‹ Les sources de l'argot ancienChapitre 140 sur 157 · V. Argot Ancien, -p. i38 et · texte numérisé non relu

V. Argot Ancien, -p. i38 et

propr. resse sens vulgaire du mot) ; 2° Mauvais, faux, I. i836,

I, 101, qui transcrit lophe (binelle lophe, banqueroute ==' faillite frauduleuse), 304 (corbuche lophe, ulcère faux), 20G (fafiot lophe, faux certificat). V. lazi-lojfe. L'argot moderne en a tiré loufoque *, imbécile, fou, mot passé dans le bas-langage l Hasard, Rossignol).

LOFFITUDE, 1' Naïveté, bêtise ; 2° Absolution, Vie, II, i/Jo, cette dernière envisagée par les malfaiteurs comme une niaiserie. \ . toron et solliceur.

LOIRRE, loirrir? Yill., I, i34, i35. Cf. moyen fr. loiru-r, dresser au leurre les faucons*' Froissait), plus tard, loirer, filouter, dérober, voler (Ph. Le Roux).

LOMBEM, bon, Doc, II, 19^. Anagramme.

LONG, 1" Habile, Coq., I. 96 (cf. 87) ; Vill., I, 126 ; 2° Niais, Granv.2, I, 333 ; Gloss., II, 166, probablement niais simulé.

LONGE, 1" Année passée au bagne. Granv.-, I, 333; J. i83G, I. 209; Vid., Il, i4o; Doc, II, 181 ; 2° Jambe : tirer la longe, marcher, Litt., II, 203: — propr. longue: Poitou, longe, longue. Voir le mot suivant.

LONGUE, année de prison, année en général, Granv., I, 333 — J. 1728-1849, I, 209: l'année paraît longue au détenu ; — cf. fourb. longano, année. V. longe.

LONGUE } Rat, I, 339.

LONGUETTE DE TREFFLE, carotte de tabac, Vid., II, i4o. \ , tréfile.

LONTOU, Toulon, Doc, II, 192. Le bagne, établi à Toulon en 1682, le plus ancien en date, fut aussi le dernier supprimé.

[LOQUEUR] = coqueur, II, 55.

LORCEFÉE. La Force"2, ancienne prison de Paris, démolie en i85o, Vid., II, i4o. Anagramme.

1. On y a vu à tort un anagramme de fou. Un autre dérivé de loffe se lit déjà au îvb siècle, dans le Parnasse satyrique, publié par Marcel Schwob, p. i23:

Marque loffue, gauppe, vieille paillarde...

L'éditeur se demande, p. 268 : <( Est-ce un exemple d'anagramme de jargon pour folle ? » Décidément, non. Ce genre d'anagrammes ne remonte pas au delà du xixe siècle. V. notre Argot Ancien, p. 46 à /|8. 1. Rossignol écrit souvent Lancefé, qu'il explique par « conciergerie où vont les condamnés qui font appel ». Cette forme et cette définition prouvent que le nom et la chose sont aujourd'hui complètement oubliés.

LORGNE, borgne, à côté de lorgnebé, Vid., II, i4o. Anagramme, le dernier seul suivant le procédé du largonji.

LORGUE. as, Vid., II, i4o. Déformé de lorgne (cf. sigue = signe, sorgue = sorgne), c'est-à-dire borgne, nom de Tas dans le bas-langage, cette carte n'ayant qu'un point au milieu.

LOUBION, bonnet, loubionnier, bonnetier, Chauff., II, 90; Vid., II, i4o; Doc, II, 193 ; — pour Yaubion. Mot passé dans le bas-langage, II, 238. V. aubion.

LOUCHANT, œil, Vie, I, 164, qui louche (v. bicler).

LOUCHANTE, lune, Vie, I, 166 propr. espionne. V. vain.

LOUCHE, 1° Cuiller à potage, Rat, I, 339 ; Ghaulî., II, 91 ; J. i836, I, 209; 2° Main, Coq., I, 98 ; J. 1628, I, 19C, 220, 229 ; Granv., I, 333 (cf. I, 65). Le premier sens est français ; le deuxième reflète la forme : la main est semblable à une grande cuiller. V. aussi ferme.

