I. Bibl. \at., Dnpiiy, aôo
■2. a (ianay... dit que ne fault point de déclaracion de court d'église avant que aucun puisse estre dit incorrigible, car le contraire a esté décidé par les arrestz de Turgiz, Montigny et Tartaz, et, pour ce, requiert estre défendu à l'evesque de Paris de ne plus l'alléguer » (Arch. Nat., X"2* 3j. AfTaire de Philippin d'Amiens) [Communication de M. Auguste Longnon).
l^Il^ APPENDICE
exercice apprécié de nos aïeux : mais on ne devait pas s'y porter de coups ^. Quant au cordclier Jolian nés, apostat, ce pourrait être cet homme qu'on vit, en habit de cordelier, sans savoir s'il était cordelier ou non, aller souvent du duc de Guyenne vers le duc de Nemours. On sut depuis qu'il n'était ni cordelier, ni prêtre, qu'il s'appelait Johannes : c'est lui qui accusa de sorcellerie l'abbé de Saint-Jehan 2.
Toutefois une bande de crocheteurs organisés, et pouvant comprendre 4oo personnes, reparut avant i^64 dans le Midi de la France.
Voici comment Guillaume de Varye annonçait cette nouvelle à Jean Bourré, l'homme de confiance de Louis XI :
A monseigneur du Plessis maistre Jehan Bourré conseillier et maisire des comptes du roy.
Monseigneur du Plessis, je vous vueil adviser d'une matière qui s'est trouvée en ce pays, qui est la plus grant deablerie dont vous OYstes oncques parler : c'est d'une secte de croclieterie, la plus terrible qui oncques fu trouvée. Il y a ung Roy, ung Gonnestable, et plusieurs notables otficiers. Monseigneur de Clermont (a) ja bonne pièce a fait prendre le Gonnestable et n'est riens qu'il ne die. 11 a enciisé le Roy et bien jusques à iiij" autres dont il y a gens de toutes sortes \une ligne de noms rayée]. Le Roy est prins et est es mains du cardinal d'Avignon. Monseigneur de Clermont en a ja fait pendre v ou vj et tient tousjours le Gonnestable qui fait rage de dire belles choses. C'est une droite deablerie comment ilz povoient ainsi besongner ensemble. Hz ont ung jargon que autres n'entendent. Cestuy-cy dit tout, etceulx qu'on lui amené devant luy, des qu'ilz le voient ou visage, confessent les cas. Il y avoit vj d'entre eulx deppulez à vendre les butins. II se trouve qu'ilz ont robe puis ung an ença plus do iiij m marcs d'argent en églises et mis les reliques en fumiers et telz lieux. Le pris de l'argent est v escus du marc, et croy se trouveront les changeurs en aucimes bonnes villes qui les achetoient et se y pourra trouver des amendes pour le Roy. Je vous en advisc principalment pour lui en parler, afin que se on lui demande des amendes, il ne lui plaise en donner nulles, car il en pourra, croy, avoir de bon argent. Envoyez moy une commission où on puisse mettre deux ou trois noms et je adviseray de y mettre ung
1. Arch. Nat., JJ 176, p. 775. Décembre i^5o. Lettre de rémission pour Pierre Marqueur, relativement au meurtre d'un prévôt maître d'armes.
2. Procès du duc de Nemours (Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2000, fol. ir)3 v°. 18 nov. 1/176),
LA BANDE DES GOQUILL.VRDS l LE .1 AUGO\ 4 1 «>
bon commissaire ou deux qui sera pour besongner sur le fait de ces ribaulv acheteurs qui sont changeurs ot marchans de bonnes villes, qui, croy, congnoissoicnt bien dont l'arj^ent vcnoit et le pris le^ jugeoit assez. 11 y a de ccste matière assez pourescripre deux l'ueillesde papier, mais vous n'en aurez à présent plus. Et prie à Dieu qu'il vous donne ce que desirez.
Eescript au Puy le x\i' d'avril.
Vostre serviteur et parfait ami,
Guillaume de Varye^.
Oïl conçoit l'iinporlancc pour la juslicc de connaître lesreceleurs d'une bande aussi puissante et hiérarchisée avec son Roy ■^, son connétable, ses olFiciers. Le 29 octobre i/i64 on délivrait une lettre de rémission à Jehan Perrier, marchand et changeur demeurant à Montpellier, qui nous fait connaîtreles ravages de ces associations de crocheteurs.
Car « à l'occasion de ce que aucuns larrons et gens de mauvaise vie, que on appelle communément crocheteurs, ont en nostrc pays de Languedoc crocheté plusieurs églises et autres lieux et en icelles emblé et dcsrdbé croix, calices et joyaulx et reliquiores et autres bagues d'or et d'argent, en grant quantité et valeur, et partie d'iceulx venduz à aucuns marchans de nostre dicte ville de Montpellier et que l'on a mis sus et imposé aud. suppliant en avoir achetté desdits crocheteurs », ledit Perrier avait été mis en procès par le procureur du roi : on le tint quitte de tout ce qu'il avait pu acheter à son insu des crocheteurs moyennant 5oo écus d'or'.
Apiès tous ces détails, il convient de jeter un coup d'œil d'ensemble sur la bande des Goquillards.
Ils étaient crocheteurs, faux monnayeurs, triclieurs, brigands de grand chemin.
Parmi ceux que nous connaissons, on rencontre un