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C'est-à-dire tromperie

2. Le Nouveau Pathelin, dans Farces, éd. Jacob, p. 127. Voir, pour [Tautres témoignages, notre Argot Ancien, p. 29, 3/1 à 38.

3. Vu xvin" siècle, on écrit souvent YArgo, I, 3i, 33, 77, 78, par une fantaisiste identification de ce nom avec celui d'Argo, le navire <1<~ Argonautes. V. Argonaute.

Les Sources de l'Argot Ancien, t. II. 18

2 74 GLOSSAIRE ETYMOLOGIQUE

suivant Pli. Le Roux : « parler l'argot, c'est-à-dire un langage obscur et confus, qu'on n'entend pas ; c'est aussi s'exprimer avec difficulté et confusément, parler entre ses dents et indistinctement. » Et ce sens inconnu au jargon, a élé de nos jours repris par l'argot moderne : argoler, parler argot (Rossignol).

ARGOTICHON, même sens qu argotier, J. 1C28, 1, 238.

ARGOTIER, gueux, compagnon de l'Argot, J. 1628, I, 177, 229, et 1G60, 1, 188 ; Resp., I, a54. Ce sens est encore donné par Sauvai et Bertheaud, I, 81, 317.

ARGOTIQUE, qui tient de l'Argot, c'est-à-dire de la corporation des gueux : J. 1628, I, 219 (monarchie argoliqae) ; Resp., 1, 3G0 (milice argotique).

ARGUCHE, Argot, Granv.3 I, 3i9 ; Vid., Il, 112 ; Gloss., 11, ,65. [police], II, 78.

ARGUEMINE, main, Vid., Il, 112, 190; — pour arque mi ne. c'est-à-dire main crochue (cf. mine, main, dial. et enfantin).

ARICOTER, v. haricoter.

ARISTOFFE (?), mal vénérien, II, 58, c'est-à-dire mal aristocratique.

ARLEQUINS, restes de repas, Vid., Il, 112, dont le mélange rappelle le costume d'arlequin. Ce terme de gueux est devenu populaire.

ARLOUYS? Vill., I, i35.

ARNACHE, 1° Tromperie, chose illicite. Vid., II, 112, forme francisée d'arnaque ; 2°(àl'), trompeur, déguisé, Litt., II, 19G.

ARNACHER, tromper, Vid., II, 112.

ARNAQUE, 1° Agent de sûreté, J. 1849, I, 200, aujourd'hui police; 2° Tromperie : « Arnaque veut dire truc... Les jeux de hasard... sont arnaqués, parce qu'il y a des trucs qui empêchent de gagner » (Rossignol). Arnaquer, d'où arnaque, est la forme picarde de renâcler (v. ce mot) : la tromperie est conçue comme une « criaillerie » et l'agent de police est représenté comme l'individu qui crie après quelqu'un.

ARNAUD, de mauvaise humeur, J. 18/19, I, 200, 212. V. renaud.

ARNELLE, Rouen, Vid., II, 112, 191, propr. Renelle. nom du petit cours d'eau qui traverse Rouen.

ARNELLERIE, rouennerie, marchandise, Vid., II, 112.

ARNIBALE, oie, Chauff., II, 93. V. ornie de baie.

ARPAGAR, Arpajon, Vid., II, 112. Déformation.

ARPIONS, 1° Pieds, J. i8&g, I, aoo; Vid., II, 112 ; 2 Mains, .1. 18491 [. 209; Granv. », I, 333 (harpions). Mot tiré des patois (Berry, Anjou, Poitou, etc.), familier au bas-langage, Iî,ai7.

ARQUE, dé, surlout de chargé, Coq., I, 97 (cf. 88); Yill., I, 136 : — propr. coffre. Association d'idées obscure.

ARQUEPINCER, saisir vivement, J. 18/19, *• 2°° ! vid» H« 112, propr. pincer au demi-cercle. Terme passé dans le baslangage, II, 218.

ARQUIN 1 saint), v. archequin.

ARQUIN, narquin, soldat vagabond, propr. archer, M y st. Chr., I, 279, 281, 289. Le mot est encore vivare en provençal, où arquin désigne le soldat libertin ; cf. it. arcaclore, trompeur (z= archer. ) \ . narquois.

