‹ Les sources de l'argot ancienChapitre 114 sur 157 · V. Argot Ancien, p. 137 et 16B · texte numérisé non relu

V. Argot Ancien, p. 137 et 16B

2. Le mot se lit aussi chez d'Hautel, II, 18, qui donne en outre boulineur, filou, voleur.

assimilée au faux bourdon ou mâle de l'abeille. Les cochers el les charretiers appellent bourdon un mauvais cheval (Rossignol).

BOURGEOIS, bourg, J. iSMo, I, 202. Mot déformé.

BOURGEOIS, maître, Litt., II, 200. Bas-langage.

BOURGUIGNON, soleil, Vid., II, 118, d'après la situation orientale du département de la Côtc-d'Or. répondant au piémontais. Lombard, soleil, la Lombardic se trouvant à l'orient de Val Soana ' ; ou simplement, par allusion au vin de ltourgogne. Nom d'origine vulgaire, propagé par les matelots"2.

BOURRIQUE, agent de police, Litt., II, 204, 200. Mot analogiquement calqué sur roussin (cf. roussin d'Arcadic) qui se rapporte à une autre origine. V. roussin.

BOUSGAILLE, boue, bouscailleur, balayeur de rue, Vid., II, 118 ; — prov. bouscalho, menu bois, broutille.

BOUSSOLE, tète, Vid., II. 118 : image nautique depuis longtemps vulgaire (d'IIautel).

BOUSSOLE DE SINGE, fromage de Hollande, appelé aussi boussole de refroidi, Vid., Il, 118, propr. tête de singe, tête de mort.

BOUTANCHE, boutique, J. 1628, I, 192, et J. i83C, I, 202 (boutange): Granv.. I, :>•«). V. courtaud.

BOUTERNE, boite de bijoux et jeu de dés pipés, bouternière, femme qui tient la bouter ne, Vid., Il, 118. Mot déformé de boite, d'où la forme boiterne, Gloss., II, 168.

BOUTIQUE (la grande), la préfecture, J. 18^9, I, 202. Ironie.

BOUTOGUE, boutique, Doc, II, 180.

BOUTON, 1° Dé, surtout chargé, Coq., I, 97 ; 2° Louis d'or, terme de maquignon, Vid., Il, 118.

BOUTROLLE, boutique, ChautT., II, 90. Mot déformé.

BOUYS, fouet, J. 1628,1, 192, et 1660, I, 240; Granv., I, 33o (bouis); Vid., II, 117; — propr. fouet de buis (dial. bonis).

BOUZOLLER, tourmenter, en parlant des intempéries, J. 1G28, I, 218. Mot tiré de bousole, diminutif de bouse.

BOUZON, tète d'arbalète, Vie, I, i5o. Origine inconnue.

1. Voir A rchioio glottologico itàliano, t. lit, p. 57: «Val Soana, lombard, sole, giorno, lombarda, luna. »

2. Cf. P. SébUlot, Le Folklore de France, t. I, p. 35 : « Les marins français ont donné au soleil le surnom de Bourguignon qu'il porte aussi en Poitou, même dans les contrées éloignées de la mer et en Wallonie. »

BOYE, bourreau de bagne, Nid., JI, 118, du rnoy. fr. baye, it. boja, comme plusieurs termes de forçats. Il, 101.

[BRAC] = bague, I, 33o ; II, 73, i65.

BRACELET, nom d'un tour de bâton, subtilité de gueux, Vie, I, i48.

BRACELETS DE SOIE, menottes, Chauff., II, g3. Ironie.

BRAILLARDE, caleçon, J. 1849, I, 202. Mot tiré de braie (cf. débraillé).

BRAISE, argent monnayé, Vid., II, 118, avec lequel on peut faire bouillir la marmite. Hébert, dans son Père Duchêne, appelait l'argent de sa subvention « la braise accessoire pour chauffer son fourneau ». Mot passé dans le bas-langage, II, 223.

BRANCHER, pendre, brancheur, bourreau, Vid., II, 118, 191, propr. pendre à une branche. Terme ancien qu'on lit dans le Myst. Ghr., I, 294.

