Le Roux de Lincy, Le Livre des proverbes, t. I, p
DOSSIÊRE DE SATTE, chaise, Vid., II, 127, c'est-à-dire dossière de bois.
DOUBLAGE, larcin, .1. 1628, I, 228, et i836, I, 200 ; Granv., I,33i.
DOUBLER, voler, J. 1C28, I, 19/», 226, et 1G60, I, 188, propr. user de duplicité, tromper (sens de doubler dans l'ancienne langue).
DOUBLETTE, escroc, J. 1849, I, 2o5. Y. doubleux.
DOUBLEUX, voleur, J. 1628, I, i94, 226, 23i ; Granv., 1, .i.î. doubleur» ; — cf. germ. doblc, qui aide à tromper.
DOUBLIN, dix centimes, J. 18^9, I, 2o5, c'est-à-dire un double.
DOUCE, soierie, Vid., II, 127, douce au toucher.
DOUCETTE, lime, Vid., II, 127 : elle opère doucement.
DOUILLE, cheveux, J. 18^9, I, 200 ; Granv.2, I, 33i ; Vid., II, 127, propr. mou, délicat (sens ancien et dialectal de douille). Terme passé dans le bas-langage, II, 229.
DOUILLE, argent, Litt., Il, soi. Bas-langage.
DOUILLETS, cheveux, crins, Chauff., II, 91 ; Vid., II, 127. Jadis populaire (v. apôtre) ; douillettes, barbe, Litt., II, 197 ; douillure. chevelure, Vid., Il, 127.
DOUILMINCE (?), innocent, II, 5o.
DOUSSE, fièvre, J. i83C, I, ao5, c'est-à-dire douce ou bénigne.
DOUSSIN, plomb, doussiner, plomber, J. i836, I, 2o5 : le plomb est doux au toucher.
DRAGUE, chirurgien, J. i836,I, 200 ; Litt., II, 196: il sonde une plaie comme la drague le fond de la mer.
DRAGUEUR, escamoteur, Vid., II, 127 : il drague les bourses, II, 104.
DRIC (?), truc, II, 27.
DRILLE, soldat vagabond, appelé plus communément nar- (fuois, J. 1628, I, 228; Granv., I, 33 1, propr. coureur ; — moy. fr. et dial. driller, courir très vite, vagabonder. Du jargon, le mot passa au français du xvnc siècle pour désigner le soudard et le bon compagnon, I, 77.
DRINC-GUELT, argent que l'on envoie aux détenus, Vid., II, 127, propr. pourboire ; — Flamand, drinkengeld, pourboire, mot passé tout d'abord dans les patois (Picardie, Lille et Hainaut, dringuele).
DRINGUE, peur, Litt., II, 2o3, propr. diarrhée. Bas-langage.
33 a GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE
DROE ? Vill.,I, i3i.
DROGUE, mendicité, .T. 1628, I, 239 ; Resp., I, 254- Le mot avait pénétré au xvme siècle clans le bas-langage. « Aller en drogue, signifie aller en maraude, courir la poule, aller à la picorée, à la petite guerre, aller en parti, ce qui est le propre des soldats ». (Ph. Le Roux ). V. droguer.
DROGUER, 1° Mendier, demander l'aumône, Resp., I, 239 ; 2° Demander, en général, J. i836, 1, 2o5 ; Doc. II, 180. Droguer est une variante dialectale de draguer et signifie propr. soutirer de l'argent, racler les bourses. Le mot garde encore son sens primitif en Languedoc, où drougà signifie frauder, trimer, courir (drougant, voleur, truand).
DROGUERIE ? Vill., I, 127. — [tromperie), II, 36.
DROGUERIE, demande, Yid., IL 127, propr. demande d'aumône.
DROGUEUR DE LA HAUTE, escroc qui soutire l'argent à l'aide d'une histoire, Yid., II, 127, i33, propr. celui qui drogue ou drague la bourse de la dupe.
DUC ? YilL, I, 125. — [pendu], II, 36, 77.
DUCHESSE, chef femelle d'une bande, Gloss., II, 166.
DUPPE, homme simple qu'on trompe facilement, Coq., I, 97 ; YilL, I, 122 ; Myst. Pass., I, 273; — propr. huppe, oiseau à apparence stupide. Tandis que l'acception figurée de dupe est attestée en jargon dès 1^26 (cf. I, i4), son sens propre ne se lit qu'un siècle plus tard, chez Rabelais. 1. I, ch. xxi : « Cependant venoit son diseur d'heures en place, empaletoqué comme une duppe », c'est-à-dire enveloppé comme une huppe. Rabelais lui-même a tiré ce nom d'oiseau du patois poitevin, où il est encore vivace. Cette origine dialectale explique l'apparition relativement tardive en littérature de l'acception zoologique du mot, précédée d'un siècle par le sens jargonnesque qu'on lit déjà chez Guill. Coquillart.
