Montaiglon, Recueil, t. 111, p. i'i
\id., II, 1*6; Gloss., II, 169; Doc, II, 192. Terme commun au bas-langage et aux patois. V. care.
DÈCHE, 1 Déficit, Md., II, 12G; 2° Perte, misère, J. i$4g, I, •><>.*>. Mot, d'origine dialectale (Anjou, Poitou, etc.), devenu populaire.
DÉCLOUER, dégager du mont-de-piété, Vid., II, 12G.V. dou.
DÉCONIR. arracher, ChaulT., II, 91, propr. arracher à son terrier. V. cosnir.
DÉDURAILLER. déferrer, Vid., Il, 12G. V. dur aille.
DÉFALQUER, aller à la selle, J. 1849,1, ao5 ; Granv.2, I, 33i. V. /laquer,
DÉFARDEUR, \olcur, J. 1660, I, 194 ; Granv., T, 33i, propr. déballeur ; — moy. fr. défarder, déballer (Thierry, 1 5 7 ^ ) .
DÉFARGUER, 1° Décharger, J. i836, I, 2o5 ; défargueur, lémoin à décharge, Vid., II, 12G ; 2° Oter quelqu'un d'un endroit, Gloss., II, 173. Y.fargue.
DÉFICHER, même sens que ficher, Granv., I, 332.
DÉFIGER (?), réchauffer, II, 58.
DÉFLORIR LA PICOURE. détleurir la haie, voler le linge étendu sur les haies, J. 1628, 1, 218 ; Granv.2, I, 33 1 (déflourer) ; Chauff., II, 91 (déflorer). Déjlorirel déflorer sont des variantes archaïques de défleurir, pris ici au sens général de « dépouiller ». V. picoure.
DÉFOURAILLER, 1° Sortir de la prison, Doc, 11, i83 ; défouraillage, sortie de prison, Litt., Il, 204 ; 2° S'enfuir, s'évader, .1. 1849, *» Io5'' Granv.2, I, 33i ; Vid., II, 12G ; Doc, II, 179; — Gascon, defouralha, sortir précipitamment, décamper, déguerpir (Lespy et Raymond). Le sens propre est sortir d'un four ou cachot. V. four.
DÉFRIMOUSSER, 1° Défigurer, Vid., Il, 126; 2° Envisager, Litt., Il, 20 'j. V. frimousse.
DÉFRUSQUER, déshabiller, Vid., II, 126. Y.frusque.
DÉFRUSQUINER, déshabiller, J. i836, 1, 2o5 ; Granv., I, 33 1, Gloss., 11, 166. V. frusquin.
DÉGOMMER, mourir sans cesser de vivre, Gloss., Il, 173. Bas-langage.
DÉGOTTER, 1° Trouver quelqu'un, Gloss., II, 173 ; 2° Enlever, prendre, Gloss., Il, 173. Bas-langage.
DÉGRINGOLER, tuer, Litt., Il, ao4.
DÉGUI, domino, propr. déguisement, Vid., II, 126. Abréviation .
DÉIE, foule, Gloss., II, 173. Origine inconnue.
DÉJETER, mourir par violence en prison, Gloss.. II, 173, propr. jeter dehors. Bas-langage.
DÉLIGE, diligence, Vid., II, 126. Abréviation.
DÉLOURDER, dépouiller, Gloss., II, 170, propr. décharger.
DÉMAQUILLER, défaire, Vid., II, 126. V. maquiller.
DEMI-AUNE, bras, Vid., II, 126 : le bras sert à mesurer les étoffes. Appellation vulgaire déjà donnée par Oudin.
DEMI-STROC, demi-setier, Vid., II, 126. Mot déformé.
DÉMOC, démocratie, Doc, II, 194. Abréviation.
DÉMORFIER, démanger, J. 1628, I, 221. V. morjlcr.
DÉMORGANER. démordre, Vid., II, 126. V. morganer.
DEMORRE (?), individu, II, 47, 4g.
DÉMURGER, s'en aller, Granv., I, 33i = J. 1728-1849, I, 2o5 ; — Bas-Maine, dèmurger, faire sortir d'un lieu, forcer à remuer, propr. franchir un obstacle (Berry, murgée, tas de pierres dans les vignes). Encore usuel, II, 229.
DENAILLE (Saint), Saint Denis, Vid., II, 126.
DENT (tirer une), escroquer de l'argent en contant une histoire, Vid., II, 126, 161, même sens qu'arracher une dent, soutirer de l'argent à quelqu'un qui est contraint de donner malgré lui.
DÉPIOTTER, ôter, priver de quelque chose, Gloss., II, 173. propr. écorcher, enlever la peau.
DÉPLANQUER, 1° Retirer des objets d'une cachette, déterrer, J. 1849, !> 2<>5; VkL, II, 126 ; Doc, II, 186; 2° Dégager du mont-de-piété, Gloss., II, 173. Y. planquer.
DÉPONNER, aller à la selle, J. 1849, I» 2°^ propr. déposer.
DÉRONDINER, payer, J. 1849, I* 9o5- * • n,nd-
[DÉSARRER] = décarrer, J. 1849, I, 18O, 2o5.
DESARGOTER, faire le malin, J. 1849, I, 2o5, 212. V. argoté.
DÉSATILLER, châtrer, J. i836, I, 2o5. V. atilh-s.
