Ibidem, p. i
3. Cf. Léon Trippault, Celt-hellenisme, on Etyinologie des mots fran- ■çois tirez du Grec, Orléans, i58i, p. 27: « Artis, langage de matois, «t jargon, pour apTOç». C'est le parler des voleurs qui appellent le pain arlie.
6o IMTHODUCTION
mun qu'à ceux qui entriment sur le Ligourt et le passe Ligourt ^ . »
On devine sa préférence secrète pour l'argot : « Il n'est jusqu'aux larrons patibulaires qui, sous quel- (jues titres spécieux, n'essayent de couvrir leurs larcins... Couper des bourses, c'est prendre des rats par la quelle. Voler un manteau, c'est tirer la laine... » Et ailleurs - : u Ce fut en ce fatal instant que me voyant dans un pays perdu sans aucune ressource, je me vis sur le point de me faire une jambe de Dieu, ou de me sacrifier quelque bras, et me ranger aux portes d une Eglise pour y demander l'aumosne ^. ^)
En revanche, Guez de Balzac qui a consacré sa xxxix" dissertation au style burlesque, ne laisse pas de protester contre cette invasion des expressions facétieuses et jargonnesques : « On peut se travestir et se barbouiller au cynaval, mais le carnaval ne doit pas durer toute l'année. On peut dire une fois en sa vie Monsieur le Destin et Dame Junon... ; mais de ne dire jamais autre chose ; mais d'amasser toute la boue et toutes les ordures du mauvais langage pour salir du papier blanc, c'est ce que je ne sçaurois trouver bon en la personne du meilleur de mes amis. Si cette licence n'estoit arrestée, elle iroit
1. Ed. Colombcy, p. 2^8. Voir, sur les expressions citées, ce que nous avons dit aux pages /|0 à /ji, et plus bas, i'i2 à i/i3.