II. 226. — chercher à savoir], II
CHARRIEUR, voleur avec effraction, J. 1849, I, 2o3 ; Vid., Il, 1»,
CHARRON, voleur, liât, I, 33g ; Vid., II, 122, propr. charretier, répondant au carretero, tricheur, de la germania.
CHARRUSICIER, prisonnier, J. 1690, I, 193 ; — lire de charruche (= carruche).
CHAS D'OCCAS, louche, J. 1849, I, 2o3, litt. œil d'occasion.
CHASSANS, yeux, Chauff., II, 94, 95. V. chasse.
CHASSE, œil, Vid., II, 122, assimilé au cadre ou châssis d'une fenêtre. Mot passé dans le bas-langage, II, 226.
CHASSE-NOBLE, gendarme, J. 1628, I, 193, a4i. Ironie, par allusion à l'appellation chasse-coquins, donnée aux suisses d'église.
CHASSER DES RELUITS, pleurer, Vid., II, 122, c'est-à-dire faire couler les yeux.
CHASSUE, aiguille, J. i836, I, 2o3 ; — cf. chas d'aiguille.
. Ibidem, p. 271-272.
. Cf. Rossignol : « Chariot, roué, malin, méfiant : il n'est pas facile de le tromper, il est Chariot ».
ÔIO GLOSSYIRE ETYMOLOGIQUE
CH ASSURE, urine, J. i836, I, 204, propr. ce qu'on chasse, expulse du corps.
CHAT, 1°, Geôlier, Vid., H, 122, la prison étant envisagée comme une souricière ; 2° Greffier, Chauff., H, 92, allusion facétieuse à ses griffes.
CHATTE, pièce de six francs, Vid., II, 122. Terme des filles.
CHAUD (être), se défier, I, xi ; Vid., Il, 122 (cf. 202), propr. avoir chaud devant le danger ; cf. Oudin : a II y fait bien chaud, c'est-à-dire il y a bien du danger. Vulgaire. »
CHAUDELANCE, gonorrhée, Vid., II, 122, litt. chaude pisse, mot encore usuel (Rossignol).
CHAUMIR, perdre, Vid., II, 122, i23(chomir) ; — cf. chômer, cesser de travailler.
CHÉ, v. cher.
CHEMISE DE CONSEILLER, linge volé, Vid., II, 122. Ironie.
CHENASTRE, bon, excellent, J. 1G28, I, 193, 227, 228, et 1660, I, 239, et i836, I, 204; Granv., I, 33o ; Doc, II, 188 (chenàtre) ; — propr. blanchâtre. V. chenu.
CHÊNE, homme, Vid., II, 122 (cf. 202), image répondant au synonyme tronco de l'argot portugais ; abattre un chêne, tuer un homme, 13., I, 173, expression donnée par Oudin, à côté de cette autre qui en est le point de départ : « Petit homme abbat grand chesne, c'est-à-dire un petit homme en tue un grand ». Cette dernière locution, avec son acception spéciale, remonte à un proverbe usuel au xvic siècle ainsi conçu par Gabriel Meurier (1577) : « Petit homme abbat bien un grand chesne, et douce parolle grand ire ».
CHENU, bon, J. 1G28, I, 232, et 1GG0, I, 193 ; Resp., I, 255 ; Granv., I, 33o ; Ghauff., II, 95 ; Vid., II, 122 ; — propr. blanc, image prise du vin chenu, dont l'excellence réside en la couleur blanchâtre. Mot passé dans les patois et jadis dans le bas-langage, II, 18, 126.
CHENUMENT, fort bien, Granv., I. 33o ; J. 18^9, I, 204.
CHER, rude, élevé, Vid., II, 122. Sens généralisé.
CHER, ivrogne, Gloss., Il, 172 (ché). V. chérance.
CHÉRANCE, ivresse, Vid., II, 122, propr. bonne chère.
CHEVAL DE RETOUR, récidiviste au bagne, Vid., Il, 122.
CHEVALIER GRIMPANT, nom ironique donné au bonjourier, Vid., Il, 117, 123.
[CHEVANCE] = chérance, II, GG-67.
CHEVÊCHE (?), bande de voleurs, II, 81.
(iLOSSMUE ÉTYMOLOGIQUE 3ll
CHEVRON, récidive, d'où chevronné, en récidive, Vid., II, i a3. Allusion au chevron qui témoigne des années de service d'un soldat.
CHIBIS (faire), s'évader, Litt., II, ao3. Origine inconnue.
CHIBRE, 1" Membre, .1. i6a8, 1, 23 1 (enivre) ; Vid., II, ia3 ; 2° pi. Testicules, Chauff., II, 91. V. yibre.
CHIC AN. marteau, .1. i830, I, 20'j : tiré de chiquer, battre.
CHICANE (grinchir à la), voler en tournant brusquement le dos à sa victime, Nid., II, i**3.
CHIEN, secrétaire, J. 18^9, I, 20/1, c'est-à-dire chien du commissaire, employé du commissariat. Bas-langage.
