Voir Anjot Ancien, p. i/i3 et
■2. Le Dictionnaire de Trévoux, en citant ce mot de jargon, I, 77, le rend à tort par « ouvrir » : il est exactement expliqué chez d'Hautel, II, 17.
BRIFFER, manger, J. 1628, I, 219; — anc. fr. briffer, manger avidement.
[BRIGANTE] ç= bringeante, J. 1849, J> l8G> 2°2- [BRIGEANTS] = bringeants, J. 1849, *• l86' ao2- BRIMARD, bourreau, Vie, I, 166 (cf. I, 3o8), celui qui punit avec la brime, mèche de fouet et petite branche (avec ce double sens dans le Bas-Maine), répondant au synonyme espagnol verdugo, baguette et bourreau. — [briseur], II, G8.
BRINGEANTE, perruque, bringeants, cheveux, J. i836, I, 202, semblables à des brins ou tiges (sens de bringe, dans le Bas-Maine).
BRIQMAN, sabre de cavalerie, J. 1849, I. 202; Granv.2,
I, 33o ; II, 106. Même mot que briemont, briquet. BRIS?Vill.,I, 123.
BRISANT, vent, Vid., II, 119, propr. brise.
BRISER, escroquer, briseur, escroc, brisure, escroquerie, Vid., II, 119. Les briseurs sont des Auvergnats qui achètent des marchandises neuves, et qui les brisent pour les revendre ensuite à la ferraille comme marchandises d'occasion (Virmaitre).
BRISSART, caissier, Vie, I, i52, i53. Origine inconnue.
BROBÈGHE, liard, Vid., II, 119. Origine inconnue.
[BROBUANTE] — broquante, J. 1690, I, 192.
BROC, v. broque.
BRODANCHER, 1° Broder, Vid., II, 119; 2" Tatouer, Litt.,
BRODER, écrire, Vid., Il, 119, 191 ; Gloss., II, 170. Allusion (ici ironique) à l'écriture perlée et parfaitement formée : « Cette princesse vous écrit de sa belle écriture ; elle m'a montré la belle écriture qu'elle vous a brodée, » lit-on dans une lettre de Madame de Sévigné du 24 juillet 1680.
BRODERIE, écriture, brodeur, écrivain, Vid., II, 119.
BROQUANTE, bague, J. 1628, I, 192 ; Granv., I, 83o, sens de braquant, brocant, dans la vieille langue, I, i38, 269.
BROQUANTE, 1° Troc, J. i836, I, 202; 2° Chose de peu de valeur, J. 1849, *» aoa '- — Picard, broquantes, objets que vendent les brocanteurs (Berry : menus meubles, objets de peu de valeur).
BROQUANTER, troquer, J. i836, I, 202. Français.
BROQUE, liard, Vie M, i46, 166; J. 1628,1, 192, et i83G, I, 202 (cf. 2i5: six broques, va-t-en) ; Resp., I, 25i ; Chauff.,
GLOSSAIRE ETYMOLOGIQUE 2Ç)<fr
II, 94 (broc); Granv.8, I, 33o(broc); Gloss., II, 168; — Picard, hroque, broche (cf. en français, broche, petite valeur commerciale). Mot passé dans le bas-langage, II, 223-22^.
BROQUILLE, 1° Bague, J. i836, I, 202; Vid., II, 119, propr. petit bijou ; — Picard, broque, épingle, broche ; 2° Minute, J. 18^9, !» 2°2 '-> Vid., II, 119 ; — propr. petite broche, allusion au petit signe indiquant la minute sur un cadran. Mot encore usuel (Hayard, Ilossignol).
BROQUILLEUR, voleur de bijoux, Vid., II, 119.
BROUÉE, fouet, volée de coups, Granv., I, 33o = J. 1728- 18^9, T, 192; — propr. bruine (cf. I, 278).
