‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 235 sur 238 · Bibl. Nal., Dupuy, aôo · texte numérisé non relu

Bibl. Nal., Dupuy, aôo

■j. Longnon, Etude biographique sur Fr. \ illoii, p. 71-7/i, 100-160 (itAwres complètes de Fr. Villon (1892), p. xxi-xxn. 3. Bibl. Nat., Dupuy, aSo.

'i. Arch. Nat., X^" 83ii fol. ao5, 12 avril i'i7o.

incorrigible et lui déniait le privilège de clerc ^ : « dit qu'il est fort chargé de plusieurs piperies et de plusieurs esteves », terme qui revient souvent dans le jargon des (]oquillards. Les ballades du Jargon nous apprennent que les opérations imprudentes des Goquillards autour de Montpipeau et de Rueil amenèrent sa fin.

C'est ce milieu que fréquenta Villon après le meurtre du prêtre Philippe Sermoise, qui semble bien avoir mis fin à sa vie régulière (5 juin 1 455). Vers la Noël i456 il participait au crochetage du collège de Navarre, vol qui rapporta cinq cents écus au poète et à ses associés, Colin de Cayeux et Petit Jean, un très habile crocheteur. Au dire de Guy Tabarie, François Villon partit alors pour Angers où il devait préparer le cambriolage d'un sien oncle, possesseur de cinq ou six cents écus. Le 17 juillet i^Qo l'entrée solennelle de Marie d'Orléans à Orléans sauvait le poète de la mort. En i46i, il était de nouveau prisonnier à Meung-sur-Loire, où la venue de Louis XI amena pour lui une nouvelle délivrance. En 1^62, Villon était prisonnier au Chàtelet de Paris pour vol. En 1^63, poursuivi au sujet d'une rixe à laquelle il avait assisté, sans y prendre part d'ailleurs, il fut condamné à être pendu et étranglé. 11 en appela et, le 5 janvier i463 (n. st.), le Parlement annulait ce cruel jugement ; mais, eu égard « à la mauvaise vie dudit Villon », il le bannissait pour dix ans de la vicomte de Paris.

Certes, c'était un lourd passé que traînait le poète de trentedeux ans.

Pour les avoir fréquentés, ou avoir vécu comme eux, François Villon entendit le langage des Goquillards et s'amusa à composer en leur jargon '^.

1. Longnon, Œuvres complète^ de Fr. Villon (i8()o), p. 22 ; il fut condamné à être « pendu et étranglé » le 28 septembre i'i6o (Dupuy, 25o). — Faut il reconnaître ce personnage dans un nommé « l'Escalier » signalé comme complice de nombreux vols en Poitou ? (Arcti. Nat., JJ. 188, p. 8r), mai lAâg).

2, Voir sur ces ballades la notice publiée ci-dessus, p. iiG à 121.

Page 1