CHIENLIT (cribler au), crier au voleur, Vid., II, ti3, propr. huer : chienlit est le nom des masques qui courent les rues au temps du carnaval et provoquent par leurs accoutrements les huées des enfants criant à la chienlit ! (c'est-à-dire : chicen-lit).
CHIFFARDE, pipe, J. 1849, I, 204 ; Vid., II, ia3, propr. vieille pipe, semblable à une chiffe ou chiiTon.
CHIFFARDE, assignation, J. 1849, I, 204, propr. un chiffon de papier.
CHIFFERTON, chiffonnier, Vid., II, 123.
CHIFFON, 1° Mouchoir, chiffonnier, voleur de mouchoirs, Vid., II, it'S ; 2° (rouge), langue, .1. 1849, I, 204 ; Vid., II, ia3.
CHIFFORNION, foulard, J. 1849, I, 20'».
CHINOISER (?), parler argot, II, 75.
CHIPETTE, tribade,Vid., II, i23, propr. torchon ; — anc. fr. et dial. chipe, chiffon.
CHIQUE, bon ton, J. 1849, I, 204 (v. Fr. -Michel), d'où chiquard, pas mai, chiquardot, poli, J. 1849, I, 204.
CHIQUE, église, Chauff., II, 3, 91 ; Vid., II, 123, 190; Gloss., II, 169 ; — tsigane, chikê, maison.
CHIQUER, battre, Chauff., II, 90 (et chiqueur de grenu, batteur en grange), J. i83G, I, 204 ; Granv.2, I, 33o ; Vid., II, 123; Gloss., H, 169; — propr. manger, association d'idées familière au bas-langage : cf. bâfrer, gifler, et dariolc, talmoiise, tarie, gifle, coup.
CHIQUER, feindre, tromper, Litt., II, 20G. Bas-langage.
CHOIRRE, v. escoirre.
CHOLETTE, chopine, demi-litre, J. 1628, I, 225; Vid., II, 123. Origine inconnue.
CHOMIR, v. chaamir.
3l2 GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE
CHOPER, 1° Voler de menus objets, Vid., II, 123 ; 2° Prendre : être choppé, être pris, J. 1849, I, 204 ; 3° Prendre, en général, Litt., II, 2o3 ; — Bas-Maine, choper, heurter, voler, dérober, être chopé, être pris ; Anjou, choper, chopper, pincer, attraper.
CHOPIN, vol, objet volé, J. 1849, If 204 ; Granv.2, I, 33o ; Vid., II, 123 ; — propr. coup, sens dialectal du mot.
CHOUART, le membre, Vie, I, i4q, propr. mâle de la chouette, répondant au synonyme fourbesque duco, dugo, duc, hibou. Appellation euphémique semblable au prov. dugonel. le derrière (= hibou). Rabelais attribue à Panurge le nom de Maistre Jean Chouart (1. II, ch. xxi) et Oudin explique : « Chouart, parola di zergo, cazzo ».
CHOUETTE, beau, bon, excellent, J. 1849, *• 2°4 î vid- IT> 123, c'est-à-dire joli comme la chouette, laquelle est parfois d'une beauté remarquable : « Ma femme sera coincte et jolie comme une belle et petite chouette », déclare Panurge en interprétant favorablement le songe qu'il avait fait (Rabelais, 1. III, ch. xiv). Mot passé dans le bas-langage, II, 227.
CHOUETTE (être), être pris, J. 1849, I, 204. Application ironique du précédent.
CHOURIN, couteau, chouriner, frapper à coups de couteau, Vid., II, i23 ; — tsigane, tchouri, même sens.
CHOURINEUR, 1° Assassin, II, i5 ; 2° Tueur de chevaux, J. 1849, I. 2°4-
CHURLER (?), hurler, II, 5o.
CIERGE, agent, gendarme, Litt., II, 2o3. V. bec de gaz.
CIGALE, pièce d'or, Vid., II, i23. Forme amplifiée de ciguë.
CIGOGNE, 1° Préfecture de police, Vid., II, i23; 2° Conciergerie, Doc, II, 180, 181 ; Gloss., II, 172. Allusion à la tour pointue de la Conciergerie.
CIGUË, v. sigue.
CIMER, aller, voyager, Chauff., II, 94, 95 ; — cf. Berry, simer, s'infiltrer, en parlant de l'eau. »
CINTRER, tenir, Gloss., II, 169, répondant à l'expression synonyme pincer au demi-cercle.
CIRCONCIS (des ances), essorillé, Vill., I, 122; Myst. Chr., I, 282, propr. privé d'oreilles. L'essorillement était encore en vigueur à l'époque de Villon : dans la liste des Coquillards figurent Godeaul « qui n'a qu'une oreille » et Perrenot « qui eust l'oreille coppée ». Ce châtiment disparut à la fin du xvc siècle.
GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 3l3
CITADELLE, forêt, Chauff., II, 92, colle-ci servant d'asile aux malfaiteurs.
CITRON, aigre : pivoit citron, vinaigre, J. i836, I, 212. CIVADE, avoine, J. itS3(i, 1, ao4 ; — prov. vivado, même