ARRACHER DU CHIENDENT, chercher occasion de voler, J. 18^9, I, 200. L'expression, d'origine vulgaire, fait allusion à l'extrême difficulté de détruire cetle plante qui fait le désespoir des cultivateurs.

ARRONDIE, montre (?), II, 76.

ARSONNER, 1° Ta ter, fouiller, Litt., II, 19G; 2° (s'), se maslurber, Vid., Il, 112. V. arçonner.

ARSOUILLE, ivrogne. 11, 62-63. Bas-langage.

[ARTIE , épée r= astic, II, 57.

ARTIE, pain, J. 1628, l, 191 (artye); Kesp., I, 202, 254; Granv., I, 329. Forme francisée d'mion.

ARTIF, artifaille, pain, ChaulT., Il, 9.") ; Vid., II, 139 (lartif); J. 18/19, ï» 209 (l'«r/(/', ration de pain). Formes amplifiées du précédent, répondant au synonyme artife des argots espagnol et portugais

ARTIME?Ue, I, i/j5.

ARTIS, 1° Pain, B., I, 172 (cf. I, 76); Vie»* I, 167; 2° (et larty) nom du jargon aux \vie-xvir siècles, I, 5g, ainsi appelé d'après un des termes les plus usuels de cette langue secrète.

ARTOIS, pain, Me, I, i5i, i65. V. arion.

ARTON, pain, Coq.. I, 197 ; Vill., I, i38 ; Granv., 1, 329. C'est la plus ancienne forme de ce mot, reflet du grec ancien àîpxov, introduit dans le jargon par les escoliers desbauchez, I, 5i. J'en ne savant qu'on trouve dans tous les argots romans : germ. et calao, arlon ; fourb., artone. Par l'intermédiaire des gueux, ce mot a passé dans le bas-langage, parisien et pro-

vincial, II, 318, et ailleurs l. Les variantes multiples témoignent de la fréquence du mot. V. larton et ses dérivés.

ARTOS, pain, 1, 76. Forme attestée exclusivement dans des documents en dehors du jargon, I, 75. — [pays], I, 75.

ARTOUPAN, garde-chiourme, Doc, II, 193; - prov. artoupan, terme injurieux, dans le Gard (Mistral) ; Lyon, artou/mn, vaurien, forme amplifiée d'arté, rusé, artificieux (de Puitspelu).

ARTY FOIGNANT, m..., B., I, 172, litt. pain fangeux. V, /oignant.

ARUANT? Vill., I, 124. — [folâtrant], II, 30.

ARVES? Vill., I, i37. — [facétieux], II, 36. - [dupe], IL 58.

ASPIC, médisant, aspiquerie, médisance, Vid., II, 112 : la langue du médisant est venimeuse comme celle de l'aspic.

ASSEGIS? Vill., I, 128.

ASSIEGER? Vill., I, i3o.

ASSIS? Vill., I, 122, 128, i3i ; Myst. Ghr., I, 282.

ASSOSÉ? Vill., I, 129. — ASTES? Vill., I, i3o.

ASTIC, épée, Granv., I, 329 — J. 1728-1849, I, 200 ; — cf. Languedoc, asticot, rapière, épée rouillée.

ASTICOT, vermicelle, Vid., II, n3. Allusion de forme.

ATILLES, testicules, J. i836, I, 200, propr. boudins, mot poitevin, I, 184.

ATOUSER, encourager, Vid., II, 11 3, propr. donner l'atout.

ATOUT, 1° Courage, J. 1849, *• 2°° î 2° Estomac, Vid., Iï, n3. Images tirées du jeu de cartes.

ATTACHE, boucle, Granv., I, 329 = J. 1728-1849, I, 200; Chauff., II, 90 ; Vid., II, n3, 179, i83.

ATTIGER^ 1° Blesser, J. 1849, l 2°° '•> 2° Torturer, Gloss., II, 168. Ce mot donné par d'Hautel au sens de meurtrir de coups, I, i43, est encore usuel, II, 218. V. aqaiger.

ATTIGEUR, bourreau, Gloss., II, 168.

ATTIGNOLES, boulettes, II, 33. Bas-langage.

[ATTIQUE] sr altèque, II, 57.