DESBOCHILLEUR, tricheur aux dés ou aux marelles, desbochillure, tricherie, Coq., I, 96, n>5 ; — anc fr. desbochiller, ébrancher, dépouiller. Image tirée de l'horticulture : le tricheur dépouille les dupes comme le jardinier les arbres du clos.
DESBOURCER, dépouiller, Vill.. I. 12^. 12G, propr. enlever la bourse.
DESBOUSER, dépouiller, Vill., I, ia3, 126, 129. i36, t«8,
propr. nettoyer de la boue, débarrasser des effets qu'on porte sur soi. — [dérouter], IT, 3g.
DESCLAVÉS ? \illon, I. i.V,.
DESENTIFLAGE, divorce, desentifler, divorcer, \id.. Il, 1*7, Y. entijh'r.
DESGAUDIE. vide, eu parlant de la bourse. Vill., T. i36. V. gaudie.
DESGRUPPER. échapper, NUI., I, ia8, propr. décrocher. Y. ijrupper.
DESMAQUILLER ? MIL. I, i3<>. — [défaire]. II, 3(5.
DESRIVER :> \ill.. I. l36.
DESROCHEUR. filou, Coq., I, g5, propr. démolisseur; — cf. anc. fr. drsmchier, démolir, dégringoler.
DÉSOLER UN SAINT, jeter à l'eau, J. 18^9, I, ao5, c'est-àdire noyer la victime après l'avoir volée.
DESSARQUEUR. compère d'une escroquerie, Coq., I, 96 ; — cf. anc. fr. dessarler, extirper : métaphore analogue à desboi-hilleur.
DESSOUS, amant supplémentaire. .1. i£4g, I, 200 : on le cache.
DESSUS, amant en titre, J. i84<), 1, io5 : on le montre.
DÉTACHER LE BOUCHON, couper la bourse, J. 1690, I, 193 ; Granv., I, 33 1. V. bouchon.
DÉTAFFER, aguerrir, Vid., II, 127. V. taffer.
DÉTAROQUER, démarquer, Vid., II, 127. Y. tarotjiier.
DÉTOSSE. ruine, misère, J. 18^9, I, ao5 ; Gloss., II, 173. Déformation de détresse.
DÉTOURNE (vol à la), vol dans l'intérieur d'une boutique, détourneur, voleur à la détourne, Vid., II, 127.
DÉTOURNER, ouvrir, Granv.2, I, 33i. ,
DETTE (payer une), être en prison, J. 1849, I' 2°5» c'est-àdire payer une dette à la justice, payer sa faute.
DÉVIDER, 1° Bavarder, dévidage, long discours, dévideur, causeur, Vid., II, 127, 192, propr. dévider le fil du discours ; 2° (le jars), Parler argot, J. 18^9, I, 2o5, expression devenue populaire, II, 18, 20.
DÉVOT (?), genou, I, xi. Le mot appartient au fourbesque et non pas au jargon.
DÉVOYÉ (?), acquitté, II, 75.
DIAMANTS, pavé, J. 18^9, I, ao5, dont les cailloux saillants sont plaisamment assimilés aux pointes de diamant.
33o GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE
DIEUX (beaux, doulx) ? Vill., I, 127, i3i, i36. DIGUE (?), femme de voleur, II, 20, 26.
DIGUE-DIGUE, attaque d'épilepsie, Vid., II, 127, dont les fortes secousses ressemblent aux oscillations des grosses cloches : digue, digue, don ! onomatopée du son des grosses cloches ; cf. le refrain du « Carillon neur » de Béranger : Digue, digue, dig, Din dig, Din don !
Les batteurs de digue-digue, mendiants qui simulent l'épilepsie, les représentants modernes des anciens sabouleux, Aid., II, n4, 157.
DIJONNIER, moutardier, Vid., II, 127, de Dijon, ville renommée pour sa moutarde :
Il n'est ville se non Dijon,
Il n'est moutarde que à Dijon,
dit un proverbe du xve siècle1.
DIMASINE, chemisette, Vid., II, 127, propr. en damassin (étoffe plus légère que le damas ordinaire).
DINDORNIER (?), infirmier, II, 58.
DINGUER, tomber, Vid., II, 127 ; — Vosges, dinguer, rebondir avec un bruit sonore.
IDITRE] —pire, J. 1628, T, 219.
DOFFE, v. daujfe.
DOGUE (?), chien, II, 25, 26. Mot français indûment considéré comme argotique.
DOMINOS, dents, J. 1849, 1, 2o5 ; Vid., II, 227, d'après la forme et la couleur. Terme commun au jargon et au cant, dans lequel a box 0' dominoes, désigne une bouche pleine de dents.
DONNER, 1° (se la), S'enfuir, Granv.2, I, 33 1 ; Vid., II, 127. c'est-à-dire prendre la clef des champs ; 2° (la), Regarder en passant, Vid., II, 127, 181, c'est à-dire jeter un regard. V. air.
DORANCHER, dorer, Vid., H, 127.
DORER, mentir, Vill., I, 123 ; cf. Guill. Goquillart, éd. d'IIéricault, t. II, p. 54 :
Par motz dorés, par joncheries...
c'est-à-dire dorer ou déguiser sous un extérieur éclatant.
DOSSIÉRE, v. daussière.