LOUCHETTES, étoiles, Vie, I, 166. V. louchante.

LOUFOQUE, v. loffe.

[LOUGÉ] = longé, J. 1849, I, 186, 209.

LOUPEL, pouilleux, Vid., II, i4o. Terme des floueurs parisiens. Anagramme.

LOURDE, porte, J. 1628, I, 196; Chauff., II, 93 ; Vid., II, i4o; Doc, II, 178: propr. porte de prison, habituellement lourde. Mot encore vivace, II, 238-239, ainsi que le dérivé: lourdaut, lourdier, portier, J. 1628, I, 196; Granv., I, 333; Vid., II, i4o.

LOUSSE, gendarme, II, 106. Déformation de pousse.

LOUSTEAU, domicile, J. 1849, I, 209. V. osteau. — [diable], J. 1849, I» ^G, 209.

LUANS, yeux, Vill., I, i38, propr. éclairants. — [dés], II, 38.

LUBIE? Vill., I, i35. Cf. rouennais, lubie, trouble, embarras, dans la Muse Normande, t. I, p. i38.

LUBRE, [lugubre], II, 3i, 32, 33. Prétendu mot de jargon.

LUER, regarder, Vill., I, i35 ; I, 3o3 : luer au bec, regardez attentivement, Vill., I, 124; Myst. Chr., I, 273, propr. regarder au nez (bec) de quelqu'un, d'où le synonyme becquer ; — anc fr. luer, éclairer. V. becquer et pourluer.

LUEZIE? Vill.,I, i3o.

LUIRE (?), 1° Cerveau, II, 5o, 55 ; 2° Joli, II, 55.

LUISANT, jour, J. 1628, I, 196, 227, 248 ; Resp., I, 253, 259 ; Granv., I, 327; luisante, 1° Fenêtre, J. 1628, 1, 196; Granv., I, 333; 2° Lune, Vid., II, i4o.

GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 38o,

LUISARD, soleil, luisarde, lune, J. 1628, I, 196 ; Granv., I, 333. V. luisant

LUMIGNON igrand)(?). soleil, II, 58.

LUNE A DOUZE QUARTIERS, supplice de la roue, Vid., Il, i4o. Appellation inconnue en dehors de Yidocq.

LUNER (?). remarquer, Litt., Il, ao4.

LUQUE, 1° Certificat, faux certificat, J. 1628, I, 196, 222, 228 (lucque) ; 2° Image, J. iS36, I, 210 ; 3" Passeport, Vid., II, i4o. Dans la germania. lucas désigne une espèce de tarots, probablement originaires de la ville de Lucques : de carte à jouer, le mot passa à celui d'image et de certificat, surtout faux, I, 182.

LUQUET, faux certificat, J. 1728, I, 196, et i836, I, 210.

LURON, hostie, saint sacrement, Vid., II, i4o, propr. joyeux compère. \ . loffitude.

LUSQUIN, charbon, lusquines, cendres,.!. i836, I, 210. Origine inconnue.

LUSTRE (veiller au), faire le guet, Gloss., II, 176. Ironie.

LUSTRE, juge, lustrer, juger, J. i836, I, 210 : le juge est censé éclairer l'affaire en litige,

LYONNAISE, soierie, Vid., II, i4o, fabriquée à Lyon.

MAC, souteneur, Vid., II, i4o. Abrégé de maquereau. Le féminin, maca, entremetteuse, est depuis longtemps populaire, II, 19.

MACARON, traître, macaronner, trahir, Vid., II, i4o; Doc, II, 188. Origine inconnue.

MACCHOUX, même sens que mac, Vid., II, i\o.

MACQUOUCEAU ? Vill., I, i35.

MADAME, nom de dé, Coq., I, 97. Personnification.

MADEMOISELLE, jeune interverti, Gloss., II, 166. Ironie.

MADRICE, malice, madrin, malin, Vid., II, i4i, dérivés tirés de madré.

MAGNUCE, prostituée, J. i634, I, 198; Granv., I, 335 ; J. 1728, I, 193, et 1849, I, 2 13 (magnée), c'est-à-dire magneuse, qui fait des magnes, des manières.

MAIRE (?), ami, II, 75.