BROUER, marcher, s'en aller, Vill., I, 122, 128, i33; Myst.r I, •>.-(), ■>.-'*, 290; — mov. fr. brouer, s'enfuir (Molinet).
BROUILLOTTE(?), nuit, II, 75.
BRUANT, tonnerre, Vie. I, 166, propr. bruyant.
BRUGE, serrurier, brugerie, serrurerie, Vid. II, 119, propr. venant de Bruges (cf. en français, dinanderie).
BRULARD, maréchal ferrant, Vie, I, 160 (bruslart) : il applique le fer chaud sur la queue coupée du cheval.
BRULE, double liard, B., I, 73 (bruslé) : d'après son aspect rouillé.
BRULE, suspect, reconnu, Gloss., II, 169. V. brûler.
BRULER, 1° Dénoncer, Vid., II, 119; 2° Déjouer, J. 18^9, I, 202. Terme de joueur.
BRUNE, nuit, B., I, 173 ; Chauff., II, 93, répondant au synonyme fourbesque brima. Mot passé dans la langue générale, I, 173.
BRUTAL, noir, en parlant du pain, Chauff., II, 93 ; J. 18^9, I, 209 ; Gloss., II, 170 ; — propr. brut : cf. en français, marbre brut, sucre brut.
BRUTUS, Bretagne, J. i836, I, 202. — Mot déformé. La Bretagne était une des patries des voleurs.
BUCHE PLOMBANTE, allumette, Vid., II, 119, propr. brin de bois sentant mauvais.
BUQUER, voler dans une boutique en demandant de la monnaie, Vid., II, 119, propr. frapper (sens du mot en picard), c'est-à-dire faire un coup.
BURLIN, bureau, Vid., II, 119, 191. Mot déformé.
BURLUT (?), moine, II, Go.
BUSARD ? Vill., I, i38.
BUSTINGUE, hôtel garni où couchent les bateleurs, J. i8/4g,
I, 202. Origine inconnue.
BUTRE, plat, J. i836, I, 201. Origine inconnue.
BUTTE, guillotine, J. 1849, '. 2°3 î Granv. M, 33o ; Vid.,
II, 119, 186; — propr. petit tertre, échafaud.
BUTTER, 1" Guillotiner, Granv.2, I, 33o; 2° Tuer, J. 18^9, I, 202 ; Vid., II, 119.
BUTTEUR, bourreau, Vid., II, 119.
C, 1° Bon, légitime, au lieu de ce, Litt., II, 196 ; 2° Imbécile, Granv. 2, I, 33o, c'est-à-dire bote comme un c...
GABE, chien, Vid., II, 119. V. cabot.
CABERMONT, cabaret, Vid., II, 119. Mot déformé.
CABESTAN, officier de paix, Vid., II, 119, 188. Appellation qui rappelle celle de justice, roe ou roue, dans l'ancien jargon.
CABLER SUR LA BESTORTE ? I, 3o4, 3o6.
CABOT, chien, Vid., II, 119, propr. chien de petite taille. Mot d'origine dialectale.
CABOT FERRÉ, gendarme, II, 106, propr. chien ferré, appelé jadis chien courant et lévrier du bourreau (Oudin).
CABRIOLET, hotte de chiffonnier, Vid., II, 119. Ironie.
CACHEMIRE D'OSIER, même sens que le précédent, J. 18/49, I' 2°2 *' Granv.2, I, 33o ; Gloss., II, i65. Appellation facétieuse : la hotte et le chàle de cachemire se mettent également sur le dos.
CACHEMITTE, cachot, J. 1849, L 2oa î Granv., I, 33o, propr. cachette, sens du mot dans le Berry et le Bas-Maine.
CADÊNE, chaîne de cou, Vid., II, 119, jadis chaîne de forçat, Gloss., II, 169. Mot d'origine méridionale, II, 101.