DUR, 1° Fer, Yid., II, 127 ; 2° pL Fers d'un condamné, Chauff., II, 92.
DURAILLE, 1° Fer, fers, Gloss,, II, 175 ; 2° Pierre, Yid., II, 127 ; 3° Pierre fine, J. 1849, I, 206.
DURE, pierre, J. 1886, I, 200 ; Yid., H, 127.
DURE, terre, Vill., I, ia5, i3o ; B., I, 172 ; J. 1628, 1, 193, 220. L'expression coucher sur la dure, c'est-à-dire sur la terre nue, était une des quatre manières de coucher des gueux, ^ ie. I, 1 '17. Cette expression foncièrement jargonnesque a passé au
français dès le xvr siècle : Henri Estienne, Brantôme, Montaigne. Régnier, s'en servent tour à tour. Elle est encore vivace dans certaines provinces, par exemple en Languedoc (\. Mistral).
DURESME, fromage, J. 1628, I, ig3 ; Chauff., II, 92 (du ramin) ; Vid., II, 127 (durême); — propr. ledur, répondant au synonyme fourbesque durengo.
DURET, fève, Ghauff., II, 92.
DURIER, mur, Chauff., II, g».
DURIN, fer. duriner. ferrer, J. i836, I, 2o5.
DYME, intention, \ ie, I, 102. Origine inconnue.
EAU-D'AFFE, eau-de-vie, Rat, I, 33g, 34o ; Chauff., IT, 91 ; Vid., II, 128. Mot passé dans le bas-langage, parisien et provincial, II, 229. V. ajfc.
ECAMANT, invalide, J. 1G28, I, 22a ; — Bcrrv et Poitou, encornant, privé de l'usage d'un bras ou d'une jambe par blessure ou autrement, propr. mendiant (anc. fr. caymanf) : cf. Berry, mendiant de jambes, cul-de-jatte.
ÉCHO D'UN SATOU, coin d'un bois, Chauff., II, 91. Y. salon.
ÉCLAIRANTE, lune, Chauff., II, 92.
ÉCLAIRER, donner de l'argent pour miser au jeu, I, 78. Terme de joueur attesté dès le xvie siècle. Aujourd'hui, au sens généralisé de payer : « Tu me dois trois francs, éclaire ! As-tu éclairé la dépense ? » (Rossignol).
ÉCLIPSE ? Vill., I, 128.
ÉCOPER, attraper, Litt., II, 2o5. Bas-langage.
ÉCORNAGE, bris de vitre pour voler, J. 1849, I, 2o5.
ÉCORNÉ, accusé sur la sellette, \id., II, 128, propr. injurié, humilié.
ÉCORNER, 1° Injurier, faire affront, Vid., II, 128 (sens ancien français et dialectal du mot) ; 2° Voler aux devantures en pratiquant un trou dans la vitre, Gloss., II, i65, 166, propr. en casser le coin.
ÉCORNEUR, avocat du roi, Vid., II, 128, c'est-à-dire celui qui injurie l'accusé, même association d'idées que dans son synonyme bêcheur.
ÉCOUTE, v. escoute.
ÉCREVISSE, cardinal, Vid., II, 128. Allusion à la couleur.
ÉCUME, étain, Vid., II, 128, c'est-à-dire écume de terre.
EFFAROUCHER, voler, J. 1849, *. 2o5 ; Granv.2, I, 33i ; Gloss., II, 1G6 ; — propr. faire disparaître.
EFFLE ? Myst. Ghr., I, 294.
ÉGRAILLER L'ORNIE, prendre la poule avec un hameçon, J. 1628, 1, 194; 234, 239 (esgrailler) : Resp., I, 258 (esgrailler) ; Granv., I, 33i ; J. 1849, I, 2o5 ; — propr. lui faire écarquiller les yeux (sens d' esgrailler dans l'ancienne langue;.
ÉGREFFIN, greffier, GhaufT., II, 92, c'est-à-dire aigrefin. Ironie.
ÉGRUGEOIR, chaire à prêcher, Vid., II, 128, comparé au vase dans lequel on égruge du sucre.
ELIXIR DE HUSSARD, eau-de-vie ordinaire, Vid., H, 128. Appellation facétieuse.