ATTRIMER, 1° Prendre, c'est-à-dire voler, propr. prendre en cheminant, Vie, I, i46, i5i ; J. 1628, I, 191, 225 ; Granv., I, 329; 2° Prendre, au sens général et figuré, Resp., I, 2Ô4, a57, 2Ô3 ; J. 1660, I, 227. V. trimer.

1. Diez, dans son Dictionnaire étymologique (t. II, p. 208) cite en italien artone, pain (Veneroni), et les variantes espagnoles artalejo et artalete, même sens — tous termes de jargon, ainsi que le basqiu artoa, pain de maïs, auquel Diez fait remonter la série.

GLOSSAIRE ETYMOLOGIQUE 277

ATTRIMEUR, larron. Vie, I, 166.

ATTRIMOIS AMBIANT, brigand, Vie, I, 166, propr. voleur des grands chemins. V. ambiant.

ATTRIQUER, acheter des effets volés, Vid., II, n3; — Houergue. atri<-<\. achalander, assortir (Mistral).

ATTRISTÉ (?), voleur de nuit, II, 4a, 44.

ATTROLER, apporter, J. 1628, I, 245, et 1660, I, V,<>; Mesp.,

I, 161 . V, troler.

AUBEFLORYE? Vill., I, i38.

AUBERT, argent, Coq., I, 97 ; Vie, I, i46; Myst., I, 373, 277 (à coté de la forme plus moderne, auber. Rat, I, 33g; Vid.,

II, 11 3, 179, i83), même mot que haubert, I, 26. Cet ancien terme de jargon est fréquent chez les écrivains des xvc- \\ r si (des, I, 20, ai, 2 5 1, et a trouvé de nos jours un dernier refuge dans le bas-langage, II, 17, 218-219.

AUBION, bonnet, Vie, I, i45, mot tiré d'aube, vêtement blanc. V. hubion.

AUDINAS? Vill., I, i37.

AUMONIER, escroc-voleur, Vid., II, n3. Cf. abbesse. AUNÉE (?), douzaine. II, 58.

AUSEIGNOT (?), auxiliaire, II, 49.

AUTAN, grenier, Vid., II, n3;J. 18^9, I, 209, et Granv.2,

I, 333 (haut-temps) : — cf. it. altana, belvédère. AUTOR(d), d'autorité, J. 1849,1,200; Vid., II, n3. X.achar. AUZARD, âne. Vie, I, 166 ; — prov. asard, gros âne. AVALE-TOUT-CRU, voleur de diamants qui parfois les

avale, Vid., II, 11 3.

AVALOIRE, gosier, Vid., II, n3. Bas-langage : « Il a une belle avaloire, c'est-à-dire une grande gorge ou grand gosier » (Oudin, i64o) ; et : « Avaloire, gorge, gosier, terme burlesque et bachique » (Ph. Le Roux, 17 18). Le mot se lit déjà dans la Comédie des proverbes, acte II, se. 3 : « Gela passe doux comme du lait ; mais je pense que tu es fils d'un tonnelier, tu as une belle avaloire. » V. Angoulème.

AVANT-COURRIER, mèche anglaise à percer, J. 1849, 1, 200.

AVERGOT, œuf, J. 1628, I, 191, 197 ; Granv., I, 329 ; Vid.,

II, u3. Origine inconnue.

1. Aussi sous les variantes : haubert, I, 21, et aulbert, I, 3(j. Celle d'albrrt, que Godefroy cite d'après Le Duchat, doit être corrigée en aubert (cf. I, 275).

AVITRER DANS LE SAC, déménager par la fenêtre, Gloss., II, 175, c'est-à-dire par la vitre.

BABANQUER (?), vivre, II, 46, 48.

BABIGNER, babiller, avouer, Vill., I, 123, inconnue en dehors du jargon.

BABILLANDIER, libraire, J. i836, I, soi. V. babillard.

BABILLANGIER, fréquentatif de babiller, Vill., I, i35, i38. Le suffixe angier est fréquent dans les Ballades en jargon (cf. adragaangier, hornangier).

BABILLARD, 1° Confesseur et ministre protestant, J. 1628, I, 192, 228, et 1C60, I, 227 ; 2° Livre, Granv., I, 329 = J. 1728- 18^9, J' 30I< 348 ; Vid., Il, n3 (cf. 17); 3° Libelle, pétition, Doc, 11, i83. V. babiller.

