‹ Les sources de l'argot ancienChapitre 142 sur 157 · Muse Normande, éd. Héron, t. II, p. 5o et · texte numérisé non relu

Muse Normande, éd. Héron, t. II, p. 5o et

GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE Scfî

MERLUCHE (?), mer, Litt., II, 2o5.

MÉRUCHE, poêle, J. i836, I, 210. Origine inconnue.

MESSIER. 1° Agent de la Sûreté, Litt., II, 2o3 ; 2° pi. Habitants. Doc., II, 193. Prononciation vulgaire de monsieur.

MESSIÈRE, 1° Individu, Vid., Il, ifc ; Doc, II, 181 ; 2° Bourgeois, Gloss., II, 176. V. mêzVere.

MEUDON <grand), nom de l'ancienne prison du Chàtelet, Vid., II, 1^2; Doc, II, 182, plaisamment assimilée au château royal de Meudon, bourg près de Paris.

MEULANS (artye de), du pain blanc, J. 1628, I, 19G. Allusion à la blancheur des farines produites par les moulins de la ville do Ifeulan.

MEULARD. veau. Vid., II, 142, propr. qui meugle; — cf. Bas-Maine, meuler, meugler.

MEUNIER, receleur, Vid., II, 1^2. Les meuniers jouissaient d'une réputation fâcheuse (v. yripis).

MÉZIÈRE, 1° Moi, J. 1G28, I, 196, 219, et i83C, I, 210; Granv., I, 334 ; 2° Niais, dupe, J. 1849, '» uo; Granv.2, I, 334 ; Vid., II, i43 ; Doc, II, 179. Forme amplifiée de mezis, à côté de mézigand, mezigue et mezigo, moi, J. 1628, I, 219 ; Vid., II, 142, i43, celte dernière passée dans le bas-langage, II, 259.

MEZIS. moi, Vie, I, 1C6. Le plus ancien type de cette série de déformations pronominales.

[MIBE] =nibe, Litt., II, 198.

MICHAUD, [visage], II, 77.

MICHE (?), lune, II, 75.

MICHE, 1° Riche client d'une fille, dupe, J. 1849, I, 210; Vid., II, i43 ; 2° Souteneur, Gloss., II, 176. Miche est la prononciation vulgaire de Michel, nom devenu le type du niais dans le bas-langage, I, 80, employé déjà avec ce sens par Vadé et le comte de Caylus.

MICHON, argent, J. 1G28, I, 222, 241 ; Resp.,I, 253; Granv., I, G5, 334 ; — propr. argent pour acheter des miches, du pain (même association d'idées dans le synonyme carme). Le mot était déjà populaire au xvne siècle : « Il a bien du michon, signifie il a bien de l'argent pour avoir des miches ». (Philibert Le Roux).

MIE DE PAIN, pou, Vid., II, i43 : les poux dans les cheveux ou dans les habits font songer à des miettes de pain semées.

MIKEL, dupe, Vid., II, i43. Miquel est la forme picarde et méridionale de Michel. V. miche.

3q8 glossaire étymologique

MILLARDS, classe de gueux qui portaient des besaces sur le dos, J. 1628, I, 228, et 1849, I, 210; Granv., I, 334 ; — cf. dial., Maine, Anjou, millaud, mendiant, gueux (de miller, crier d'une manière perçante, à Châlons).

MILLE, fille, femme de gueux, Vie, 1, i46, i53, i65; B., F, 173 (cf. I, 175, 276) ; — Anjou, meille, bohémienne. Le mot a pénétré dans plusieurs langues secrètes de la France1.

MILLERIE, loterie de camelot dans les foires, J. i836, I, 210, propr. mendicité. V. nullards.

MILLOGÈRE, chambrière, milloget, valet, Me, I, i65. Dérivé de mille à l'aide du suffixe analogique du synonyme limogère.

MINCE, 1° Denier, B., I, 173, c'est-à-dire menue monnaie ; 2° Papier à lettre, Rat, I, 33g ; VieL, II, i{3. Dans le bas-langage, à la fin du xvme siècle, « on appeloit mince le papiermonnoie, connu sous le nom d'assignat..., c'est maintenant (1808) le nom que le peuple donne aux billets de banque » (d'Hautel).

MINÇON, petit morceau de pain, Chauff., II, qô.

MINE (la), le Mans, Mineur, Manceau, J. i836, I, 210.

MINE, visage, Yill., I, i34 ; minois, visage, nez, Myst. Chr., I, 279 ; Vie, I, i64 ; J. 1628, I, 197. Ces mots sont attestés, au xve siècle, exclusivement dans des textes vulgaires (Les Repues franches), et minois garde encore son air familier. Ces considérations renvoient à une origine indigène : Mine et minois désignent primitivement le visage, tantôt intelligent et fripon, tantôt maussade et furieux du minet, de la mine, nom encore vivace de la chatte dans plusieurs patois "2. C'est du français que le mot passa, au xvnie siècle, en allemand, et vers la même époque en breton, d'où parfois on le dérive à tort.

MINSU, 1° Simple, ordinaire, Vie, I, 166 (minsus pilois) ; 2° (sur le), sans aucun artifice, une des manières de trucher, Vie, I, i5a ; Resp., I, 262, en opposition à sur le gourt, qui supposait la connaissance raffinée du métier. C'est un dérivé de mince : minsu, pour minceux, propr. mesquin. V. gourt.

MINUIT, nègre, Vid., II, i43. Allusion à la couleur.

MINZINGUE, v. mannezingue.

MIOCHE, garçon, apprenti-voleur, Chauff., I, 5i, II, 80, 95

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