CADET, pince de voleur, J. 1849, I, 202; Granv.*, I, 33o ; Vid., II, 119. Môme métaphore dans la germania : mozo, crochet (= garçon).
CADICHON, montre et ballot, Vid., II, 119, propr. cadet (sens du mot en berrichon).
CAFARDE, lune, Vid., II, 119: elle se cache derrière un nuage et semble espionner les voleurs.
CAFARDE, tasse, J. i836, I, 202 ; — cf. Genève, caffe, casserole.
GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 3oi
CAGE, prison. LUI.. Il, ><>.?; cage à fourches, omnibus, Litt., II. »<4.
CAGETON, banneton, J. i836, ï, 2o3, c'est-à-dire petite banne OU corbeille. — [hanneton], J. i84o, I, 186, ao3.
CAGNARD, autre nom du gueux, I, i£l, appelé aussi cagnardier, I, 39, d'après le cagnard, son séjour favori, I, 271, ce dernier mot conservé par les marins et le bas-langage. En Languedoc; cagnard désigne l'endroit abrité contre le vent, où l'on va prendre le soleil.
CAGNE, cheval, Vid., II, 120, propr. rosse, sens dialectal de cogne (primitivement chienne).
[CAGNE] —cogne, II, 57.
CAGOU, lieutenant du grand Goesrè et représentant d'une province dans le royaume de l'Argot, chargé d'enseigner aux apprentis-voleurs les subtilités du métier, Vie, I, i5i, 106 ; J. 1628,1, 191, 220 (cf. 56, 229), 2^2; Granv., I, 33o. C'est le voleur solitaire, proprement le ladre ou le lépreux (simulé), sens de cagoa on français, dès le xve siècle, I, 48, 07, 77 *.
CAGOUTISE, dignité de Cagou, J. 1628, I, 343.
CAILLASSE, pavé. Gloss., II, 172, propr. cailloux.
CAILLÉ, poisson, Vid., II, 120, 121 icayéi, propr. pourvu d'écaillés, répondant au synonyme fourbesque scaglioso.
CAIRE, argent. Coq., I, 97; Vill., I, 126; Myst. Pass., I, 27.3; — propr. effigie, synonyme du moderne face, I. 8&. On lit ce mot de jargon dans une ancienne farce, I, 22, et fréquemment chez Guill. Coquillart 2, mais il semble
1. On lit L'agous dans la liste des voleurs parisiens de nos jours, liste dressée par Hogier-Grison (v. ci-dessus p. 283), et ce nom, sorti d'usage depuis au moins deux siècles, ressuscite dans deux autres passages de son livre (p. 3o et a38) : « Cagou engonseur, voleur travailhuit seul... La souris (jeune voleuse) vient faire son rapport au eagoût (sic), au maître des voleurs ». Cette trouvaille a été consignée par Larchey et H. -France.
». Surtout l'expression mince de caire, synonyme de pauvre, éd. d'Héricault, t. 1, p. i'|5:
Tant est povre et mince de caire...
à côté de :
Mince d'argent et mince de pécune.
Cf. Le Catholicon des Maladviscz, de Laurent Des Moulins (dans Montaiglon, Recueil, t. XI, p. 3n) :
Qui sont les gens qui sont minces de caire Et qui trouvent le temps présent amer ? Les paresseux.
Le mot avait disparu, mais l'expression traditionnelle lui avait survécu.
avoir disparu à la fin du xvc siècle. — [aisance], II, 77.
CALABRE, teigne, J. i836, I, 2o3. V. callot.
CALEBASSE, tête, II, 10G. Bas-langage.
CALÊGE, femme entretenue, Vid., II, 120, propr. calèche : •cf. prov. calecho, femme importune (r= calèche).
CALETER, s'en aller, se sauver, Litt., II, 196; — tiré de -caler, reculer, du bas-langage. V. callancher.
CALEUR (?), garçon, II, 27, 28. Le mot désigne, dans le bas-langage, le garçon du marchand de vin, et répond au Norm. caleux, fainéant.
