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I. Jean du Marez était également mercier

LV BA>'DE DES COQUILLARDS : LE JARGON l^l'j

fut pratiqué avant eux* ; de même les déceptions aux jeux '^. Mais voici un personnage, banni de Dijon en i45o, qui avait fréquenté les routiers, et semble bien déjà un coquillard. C'est Henry Grosscmere -^ >'éà Metz, il déclarait en li'jc) exercer la profession de sellier. Interro<,^é comment il avait vécu depuis :^') ans, il déclara avoir suivi la «ruerre en compagnie de Poton de Saint railles et autres en France et sur les frontières de Normandie, à Louviers, à Dieppe, jusqu'au jour où le Dauphin emmena les routiers en Alsace. Il s'arrêta à Metz, chez son père, Didier. Il délaissa la guerre et possédait alors, tant en argent qu'en chevaux, 4oo francs. A (îenève il lia connaissance avec un marchand de Metz qu'il accompagna en Italie. On le retrouve à lîesançon où il vendait des perles à un orfèvre ; à un autre des lingots. Puis à Dijon il fréquenta une lille publique nommée Novelle. (irossemerre nia avoir été avec d^ autres <( brigans et espieurs » en Bourgogne, et associé << avec aucuns compaignons qui pourtaient par le pays lingoz et cliaynesdecuyvre doré et les vendent comme bons en trompant les marchans ». Le maïeur réunit toutefois contre Henry Grossemere des charges très louides. Voici comment il nou;^ le montre :

« vivant dcshonnestemeiit et qui maintenoit au lieu publique et bordeaul do ceste ville une fillette commune, nommé \oelle, laquelle 11 gouvernoit comme ruflien, en vivant de son vil et deshonneste <:faing ; et en oultre, que depuis deux ans en ça, ledit Henry avoit a plusieurs l'ois vendu et distribué en ceste dicte ville plusieurs lingoz d'argent blanc, tant lin que de basse loy, mal fonduz, et esquelz povoit avoir grant suspicion : considéré aussy que lors et ou temps qu'il vendit lesdits lingolz il estoit comme famé et renomme que en plusieurs églises des villaiges, de doux, trois et quatre lieues à l'environ de cest»; ville de Dijon, avoient esté prins et robe furtivement et de nuyt plusieurs calices, auquel tems ledit Henry estoit souvent

1. On voit qu'en 1089 un nommé Durand pénétrait dans les églises à l'aide d'un « crocliet de fer qui] portoit avecluy sursoy». Ailleurs il est question d'un coffre ouvert avec une (( tenaille de 1er », d'un « cisel )) qui servait au même oITice (Registre criminel du CluUelet, I, p. !x-b, 91, 96).

2. Ne semble-t-il pas un coquillard ce personnage vagabond, joueur de faux dés « fréquentant foires et marcliez » (i^Sy), qui a toujours de l'argent sans travailler et se montre toujours bien vêtu ? (Registre "iminci du Châtelet, l,,p. io3).

■'>. Interrogatoire du 2 avril i/j/jg (Arcli. Dép. de Ja Cote->d'Or, 13 36oi, IV, pièce 353).

4l8 APPENDICE

alant et venant amiit Dijon, et y séjournoit aulcuncs fois iing mois, plus ou moins, despensoit moult largement et habundamment avec et en la compaignic de ladicte fille commune, et la vestoit et habilloit de notables robes et chapperons de bon drap... »

Ces délits n'étant pas suffisamment prouvés, Grossemcro avait demandé son élargissement ; on le lui accorda à charge de se représenter sous peine de bannissement et de perdre ses effets mis en gage. Henry disparut et fut banni à perpétuité de la ville et banlieue de Dijon le 28 janvier i45o (n. st.) '.

On noiera enfin que la mendicité (épilepsie feinte, enfants suppliciés et volés) n'entre pour rien chez les Coquillards qui se rattachent donc aux débris des Ecorchcurs plutôt qu'à la compagnie de Bâle (i43o-i475), dont la mendicité forma le trait dominant : ce ne sont guère que les ruses et la langue des mendiants que nous fait connaître le Liber Vagatormn. Quant à l'usage des déceptions au jeu pratiquées chez les Coquillards, il est commun avec les pratiques des bandits méridionaux, comme nous les connaissons d'après la Gennaiiia, ou l'argot espagnol.

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