MAISON DE PASSE, lieu de rendez-vous galants, Gloss.» II, 170. Bas-langage,

MAISTRE, compère de filou qui pose en honnête homme, Coq,, I, 96 : il est passé maître en fourberies.

MALADE, prisonnier; tomber malade, être arrêté, Yid., II, i4o. Le voleur, privé de liberté, se considère comme malade, association d'idées commune au roiwelsch, dans lequel khole, attrapé, signifie proprement malade, et gefangen iverden, être malade, c'est-à-dire être arrêté (cf. II, io5).

MALADIE, emprisonnement, Yid., II, i4o.

MALE (marron), en flagrant délit, J. 1849,1, 210. Origine inconnue. Y. marron.

MALINGRE, malade, B., I, i73; Resp.,I, a55 ; J. i836, T, 210 (Yid., II, i4i : malingrer, souffrir): déformation jargonnosquc de malade. Le mot est tout d'abord attesté chez Bouchet, d'où l'a pris Gotgrave ; il a passé au xvme siècle en français, I, 79.

MALINGREUX, classe de gueux ayant de fausses plaies et la face jaune, J. 1628, I, 223 (cf. 322, 324) ; Granv., I, 334- Ces prétendus infirmes étaient toujours affectés d'une jambe de Dieu(\. ce mot).

MALLE, prison, II, 239. Y. enmaller.

MALTAISE, louis d'or, Rat, I, 34o ; Ghauff., II, 92 ; J. i836,

I, 210; Yid., II, i4i. Il avait, dit-on, cours sur les galères de Malte.

MALTOUSE, contrebande, maltousier, contrebandier, J. 1849,1, 210 ; Yid., II, i4i. Déformation de maltôte.

MALZINGUE, v. mannezingue.

MANCHE, quête, mendicité, J. 1849, *> 2I° î n> Io6' vid> H* i4i ; — prov. mancho, quête en public.

MANDOLET, pistolet,.!. i836, 1, 210, propr. soufflet, claque, sens de mandole dans le bas-langage.

MANDRILLON, pistolet, Ghauff., II, 93 ; — cf. prov. mandre, manche, manivelle.

MANETTE (mademoiselle), petite malle, Yid., II, i4i. Calembourg de manne, malle, et du nom propre Manon.

MANGER, 1° (le morceau), Dénoncer, Ghauff., II, 91 ; Doc,

II, 181 ;2° Avouer, révéler, Granv. 2, 1, 334 ; J- 1849, I' 2I° î Vld., II, i4i ; Doc, II, 188 ; Gloss., II, 170. Association d'idées particulière au jargon, II, io5.

MANGEUR DE GALETTE, homme vénal qui vit de ses trahisons, Vid., II, i4i. V. manger.

GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 3c)I

MANICLE. anneau de forçat, Gloss., II, 16G. Bas-langage.

MANILLE, même sens, J. 1849, 1,210 ; — prov. manilho, poignée, pince. La manille remplaça le lourd boulet que tes forçats traînaient à leurs pieds.

MANNEQUIN DU TRIMBALLEUR DES REFROIDIS, corbillard, c'est-à-dire panier du conducteur des morts, J. 1849. I, 210. \ . refroidi.

MANNEZINGUE. marchand de vin, J. 1849, I. 3I° ! Li,,< "• 192, 202 ; Gloss., Il, i7^(menzingue); \ id., II, i4i (malzinguei. Ras-langage.

MANQUER la), 1° A gauche; 2° Capable de trahir, Vid., II, i'ji : — prov. manco, gauche. Aujourd'hui, mauvais, laid, défectueux(Rigaud); manquesse, mauvais renseignement, Doc, II, iq3, c'est-à-dire donné à la manque.

[MANQUILLER] = maquiller, J. i83G, 1, 196, 210.

MAQUECÉE. proxénète, Vid., II, i4o. Mot formé de maque- I rcllei et de ce (v, marque de ce).

MAQUI, maquillage, J. 1849, ** II(>; Granr.*, I, 334 ; Vid., II. i4i ; Doc, II, i88;Gloss., II, 166. Abréviation.

