Cf. Jlouquière ( r= flouticre) et paquelin ( = patelin
272 GLOSSAIRE ETYMOLOGIQUE
ARBALÈTE, croix que les femmes portent au cou, J. i83G,
I, 200; Vid., II, m : elle ressemblait à une arbalète détendue. ARBIF, en colère, J. 1849, *» 2°°' c'est-à-dire celui qui se
rebiffe. Forme picarde.
ARCASSIEN, mendiant-escroc, mendiant à domicile, Vid.,
II, ni (et arcassineur), propr. celui qui monte une arcasse ou un bateau, II, io4. Le picard, arcassier, trompeur, malin, est emprunté de l'argot.
ARCAT, mystification de l'arcassien, Vid., II, 112.
ARCHE (aller à 1'), chercher de l'argent, dans l'argot des tricheurs, Vid., II, 112. Rigaud rend cette expression par: courir après les débiteurs récalcitrants.
ARCHE DE NOÉ, Académie, Vid., II, ioo : prétendue appellation argotique. Expression facétieuse déjà courante aux xvnexviiie siècles : « Arche de Noé, il y a toutes sortes de bestes, c'està-dire un lieu où il y a plusieurs sortes de gens. Vulgaire » (Oudin, iG4o), et : « On dit d'une maison où il y a plusieurs ménages que c'est l' Arche de Noé, où il y a toutes sortes de bêtes »(Ph. Le Roux, 1718).
ARCHEQUIN, saint Archequin, nom du jeu des dés, Vill., I, 137 (Saint Arquin, I, i38), propr. petite arque (v. ce mot). La personnification des noms de jeux est un procédé fréquent dans l'argot ancien : v. saint Joyeux et saint Marry.
ARCHISUPPOTS, maîtres de la corporation des voleurs, à la fois législateurs et docteurs du jargon, J. 1628, I, 218, 221 (cf. I, xii, 5i, 200, 32i) ; Resp., I, 264. Ces professeurs d'argot ont subsisté jusqu'au début du xix° siècle, comme le montre la constitution de la bande des Chauffeurs, II, 86. V. jargon.
ARCO, avare, J. 1849, '« 2°°- Origine inconnue.
ARÇON, même sens qu'accent, Aid., II, 112. V. accent.
ARÇONNER, 1° Faire parler, J. 1849, I, 200, propr. faire l'arçon ; 2° Sonder quelqu'un, Litt., II, 196.
ARDENT, chandelle, Vid. II, 112. Appellation déjà usuelle en moyen français et dans le jargon des précieuses : « Lors... Jésus prengne .1. ardantx et gete sus ly », lit-on dans un mystère du xïvc siècle 2 ; et le Grand Dictionnaire des précieuses de 1660 donne cet exemple, p. 10 : « Inutile, ostez le superflu de cet ardent, c'est-à-dire, Valet, mouchez la chandelle. »
C'est-à-dire une torche.
Ed. Fournier, Le Théâtre français avant la Renaissance, y. 7.
ARDENTS, yeux, J. 18^9, I, 200: môme association d'idées qu'allumer el que le synonyme quemantes (= brûlants) de la germania.
ARDERIE ? Vill., 1, i3a. — ARERIE ? \ ill. , I, 129. ARGA, part, Doc., II, 193. Origine inconnue. ARGANEAU, anneau do forçat, Vid. II, 112 (et organeau) ; — prov. argaiwl. organe l, organeau, gros anneau de fer auquel on amarre un cable.
ARGONAUTE, connaisseur émérite de l'argot, Vid., II, 100. Jeu de mots fondé sur la prétendue origine grecque du jargon, 1, 3a6. \ . orientaliste.
ARGOT, corporation ou métier des gueux, sens uniquement connu aux documents jargonnesques, J. 1628, I, 177, 189, 190, 228; Resp., I, 2Ôo, 2C3. Le sens primordial de « gucuserie » (Oudin), c'est-à-dire état et profession de gueux-voleur, rapproche argot d'ergot, griffe : c'est à la fois la confrérie de la « Griffe ». image du vol, et l'art du croc : Si je n'eusse joué du croc, Et vescu d'autre que du mien, Far sainct Jacques ! je n'eusse rien.
Il n'est que le croc et la trompe ' Pour vivre à l'ayse et dans la pompe2...
Appellation foncièrement indigène qui rend superflues les divagations étymologiques du passé (cf. I, 79, 264, 326). En français, nnjnl désigne, à partir de la fin du xvne siècle, la langue secrète des malfaiteurs, qu'on appelait généralement jargon. Colle évolution de sens trouve son pendant dans le nom de l'argot espagnol : germania, qui signifie à la fois gueuserie et jargon '\
ARGOT, bête, J. 18^9, I, 200, c'est-à-dire qui se prétend tel pour mieux attraper les autres; — cf. argot de Milan, zergo, rusé, fourbe ( = jargon).
ARGOTÉ, qui se croit malin, J. 1849, I, 200, 212.
ARGOTER, gueuser, sens exclusivement jargonnesque, J. 1O28, I, 189. En français, au xvm" siècle, le mot signifiait,