CALLANCHER, mourir, Gloss., II, 172, de caler, baisser les voiles, s'enfoncer dans l'eau : image nautique usuelle (Rossignol).
CALLE, tête, J. 1G28, I, 218, propr. calotte (sens du mot en moyen français).
CALLOT, 1° Teigneux, J. 1628, I, 2o3, 224, dérivé du précédent : la teigne couvre la tète comme une calotte ; 2° pi. Callots, les teigneux ou faux teigneux, classe de gueux feignant d'être affligés delà teigne, J. 1628,1, 224 (cf. I, 323).
CALOQUET, chapeau, J. 1849, I, 2o3 ; Granv.2, 1, 33o ; Vid., II, 120. Mot du bas-langage, donné par d'Hautel et représentant une prononciation vulgaire de calottet, diminutif de calotte.
CALOT, 1° Coquille de noix, Vid., II, 120; 2° Dé à coudre, Vid., II, 120; 3° pi. Yeux, Gloss. II, 172 ; — Poitou, calot, coquille de noix, d'où dé et œil rond, par ressemblance de 4brme.
CALVIN, raisin, J. 1628, 1, 192, 226. Origine inconnue.
CALVINE, vigne, J. 1628, 1, 192 ; Resp., I, 262; Granv., I, 33o; Vid., II, 120. V. calvin.
CAMARDE, la mort, Granv., I, 33o = J. 1728-1849, t, 2o3 : l'absence du nez donne à la face d'un squelette un aspect hideux.
— [la garde, la police], Gloss., II, 172.
CAMARO, camarade, Doc. II, 193. Abréviation.
CAMBOLA (?), épileptique, II, 81. Le verbe camboler, tomber, du bas-langage, est d'origine dialectale.
CAMBRE, chambre, Gloss., II, 1G9. Forme picarde.
[CAMBRIEUX] = combricu, J. i8',9, I, 2o3.
CAMBRELINE, chambrière, Chauff., II, 91.
CAMBRIOLE, chambre, Rat, I, 339; Chauff., II, 91 ; J. i83G, I, 2o3 ; — Picard, cambriole, petite chambre. Mot passé dans le bas langage, II, 17.
GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 3o3
CAMBRIOLEUR, voleur de chambre, Vid., II, 120. Mot devenu populaire, ainsi que son dérivé cambriolage.
CAMBRIOTE, même sens que cambriole, Doc, II, 180, 18 1.
CAMBROUSE, servante, J. 1G28, I, 193, 319, a3o, 233; (iranv., I, 33o : Chauff., II, 91 ; — prov. cambrousso, femme de chambre.
CAMBROUSE, 1° Campagne, Doc, II, 191 ; 2° Province, Vid., II, 120, 193 ; — prov. cambrousso, cambuse. Le mot a désigné tout d'abord la baraque du forain et puis l'endroit où elle se trouvait. Terme de saltimbanque, passé dans le bas-langage, II, 224.
CAMBROUSIER, 1° Marchand forain, Vid., II, 120; 2° Paysan, provincial, J. 1849, I, 2o3; 3° Voleur de campagne, Vid., II, 120 (cf. 22^).
CAMBROUX, domestique, Ghauff., II, 91 ; J. i836, I, 2o3 ; Vid., II, 120 ; — prov. cambrous, valel.
CAMELOT, marchand ambulant, le survivant de l'ancien coesmelot, Vid., II, 120. Mot devenu populaire, II, 224.
CAMELOTE, 1' Marchandise en général, Chauff., II, 93 ; J. i83C, I, 2o3 ; 2° Marchandise volée, Rat, I, 33g, 34o ; J. 1849, I, 2o3 ; Vid., II, 120. Terme depuis longtemps populaire, II, 18, 224.