MAQUILLER. 1" Voter, J. 1G28, I, 226; Granv., I, 826 ; Vid., Il, i4i ; Doc, II, 188: 2 Travailler. Vill., I, i35 ; J. 1628, I, 177, 19G ; Resp., I, 2Ô2 ; 3° Faire, Rat, I, 339; J. 1849, I, 248 ; \id.. II. 141. 190 : 4° Tricher, aux cartes, J. 1849, l* 2I°- Le sens primordial de maquiller est « farder », c'est-à-dire déguiser, d'où les notions de « voler » et de « travailler » (au sens argotique» : cf. fourb. camujfare, voler (en italien, déguiser). — [manger], II, 37. Dérivé : maquillage, vol, J. 1628, I, 226.

MARAILLE, peuple, foule, J. 1628, I, 218, et i836, I, 210, propr. maraudaille.

MARCANDIER, 1° Marchand, J. 1628, I, 197, et 1690, I, 197 (marchandier) ; Granv., I, 334 ; 2° pi. Marcandiers, classe de gueux, prétendus marchands qui se disaient avoir été volés, J. 1628, 1, 222 (cf. 322): marcandière, 1° Femme de marcandier, J. 1G28, 1, 228 (marchandiere) ; 2° Marchande, Doc, II, 178; — anc fr. marcandier, marchand, encore usuel dans les patois : Berry, Yonne, etc.

MARCHAND DE LACETS, gendarme, Gloss., II, 1G6, 176. Allusion plaisante aux menottes qu'il met au prisonnier.

MARCHAND DE TIRETAINE, nom donné aux tireurs. Vid., II, i4i, répondant au synonyme ancien tire-laine, voleur de manteaux la nuit.

MARCHEUSE, prostituée, Chauff., II, g3.

MARE (?), compte, II, 75.

MAREUX ? Vill., I, 137. — [trompeurs], II, 37.

MARIAGE, pendaison, Vill., I, 123, et marieux. bourreau, Vill., I, 129 ; Myst. Chr., I, 293, à côté de marier, pendre, B., I, 173. Ancienne métaphore qu'on lit déjà dans la Geste des Nobles de i4o8, ch. xlvi : « Je doubtoye plus que vous deussiez conclurre que je feusse marié », c'est-à-dire pendu l. Mariage a passé dans le bas-langage parisien, dès le xvne siècle, au sens de corde à pendre2.

MARINE, la justice, Coq., I, 96, 97, propr. marraine (moy. fr. et dial., Berry, marrine), répondant au moderne marraine* témoin femme. Euphémisme.

MARINE (la petite), les galères, Gloss., II, 17G.

MARIOL, malin, Granv.2, T, 334; Gloss., II, 166, 170. Baslangage.

MARIONETTE, soldat, Vid., Il, 1 4 1, d'après ses mouvements automatiques. Cf. les Marionettes de la vie de Courteline.

MARLOU, 1° Malin, Vid., II, i4i ; 2° Voleur rusé, Gloss., II, 170 (merlou) ; 3° Fainéant, souteneur, Gloss., Il, 173 ; — dial. Haute-Marne, marlou, matou, d'où les acceptions de « malin » et de « maquereau », le chat mâle étant le type à la fois de l'individu rusé et du rôdeur nocturne. Mot passé dans le baslangage, II, 239-240. — [front], 11, 47. Dérivés ; marlouserie. 1° Malice, Vid., II, i4i ; 2° Fainéantise, Gloss., II, 173; marlousier, 1° Malin, Gloss., II, 170 (merlousier) ; 2° Souteneur, Granv.2, I, 334 ; «T. 1849, fc 2I°-

[MARMIER] = mornier, Vid., Il, 99, i4i.

MARMITE, prostituée, J. 1849, '» 2I° : eue nourrit son souteneur ; cf. Oudin : « Faire bouillir la marmite, fournir d'argent pour maintenir ou nourrir une famille ».

MARMOTTIER, Savoyard, Vid., II, i4i, montreur de marmottes.

MARMOUCHE, marmite, Ghauff., II, 93. Déformation.