EMBABILLÉ ? Vill., I. i34.
EMBALLER, emprisonner, arrêter, J. 1849, I, 206 ; Vid., II, 128 ; Gloss., II, 169.
EMBALUCHONNER, empaqueter, J. 1849, h 2oG I Vid- H, 128. V. baluchon.
EMBANDER, prendre de force, Granv., I, 33 1 = J. 172S- 1849, ï' 2°6 '■> — propr. entourer de bandes. Terme passé dans le canut lyonnais.
EMBARBEMENT (?), accès d'épilepsie, II, 5i.
EMBARRAS, carrefour [drap de lit], J. i836, I, i85, 206.
(EMBAUDER] = embander, J. 1849, I, 186, 206.
EMBIER, v. ambier.
EMBLÈME, tromperie, emblêiner, tromper, mentir, Vid., Il, 128. Mot emprunté au bas-langage parisien où le mot a le sens de conte ou faux prétexte.
EMBRAIEUX ? Vill., I, 128.
EMBROQUER, regarder, Doc, II, u)3, propr. embrocher du regard (Picard, embroquer, embrocher). V. rembroquer.
EMBROUE ? Vill., I, 128.
EMBROUER ? Vill.. I, 129. X.brouer.
IEMMATHÉ] =enmalé, Vill., I, i23,
EMPAVE, drap de lit, J. 1G28, I, 194, 224, 244; Granv.. I, 33i ; Ghauff., Il, 91 (empafifes) ; Vid., II, ia8 (empaffes). - |carrefour], J. i836, I, 18Ô, 20O.
EMPAVEZ? Vill., I, i34. *
EMPLAQUE (?), police, II, 7r>.
EMPLATRE, empreinte, Vid., II, 128. Mot déformé.
EMPLE? Vill., I, i25.
EMPOIVRER (s'), s'enivrer, Doc, II, 188. V: poivre.
EMPORRHEi?), nuage, II, 7;>.
EMPORTAGE. sorte d'escroquerie, emporter, escroquer, emporteur. gen re d'escroc, Vid., Il, i s8.
EMPOUSTEUR, variété de filou, Vid., ïï, 128, c'est-à-dire empoueeieur (cf. donner le coup de ponce, voler).
EMPRESSER, aboyer, Ghauff., Il, 90. Association d'idées obscure.
EMPROSEUR. pédéraste, Nid , II, 128. V. prose.
EMPRUNER, décharger le fusil, Chauff., II, 92, propr. envoyer des prunes, e'esl-à-dirc des balles (dans le bas-langage).
ENCARRER. entrer, introduire, encarrade, entrée, Vid., II, 128. V. care.
ENCASQUER, 1° Entrer dans une maison avec le dessein d'\ voler, Nid., Il, 1 >N : 2 Entrer, en général, Doc, II, 181. \ . casquer.
ENCENSOUER. fressure, J. 1G28, I, 194 ; — Bcrry, encensoir, se dit figurément à Bourges pour signifier l'espèce de chapelet tonné par la trachée et quelques viscères du mouton et que l'on voit suspendu à l'étal du boucher (Jaubcrt). Le mot se lit dans la Muse Normande : « chetz avalleux à'ensenciere et de fais », c'est-à-dire « ces avalleurs de fressure et de foie ' ».
ENCIBLE, ensemble, Gloss., II, 1C9. Déformation.
ENCLOUER, emprisonner. Vill., I, 123, 137. V. clou.
ENDORMAGE (vol à 1'), genre de vol, lorsque le malfaiteur endort la victime à l'aide d'un narcotique, avant de la dévaliser, Litt., II, 20G.
ENDOSSE, 1° Vêtement, c'est-à-dire ce qu'on met sur le dos, Vill., I, 124, i38 ; Myst. Test., I, 2G7, Pass., I, 272, Chr., I, 277, 294 ; 2° Tour de Mton, subtilité de gueux, Vie, I, i48 ; 3° Dos, B., I, i7/i(andosse, eschinc): J. 1628,1, 192 (andossej'escliine ou le dos) ; Resp., I, 2G1 ; Granv., I, 329 ; Vid., II, 111 (andosse). — Sens moyen français, I, 20, et encore usuel dans le bas-langage parisien, ancien ou moderne, I, 270 (cf. Oudin : il a eu sur Yendosse, c'est-à-dire il a esté battu). Avec son premier sens, le mot a pénétré dans le mourmé ou argot savoyard : dossa, habit, endossa, se vêtir (Buffet).