CAMELOTER, marchander, J. i83G, I, 2o3, verbe noté comme « narquois » déjà par Oudin, II, 224.
CAMELOTTE, sperme, Aid., II, 120 ; — cf. H.-Maine, camelotte, mélange d'aliments et d'engrais (diminutif de coueme, crotte).
CAMERLUCHE, camarade, Doc, II, 192, ig3.
CAMOUFLE, chandelle, J. i84g, I, 2o3 ; Granv. », I, 33o ; Vid., II, 120 ; Gloss., II, iG5 ; — tiré de camouflet. Mot devenu populaire, II, 224.
CAMOUFLER, déguiser, camouflement, déguisement, J. 1849, I, 2o3 ; Vid., II, 120 ; — propr. enfumer ou rendre méconnaissable parla fumée. Encore vivace, II, 225.
CAMOUFLET, chandelier, Vid., II, 120, propr. fumée qu'on souffle sous le nez dans un tuyau de papier en forme de chandelle.
[CAMPER0USSE1 = cambrouse, I, 18G.
[CAMPLOUSE] = cambrouse, J. i83G et 1849, *. l86> 2o3 *» Litt, II, 204.
[CAMPLUCHE] = cambrouse, I, 186.
3o4 GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE
CAMUSE, carpe, J. i6a8, I, i92;Granv., I, 33o, au nez camus.
CAN (le grand), le grand prévôt, Vill., I, 123, propr. le Kan des Tartares i dont le nom devint synonyme de chef2. In des Goquillards est désigné comme « le grant Caym de la crocheterie », 1, 412.
CAN, canon ; à la tête du can, devant tout le inonde, Litt., II, 198, c'est-à-dire (boire) le premier chez le marchand de vin. Bas-langage.
CANAGE, agonie, Vid., II, 120. V. caner.
CANAPE, rendez-vous des pédérastes, Vid., II, 120.
CANARD SANS PLUMES, nerf de bœuf, Vid., II, 120. Terme de bagne.
CANELLE, Gaen, Vid., II, 120, 191. Déformation.
CANER, agoniser, mourir, Vid., II, 120, 188, 190, propr. faire la cane ou le plongeon.
CANICHE, ballot carré à oreilles, Vid., II, 120, comme celles du caniche.
CANNE, 1° Bâton et métier de vagabond, Vid., II, n3, 120 ; 2° Surveillance de la haute police, J. 1849, I, 2o3 ; Gloss., II, 172 ; casser sa canne, rompre son ban, Doc, II, 193.
CANONNIER (?), cambrioleur, II, 42, 43, 44-
CANTON, prison, J. 1628, 1, i93 ; Granv., I, 33o; Rat, I, 33g ; Chauff., II, 93 ; Vid., II, 120 ; — propr. coin (sens du mot dans l'ancienne langue).
CANTONADE, coin de rue : bailler la cantonnade, prendre un autre chemin, Coq., I, 98 ; — Languedoc, cantounado, angle d'une maison, coin de rue.
CANTONNIER, prisonnier, J. 1628, I, ig3 ; Granv., I, 33o ; Rat, I, 34o ; Chauff., II, g3 ; Vid., II, 120. V. canton.
CAPAHUT, fameux brigand de la bande des Chauffeurs des environs de Paris qui avait l'habitude d'assassiner ses com-
1 . Voici deux textes du xv" siècle : Gille Le Bouvier, Le livre de la description des pays, éd. Dr. Hamy, Paris, 1908, p. 77-78 : « Joignant de ce païs [la Perse] devers le soleil levant est le païs du grant Can de Tartarie. Ce Can est le plus grant et le plus puissant de seigneurie et de terre de tous les Sarazins ». Et le Mystère de Saint Bernart de Menthon (Soc. des Ane. Textes, p. 83) :
Ha ! aha ! aha ! ores orrez :
Le grant Gain a pris Babiloinne.
