^. C'était là une procédure courante. Le 3 juillet i46o, l'évêque d'Amiens réclamait comme clerc un horrible bandit, Jehan Bonhommet, prisonnier en la Conciergerie : depuis i43o, il avait tué un jeune fils pour lui enlever 100 écus ; à Breteuil il avait décapité un homme dont il avait jeté la tête dans un puits ; à Rcbreuve il avait blasphémé horriblement ; à Boauvais il avait fait violence à trois fennnos '<.

Quant à Jacobin Le Clerc, que réclamait l'évêque de Paris ^, c'était un ruffian adonné à tous les maux, batteur à gages, banni déjà de Tournai et de la prévôté de Paris. Le même évêque réclamait encore Pierre Martin, dit Terrible, franc archer portant une brigandine. inskliator it'menim, violator mulierani^. Il requérait Pierre Rualior, qui avait coupé des

1. Arcti. Nat., X^' 28, 21 avril i/i58. 3. Arcli. Nat., X^', 2G fév. lAôg (n, st.). 3. Arch. Kat., \-\ 7 mai i/iôc).

h. Arch. Nat., \^% 3 juillet iViGo.

Page 1