MARMOUSE, barbe, J. i836, I, 210. Mot abstrait de mar-

1. Cité par Marcel Schwob, dans les Mémoires de la Société de Linguistique, t. VU, p. 168.

2. Cf. Richelet (1680) : « Ce mot hard signifie les cordes dont on étrangle une personne ; mais ces cordes ne s'appellent pas aujourd'hui de la sorte par le bourreau de Paris. 11 les nomme tourtouses, et les. cordiers les appellent mariage. » V. tortouse.

mouset, singo, propr. barbe de singe. — [bouche], II, -\.

MARMOUSET, marmite, J. 1628, I, 197, 218, propr. singe (sens du mot dans l'ancienne langue) : le pot est muni de pieds et d'oreilles.

MARMYON, dupe, Myst. Pass., I, 272, 273, propr. singe (sens du mot dans l'ancienne langue) : dans l'argot moderne, singe désigne le bourgeois. Le patron.

MARNER, travailler, Gloss., II, 173, c'est-à-dire curer les fossés, en rejeter la marne, travail très pénible. V. masser.

MARON, sel, J. 1628, I, 197, 221 (marron); Granv., I, 334; — propr. sel marin (cf. anc. fr. maronnier, marin).

MARON. marron, en flagrant délit, J. 1849, I, 210 ; Granv.2,

I. 334; Vid., II, i4i ; Doc, II, 188, 192. Abstrait du verbe suivant : le coupable surpris gronde de colère. Mot encore usuel.

MARONNER. 1° Maugréer, gronder, Granv.2, I, 334; Vid.,

II, i4i ; 2° Suspecter, Gloss., II, 170. Bas-langage. MARPAUT. 1° Gueux-voleur, J. 1G28, I, 219, 221 (cf. 1,56);

Resp., I, a03 ; 2° Homme, individu, J. 1628, I, 196, 228 ; 3° Maître, seigneur, I, 175; J. 1660, I, 239; Granv., I, 334; A° Souteneur, Gloss., II, 166. Le sens initial de « voleur » répond au moy. fr. marpaut, goinfre (cf. fripon), I, 56. Philibert Le Roux et d'Hautel donnent marpaud comme « mot de Paris », au sens de niais, badaud, II, 19, et le mot est encore usuel dans les patois : dans le Berry, il signifie vaurien, rustre ; en Anjou, c'est le nom que les indigènes du pays au nord de la Loire donnent à ceux qui sont nés ou qui habitent au midi de ce fleuve.

MARQUANT, 1° Homme, J. 1660, I, 196; Granv., I, 334; 2° Souteneur, Vid., II, 142; Litt., II, 196. Le mot paraît une coquille pour marpaut (cf. J. 1690, I, 196; marquaut).

MARQUE, prostituée, femme de voleur, Vill., I, 126, 127, i35; J. 1628, I, 196; Granv., I, 334; Rat, I, 33g; Vid., II, i^a. Mot abstrait de marquise* commun aux argots romans : germ. marca. fourb. marcona, même sens. Le terme a passé dans la poésie libre du x^ siècle, I, 19. L'argot moderne en a tiré la forme largue, II, 240. V. marquise. <

MARQUE DE CE, femme légitime d'un voleur, Vid., II, 142, propr. femme d'argent ou excellente (v. ce); marque franche, v. franche.

MARQUÉ, marquet, mois, Vid., II, 142, répondant au moy.

3ç)4 GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE

fr. marquis, menstrues (Cotgrave) ; — cf. fourb. marchesano' mois, de marchese, menstrues (== marquis;. Mot encore usuel, II, 24o.

IMARQUILLER] s= maquiller, J. 1628, I, 196.

MARQUIN, 1° Individu, souteneur, Vill., ï, i35; 2e Couvrechef, J, 1628, I, 197 ; Granv., 1,334, propr. chapeau d'homme. C'est un dérivé de marque, fille.

MARQUIS, un mois de prison, Gloss., II, 176. V. marqué.

MARQUISE, 1° Même sens que marque (celle-ci antérieurement attestée), J. 1628, I, 196 (cf. 56), 229, 242, et r66o, I, 188; Granv., I, 334; Vid., II, 142; 2° Femme, on général, Resp., I, 252, 255. Terme commun au jargon et à la germania (marquisa); les L Bohémiens forains appellent marquises leurs femmes, II, 7, 142.