2. A propos du comte Salisbury tué au siège d'Orléans (Vigiles de Charles VIII, dans Lacurne) : « Car c'estoit le grant caem et maistre... »
GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 3o5
pi ires pour s'approprier leur part de butin ; de là escarper à la Capahut, J. 1849, [, 206, ou sauter à la Capahut, assassiner von complice, Vid., II, 1.7.
CAJPAHUTER, assassinera la Capahut, Vid., II, lai.
CAPE (?), écriture, J. i836, I, 208. Mot fictif. V. capon.
CAPELOU, un carolus, J. 1728, I, n)3, et i836, I, ao3.; — propr. chevreau (dans les patois), d'après l'effigie.. V. câpre.
CAPINE (?), écritoire, J. i83G, I, ao3.
CAPIR (?), écrire, J. i830, I, ao3. Mot fictif. V. capon.
CAPITAINE, agioteur, Vid., II, 121. Mot déformé décapitai. d'où capitainage, agiotage, capitainer, agioter, \ id., II, 121.
CAPON, 1' Filou, chenapan, propr. chapon, par allusion à ses ergots : « Les gueux ont mis au net un pauvre prêtre... ils l'ont escamotté et agrijfé arec leurs argots de chapon », lit-on dans la « Comédie des proverbes » (acte III, se. iv). Le mot a passé avec ce sens dans le bas-langage, I,. 5a; II, •>•>."> : 2° Ecrivain, Granv., 1, 328, 33o ■= J. 1728-18/19, I, 2o3 : coquille de sens (écrivain pour échevin) qui a produit plusieurs dérivés fictifs, I, 22O ; 3° pi. Capons, classe de gueux constituée de filous, de tricheurs et de voleurs, J. 1G28, I, 226 (cf. 323), et 1690, I, 235 (Chappons). Dans le fourbesque. Accaponi désignent les gueux couverts de fausses plaies, que le jargon appelle Malingres, I, 54.
CAPORAL, coq, Chauff., II, 91. Appellation facétieuse commune à la germania et au rotwelsch. V. corporal.
CAPRE, carolus, J. 1628, I, 193, propr. chèvre (dans les patois), d'après l'effigie.
CARANT, planche, J. i836, I, 2o3. Mot induit du suivant.
CARANTE, table, Chauff., II, 94, 95 (charante) ; J. i836, I, 2o3 ; Vid., II, 121 ; — propr. carrée. Mot encore usuel : Hayard, p. 8, 28 (quarante).
CARAS ? Vill.,1, i38.
[CARBELUCHE GALUCÉ], chapeau de soie, J. 1849, T, 2o3, pour combre galuché.
CARCAGNO, usurier, Vid., II, 121, propr. charogne; — cf. Berry, carcagnolle, mauvaise viande de boucherie.
CARDEUIL, v. quart-d'œil.
CARDINALE, lune, Vid., II, 121, propr. la rouge, couleur de l'habit des cardinaux. Terme des voleurs des provinces du Nord.
CARE, carre, 1° Cachette, Gloss., II, 175 ; mettre à la carre,
Les Sources de l'Argot Ancien, t. II. 20
3oG GLOSSAIIIE ÉTYMOLOGIQUE
mettre de côté, J. i84g, T, ao3 ; 2" Boutique : le vol à la care se l'ail en changeant de monnaie dans une boutique, A id., II, i9i ; — anc. fr. et dial., care, carre, cache! te.
CARER, carrer. 1° Cacher, J. 1849, 1, sk>3 ; Gloss., IlMi72 ; 2° Voler à la care, Vid., II, tai ; 3° Economiser, Litt.. 11, 20G.
GAREUR, carreur, voleur à la carre, Vid., II, lai. Les carreurs se composent de broquilleurs, de batteurs de dig-dig et d' avale-tout-cru (v. ces mots) ; il y a aussi des càreuses (v. Rossignol).
