Triadeurs
La vente du triade était aussi l'occasion de supercheries. J*our en vendre par les villages il fallait avoir fait ses preuves devant les apothicaires, connaître la nature de l'arsenic, du « reagal et autres venins », y être autorisé par des lettres. Ainsi au mois d'aût i4io les parçonniers, seigneurs de Galardon, poursuivaient Jehan Cousin, crieur de triade ' :
« très notable cabuseur ; et dit-on qnc d'une boiste quL ne cousle que xviij blans il a fait bien iiijxx frans. Et est vray qu'il est une espiece de triade appelle triade Galian, qui est très bon, et en finol'on à grant peinncs. Et posé que ledit appellant en ait aucunesfoiz eu de bon, toutesfoiz il en a cti souvent de mauvaiz, et en lait de couperose, miel et noiz de gales qui ne sert de rien à cxpeller venin; et porte petites coleuvres jeunes qu'i norrist de bonnes viandes et les lait toutes altérer; et pour ce a une pouldre, et se fait mordre de ces coleuvres, puis prant de ce triade là qui rien ne vault ; mais il boit après et dit qu'il faut boire. Et pour ce après ce qu'il fait enfler d'une pouldre il desenlle. Et pour ces tromperies cy un jour qu'il