BABILLARDE, lettre, Granv., I, 329 = J. 1728-1849, I, 201 ; Rat, 1, 339; Vid., Il, n3. Encore usuel, 11, 219.

BABILLER, 1° Bavarder, avouer, Vill., 1, 124, i35 ; 2° Lire, J. i836, I, 201, 248 ; Vid., Il, n3. En ancien français, babiller veut dire « bégayer » ; le sens moderne n'est pas attesté en littérature antérieurement au xvic siècle.

BABINAGE, aveu, Myst. Ghr. I, 282. V. babigner.

BABOUE, jeu de dés, Vill., I, 137. Le nom qui n'est pas attesté antérieurement, figure, à côté de fins, parmi les passe-temps de Charles Vill (v. Gay), et on le lit, au début du xvr siècle, dans La Diablerie d'Eloi Damerval, p. 3o : Encores à d'aulcuns jeux de sort, Comme à la baboue et aux tables.

Rabelais le mentionne ensuite parmi les jeux de Gargantua.

BACCHANTES (?), favoris, barbe, 11, 53.

BACHASSE, galères, travaux forcés, Rat, 1, 33g ; J. i83C, 1, 201 ; Vid., Il, n3, 189 ; — prov. bachasso, bac qui sert à franchir les torrents débordés. Les galères devinrent une peine sous François 1er; elles furent remplacées en 1748 par les bagnes.

BACHE, enjeu. Vid., II, n3, forme abrégée de bachot, propr. batelet : faire les bâches, même sens que bachotter.

BACHOTTER, tricher, dans une partie de billard, Vid., Il,

GLOSSAIRE KT\MO LOGIQUE 27c)

11 S) propr. mener dans un bachot, petit bateau plat, c'est-àdire mystifier, II, io4.

BACHOTTEUR, tricheur au billard, Vid., II, u3.

BACLER, fermer la porte, Granv., I, 329 = J. 1728-1849; Vid., 11, u3. En français, ce sens est aujourd'hui sorti d'usage (cf. II, 17).

BACON, porc, J. 1G28, I, 192, 229, et 18^9, I, 201 ; Granv.,

I, 329 ; — dial. baron, lard.

IBÀGAFE, bagafre] = bayafr, Litt., II, 78, 201. — [argent monnayé], II, 78. r

BAGOU, nom propre, Rat, I, 33g ; J. i836, I, 201 (bagoul) ; Vid., II, u3 ; — propr. loquacité (attesté en français, avec ce sens, dès le xvuie siècle) : le nom propre est conçu par les malfaiteurs comme un bavardage compromettant.

BAGOULER, nommer, J. i836, I, 201, propr. bavarder.

BAGUE, nom propre, Vid., II, n3. Abrégé de bagou.

BAIGNEUSE, 1° Tète, Granv. 2, I, 3ag ; Gloss., II, 1(35; J. iS'ig, I, 201; 2° Chapeau de femme, Vid., II, n3, 160, propr. coiffe de baigneuse.

BAILLOQUIR (?), regarder, II, 58.

BAIN DE PIED (prendre un), se noyer, Gloss., II, 170 : aujourd'hui être déporté dans une colonie pénitentiaire. V. laver.

BAITE, maison, Vid., II, 102, n3, 188; — prov. bailo, hutte '.

BAJOTER (?), jacasser, II, 7.*). Probablement coquille pour jabolrr.

BALADE, escroquerie, Coq., I, 9G : « Le confermeur de la balade, c'est celuy qui vient après le baladeur. » Dans le fourbesque de la même époque, rimbeccare la ballala signifiait répondre à propos (Pulci).

BALADER, ballader, 1° Mendier, J. 1628,1, 192, 22G, a4i ; 2° Flâner, Aid., II, n3, avec ce sens passé dans le bas-langage,

II, 219 ; 3° Choisir, chercher, Vid., II, n3, c'est-à-dire muser, perdre le temps. Le sens initial du mot est chanter des ballades :

De balader, j'ay beau loisir, Autres deduiz me sont cessez, Prisonnier suis, d'Amour martir :

Ilelas ! et n'est-ce pas assez ?

(Ch. d'Orléans, éd. d'IIéricault, t. I, p. 50).

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