CARGE. balle, J. i83G, I, ao3, propr. charge. Forme picarde.
CARIBENER, voler à la care, Vid., II, 121 ; — tsigane, karibenn, même sens : mot hybride formé de care et de la finale tsigane benn. La majorité des careurs étaient Bohémiens, hommes ou femmes, II, 7.
CARIEUX ? Vill., 123, i3o (et carrieux, corrieux).
CARLE. argent monnayé, Vid., Il, 121, 192, c'est-à-dire carolus, ancienne monnaie frappée sous Charles VIII ; — cf. fourb. carlo, denier. — [gravier], II, 77.
CARLINE, la mort, Vid., II, 121, propr. femelle du carlin, au nez camus. V. camarde.
CARME, 1° Pain blanc, J. 1G28, I, 192, 243, propr. carme, moine, par allusion à la blancheur de son vêtement ; 2° Argent, pièce de monnaie, Gloss., II, 172, 170 ; Doc, II, 194, c'est-à-dire argent pour acheter du carme (v. miction). Ce dernier sens a passé dans le bas-langage, H, 22a.
CARNE, viande gâtée, Vid., II, 121 ; — Berry, Anjou, carne, mauvaise viande.
CAROTTE (tirer une), obtenir par des mensonges des révélations d'un voleur, Granv.-, I, 33o ; Doc, II, 181. Expression déjà mentionnée dans un pamphlet de 1784 (v. Fr.-Michcl) comme terme policier, dérivé d'ailleurs du bas-langage : l'italien dit de même ficcar carotc pour « mentir ».
CAROUBLE, fausse clef, Granv. 2, I, 33o ; J. 1849, T< 9o3 : Vid., II, 121; Gloss., II, 1G0 (carrouble), mot identique au synonyme carreau, encore usuel. — [nuit], II, 71.
CAROUBLEUR, variété de cambrioleur, J. 1849. I, 2o3 (carroubleur) ; Aid., II, 121.
ICAROUSSE] = carouble, I, xi : II, 71.
CARQUOIS, hotte de chiffonnier, Vid., TI, 1 20. V. Amour.
GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 3o7
CARRE, carrer, carreur, v. care, carer, careur.
CARRÉ A OREILLES, ballot, Vid., II, iai.
CARRUCHE, prison, Resp. I, 253 ; J. 1G90, I, hj3, et 1700, I, 193 (caniche) ; Vid.. II, 121 ; — propr. cachette (v. care).
CÀRT DE CHARRUE, quart d'écu, J. 1628, I, i93, propr. le quart d'une charrue. V. roue de derrière.
CARTAUDE, imprimerie, J. i83G, I, ao3 ; — cf. cafte, pupier.
CARTAUDER, imprimer, cartaudier, imprimeur, J. i836;
[CARTONI = canton, I, 193.
CARTUCHE, prison, J. 1728, 1, iq3 ; — dial. carie, cartre, charlre, prison.
CARTUCIER, prisonnier, J. 1728, 1, 193.
CARUCHE, v. car ruche.
CARVEL {)), bateau. Il, 27, 28, 29.
CASCARET. écu de trois francs. Nid., Il, 121 ; — cf. Picard, cascaret, de chétive taille (influencé de casqaer, payer).
CASQUER, 1° Donner aveuglement dans tons les pièces, Vid.,
II, 121, c'est-à-dire tomber dedans, sens de Fit. cascare ; 2° Croire un mensonge, J. 18^9, I, 2<>3, sens encore usuel (Rossignol) ; 3" Payer à contre cœur, c'est-à-dire être attrapé, sens passé dans le bas-langage, II, 22a, 22G.
CASSANT, noyer, J. i83(5, I, ao3. Mot induit du suivant.
CASSANTE, 1 Noix, J. 1628, I, 192 ; C.ranv., I, 33o ; Vid., II, 121, répondant au synonyme sonante de la germania ; 2° Dent, Vid., II, 121, exposée à se casser.