MARRADOS, nom donné par Tain gui aux vilains, I, 6. Forme méridionale répondant à celle du Nord, marréax, ouvrier qui travaille avec la marre, la houe (dans un texte de 147G cité dans Godefroy), d'où rustre, vilain.

MARRON, v. maron.

MARSOUIN, contrebandier des côtes, Gloss., II, t66. En fiançais : homme laid, mal bâti ; dans le bas-langage, soldat d'infanterie coloniale.

MARTELER (?), mendier, II, 75.

MARTIN, projet (?), Il, 5g. — ? Vill., I, i35.

MASQUE (?), passeport, II, 75.

MASSER, travailler ferme, Gloss., II, 173, comme le cantonnier qui, avec une masse, casse les cailloux sur les routes, métier très pénible. Dérivés : massage, travail fait avec ardeur, Gloss., II, 173; masseur, massier, ouvrier laborieux, Yid., II, i4a ; Gloss., II, 173.

MASTROQUET, marchand de vin, J. 1849, *> 2I°- Bas" langage.

MATE (grant), ville1, Vill., I, 122 2, ï3o (mathe) ; Myst Test., I, 267, et Chr., I, 290. Le mot. survit avec ce sens dans

1. Cette interprétation, qui nous a été suggérée par M. Pierre Champion, se trouve corroborée par le jargon de Montmorin.

2. Dans ce passage, il s'agit d'accolés, c'est-à-dire de « pendus », ce qui exclut l'interprétation de « prison » (proposée par M. Schône pi que nous avons tout d'abord adoptée dans la notice consacrée à Nil- Ion), les exécutions ayant toujours eu lieu, à Paris, soit place de Grève, soit aux Halles ou à Montfaucon. La définition de Cotgrave :

GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 3q5

e jargon de Montmorin (Hautes- Alpes) : gran mata, ville1, répondant à la grant mate du « Jobelin » et du « Vieil Testament ». Ce terme était déjà populaire au xvie siècle. Brantômeparle des enfants de la Matte, et d'Xubigné, des compagnons de la Matte, expressions synonymes de mattois, voleur (ce dernier fréquent chez Bouchet), nom passé, vers la même époque, en français, au double sens de « drille » et de «rusé», 1. 171-172 et 3io. Mate survit dans les patois méridionaux : iei gcntdela mato. les voleurs; malo, ruse, mauvais tour-, friponnerie en Gascogne) ; donna de la mato, tromper, duper ; fa la malo, tricher (Mistral). L'origine de ce mot de jargon, au sens de place ou ville, reste inconnue.

MATERIS (?), matin, II, 78.

MATHURINS, dés à jouer, surtout dés pipés, J. i836, 1,210; \id.. IF, 1 42, d'après le costume des moines dits Mathurins (robe blanche et manteau noir).

MATIGNON, messager, J. i836, I, 210, propr. maquignon.

MATOIS, matin, J. i83G, l, 210; Yid., II, i4a. On lit déjà cette forme chez Guill. Goquillart.

MATTOIS, v. mate.

MATURBES, dés à jouer, J. i84o, I, 210; Granv.2, I, 334- Mot déformé de mathurins.

MAUGRÉE, directeur de prison, J. i84o, I, 210. Appellation ironique : celui qui gronde les détenus.

MAUHE, bouche, Coq., I, 98, propr. moue. Y. ferme.

MAYER, amant qui paie, dupe, J. 1849, I, 210. Nom propre pris en mauvaise part. V. miche.

MAZILLE (?), monnaie, II, 76, 78.

MEC, meg, 1° Maître, individu, Yid., Il, i4a; Gloss., II, 176; 2° (mec des mecs), Dieu, J. 1849, I» 2I° (ct me9 des megs); Granv.*, I, 334; Doc, II, 192 ; — prov. mec, poseur (dans l'argot marseillais, lou grand meco d'adaut, le Très-Haut). Le mot

<< Mate, endroit à Paris où se réunissaient les voleurs et les filous » (définition généralement adoptée), est donc probablement la bonne, le mot désignant, en outre, la ville et la place des exécutions : A Parouart, la grant mathe gaudie...

c'est-à-dire : A Paris, la grande ville joyeuse... C'est dans ce sens qu'il faut corriger ce que nous avons écrit au t. 1, p. 171.

Page 1