‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 227 sur 238 · I. Arch. Nat., JJ 182. ■2. Arch. Nat., X · texte numérisé non relu

I. Arch. Nat., JJ 182. ■2. Arch. Nat., X

LA BANDE DES COQUILLARDS : LE JAUGON l^I'^

d'avoir eu accointance avec Denisot le Clerc qui avait forgé plusieurs faux demi-écus que Turjïis répandait. 11 avait dérobé •îoo francs à son maître, et en l'hôtel de l'Echiquier six tasses d'arg-ent, 12 francs, un ag nu s de i qu'il prit en un coffre que lui et son compagnon crochetèrent. On vendit cela à Angers. « Dit que Turgis a guetté les chemins, a procédé àdestroussement et à murtres ». Entre Saumur et Angers, lui et son compagnon détroussèrent un marchand à qui ils coupèrent la gorge. Après ([uoi ils se dirigèrent vers Nyort ; en chemin ils volèrent à un marchand 100 écus et Turgis lui coupa la gorge. Pour ces crimes il avait été constitué prisonnier à Sens, à Soissons, à Dieppe : u mais desdits lieux s'en est aie franc et quicte ». Depuis fait prisoimier par le prévôt de Senlis, Turgis avait nié tous ces cas, fors l'affaire de Denisot le Clerc et celle des 200 francs. Mais Luillier, pour Paris (l'évéque), le réclamait encore puisqu'il n'était convaincu. Turgis fut bouilli comme faux monnayeur à Paris le 17 décembre i4;">ti et son corps pendu au gibet '.

>ious parlerons plus loin de Montigny, l'ami de François Villon, qui fut pendu à Paris, au mois de septembre i4;'>7- Sa mauvaise réputation lui survécut : dans une procédure du 26 avril i/i64 son nom est accolé à ceux de Turgis et de Tartas -. Le 12 avril 1470, à propos d'Olivier Jehan, un '< breton », clerc incorrigible, Ganay l'avocat alléguait « de Turgis et de Montigny qui estoient clercs non mariez, qui furent requis par l'evesque in judicio coniradictorio ; mais il en fut débouté. Bataille dit que Turgis et Montigny avoient esté plusieurs fois prisonniers... »

Enfin c'est par Villon que nous savons que les Coquillards opérèrent à Rueil et à Montpipeau où Colin de Cayeux se fit prendre.

C'est tout ce que nous savons sur les membres de la Coquille. On peut croire que le maître dePépée était un prévôt d'armes car le jeu de Pépée, maniée à deux mains, constituait un

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