BRANDILLANTE, sonnette, Vid., II, 118.

BRANLANTE, croix, Chauff., II, 91.

[BRANLE] = branque, Chauff., II, 90.

BRANQUE, âne, J. i836, I, 202; Vid., II, 118; — prov. branco, traînard.

BRAS, grand, brasset, gros, J. i836, I, 202 : le bras pris comme terme comparatif de longueur (cf. en français, brasse).

[BREBUANTE] = broquante, I, 192.

BRELOQUE, pendule, Vid., II, 118, propr. pendule détraquée (cf. battre la breloque).

BRÈME, 1° Carte à jouer, J. i836, I, 201 ; Granv. 2, I, 33o ; Vid., II, 118; brêmier, fabriquant de cartes à jouer, Gloss., II, io5; 2° Carte de police, Gloss., II, 172; — d'après le nom de ce poisson plat et court. Mot passé dans le bas-langage,

BRENICLE, rien, non, Granv., I, 33o = J. 1728 à 1849, 1. 202 ; Gloss., II, i65 ; — bas-lang. bernicle, rien (Ph. Le Roux).

BRETON, voleur, Coq., I, 96. Les Bretons avaient, dès le xive siècle, comme plus tard les Gascons, cette réputation fâcheuse, I, 8.4, 363-364-

BRIBE, pain mendié ou morceau de pain qu'on donne à un mendiant, dans l'expression jargonnesque assembler ses bribes !, Vie, I, i54 ; J. 1628, I, 229. Ce motde gueux se trouve

1. Cette expression de gueux est devenue proverbiale en français du xvi" au xvii° siècle. En voici quelques témoignages :

GLOSSAIRE ETYMOLOGIQUE >A)~

dans tous les argots romans (fourb. birba, aumône, germ. briba, gueuserie, etc.), d'où il a passé dans les langues littéraires de l'Espagne, de l'Italie et de la France1. Rabelais le cite tout d'abord dans quelques vers macaroniques qu'il met dans la bouche même de Villon, 1. IV, ch. un : « Arrivans à la cassine, de loing il [Villon] apperceut Tappecoue qui retournoit de queste, et leurs dist en vers macaroniques :

Hic est de patria, natus de génie belistra, Qui solet antique- bribas portare bisacco.

Sous sa forme, birbe, le même mot a repassé de nos jours dans le bas-langage, II, 321.

BRIGARD, escalier, .1. i836, I, 202, propr. escalier en briques.

BRICMONT, briquet, J. i836, I, 202. V. bviqman.

BRICULE, otlicier de paix, J. 18^9, I, 202. Origine inconnue.

BRIDE. 1° Chaîne de forçats qui partait jadis de Bicêtre poulies bagnes de Brest ou de Toulon, Vid., II, 119, 184 : avec la suppression des bagnes par le décret du 16 février 1802, la bride fut remplacée par la déportation dans les colonies pénitentiaires ; 2° Chaîne de montre, J. 18^9, I, 202 ; Vid., II, 119.

BRIDÉ (être), être ferré et prêt à partir pour le bagne, Vid., II, 1 19.

BRIDER, fermer une porte, J. 1628, I, 218, et 1G60, I, 2^0 ; Hat, I, .139 ; Granv., I, 33o (cf. II, 17) ; — c'est-à dire la retenir à l'aide d'une bride, lien ou anneau "2.

BRIDOU, liard, ChaufT., II, 92. Origine inconnue.

BRIDOU DE GAYETS, brideur de chevaux, Doc, II, 193, c'est-à-dire homme à la poigne dure.

BRIFAUDÉ, d'argent, Gloss., II, 176, tiré de brifauder, manger, par une association d'idées analogue à michon, pain et argent.

Henri Estienne, Apologie, éd. Ristelhuber, t. II, p. 3p : « il n'est vie que de coquins, quand ils ont assemblé leurs bribes. »

Comédie des Proverbes, acte m, se. 3 : a Pour moy, je trouve qu'il n'est festin que de gueux quand toutes les bribes sont ramassées. »

Oudin : « Amasser ses bribes, mettre ses bribes ensemble, c'est-à-dire manger de compagnie. »

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