CASSER, couper la bourse, J. 1G28, I, in3 ; Resp., I, 208 ; V ici. , II, 121 ; — propr. commettre une effraction.
CASSER, avouer, dénoncer, (îloss., II, 172 ; LUI., II, 200, c'est-à-dire casser la croûte, manger, par une association d'idées propres au jargon, II, io5.
CASSEROLE, dénonciateur, mouchard, J. 18^9, I, ao3 ; remuer la casserole, faire une fausse déclaration, Gloss., II, 17$. Jeu de mots fondé sur le verbe qui précède.
CASSEUR, 1° Coupeur de bourse, filou, J. 1628, I, 22G ; 2° Voleur avec effraction, J. 1849, I, ao3.
[CAST DE CHARRUE] = cart de charrue, I, 193, ao3.
[CASTI0N1 = caslrot, J. i836, I, 193, 2o3.
CASTROT, chapon, Vie, I, iG5 ; Granv., I, 33o ; J. 1728, I, 193, et 18/19, 1' 2°3 '■> — propr. châtre.
3o8 GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE
GASTU, 1° Hôpital, hospice, J. 1628, I, 190, 2s3, 232, 2^1 ; Granv., I, 33o ; Vid., II, 121 ; 2° Prison, Vid., II, 121 ; Gloss., II, 169 ; Doc, II, 191 ; — propr. château (prov. casleu), séjour des gueux de l'hostière, I, &a, 66. Les hospices étaient jadis de véritables prisons pour les gueux.
GAULXPVill., I, i32.
CAVALE, évasion, Gloss., II, 169 ; Doc, II, 193.
CAVALER (se), s'enfuir, J. 1849, I, 2o3 ; Vid., II, 121, propr. fuir comme une cavale. Mot devenu populaire, II, 22G.
CAVE, dupe, Vid., II, 121, propr. enfoncé, encore usuel (Rossignol). — [homme], II, 46,. 47.
CAVÉE, église, J. i836, I, 2o3, c'est-à-dire maison à la voûte profonde.
CAYÉ, v. caillé.
CAYON (?), caution, II, 108.
CE, 1° Argent, Rat, I, 33g ; Chauff., II, 91, 93 ; Doc, II, 179. i83 ; — abrégé de cercle (v. ce mot) : 2° (de) Exprime l'excellence ou la légitimité, Vid., Il, 121 ; LUI., II, 196. V. marque de ce, tout de ce.
CENTRE, nom propre, Vid., II, 122, 191, le point capital de l'état civil. Mot encore usuel (Hayard).
CENTROUSE, prison centrale, Litt., II, 2o5.
CERCLE, 1° Pièce d'or ou d'argent, Coq., I, 97, d'après la forme; 2° Argent, Vid., II, 122. V. ce.
CERCLÉ, tonneau, Vid., II, 122, pourvu de cercles, répondant au synonyme fourbesque cerchiosa.
CERF (se déguiser en), se sauver, Gloss., II, 172.
CERF VOLANT, femme qui dépouille les petits enfants dans un lieu écarté, Vid., Il, 122 : elle y vole comme un cerf-volant.
[CERT DE CHARRUE] 2= cart de charrue, I, 193.
CHAHUTER, faire tapage pour s'amuser, Vid., II, 122 ; chahuteur, tapageur ; — propr. crier comme un chat-huant (sens du verbe en vendômois). Bas-langage.
CHANGEANTE (?), lune, 11, 58.
CHAMRERTER (?), commettre des indiscrétions, II, 75.
CHANOINE, rentier, Vid., II, 122 : il jouit d'une prébende.
CHANTAGE, pratique du chanteur, J. 18^9, I, 2o3.
CHANTER, 1° Parler, sens commun au jargon, au fourbesque et à la germania1, Vill., I, 124, i3o; B., I, 174 ; 2 Ex-