Voir Argot Ancien, p
2. Eure-et-Loire, Deux-Sèvres, Charente-Inférieure, Bouches-du- Rhone(v. Y Atlas linguistique).
GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 3g9
(cf. I, 65); — moy. fr. mioche, miette l, pris au sens de petit i'iit;i nt. sens passé dans le bas-langage, II, 19, 2^1.
MION, 1* Garçon, gamin, J. 1628, I, 196; Granv., I, 334 : 2 Vpprenti- voleur, J. 1C60, I, 188; 3° lùifant, en général, Kesp., I, a5a; — moy. fr. mion, miette (=2 mioche), sens encore vivace dans l'Anjou. Terme jadis familier au bas-langage9, I, 80, remplacé aujourd'hui par son synonyme mioche, II, a/ii.
MION DE BOULE, filou, J. 1638. I. 197 (cf. I, 56) ; Granv., I, 334, propr. garçon de foire, répondant au boleador, voleur de foire, de la germania.
MIRADOU. miroir. Yid., II, i'j3; — prov. miradou, vedette.
MIRANDER (î), arrêter. Il, 78.
MIRECOURT, violon, Yid., II. i^3, d'après le nom de la ville où se fabriquaient la plupart de ces instruments de musique.
MIRETTE, (cil, J. 18^9, I, 210; \id., Il, i',3; — cf. en français, mire, visée.
[MIRQUIN], bonnet = marquin, J. 1628, I. a35, >\\, et i836, I, 210.
MIRZALE, boucle d'oreille, \id., II, i43 ; — fr. mirza, petite pendeloque, II. i<>3.
MISELOQUE, théâtre, c'est-à-dire mise de loques ou d'oripeaux \ misloquier, comédien, Md., Il, i43.
MISSEMONT ? Mil., I, i35. — [décemmentl. II. 39.
MISTIQUE, mistringue, voleur étranger. Rat, I, 338, 33g : Gloss., II, 166, propr. chat, type de voleur; — Norm., Caen, mistin. muirmgue, chat.
MISTON. individu, jeune homme, mistonne, jeune fdle, I,
1. Par exemple dans ces « sentences dorées » du Thresor de Gabriel Meurier (1078) :
Feu sans creux, Gasteau sans mioche Et bourse sans argent Nt vaillent pas gramment.
Le mot a gardé encore ce sens dans l'Anjou.
\u sens de « gamin », on lit le mot dans la Muse Normande, t. I, p. ÔQ :
Tous les petits niions de son quay et des halles... Omlin donne, en outre, mion de Gonessc, petit jeune homme, petit badin (Gonesse est le nom d'un bourg du département de Seine-et- Oise).
3. Un livre de M. Richepin porte comme titre : Miscloque, Choses et yens de théâtre, Paris, 189,3.
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71 ; Rat, 1,339; Litt., II, 191, 198: — prov. mistoun. mioche.
MITAINE (vol à la), genre de vol, Aid., II, 143, appelé aujourd'hui vol au kanguroo, d'après la grande poche dissimulée sous la robe de la voleuse, semblable à celle où la femelJe du kanguroo cache ses petits en cas de danger (cf. Rossignol). V. anquilleuse.
MITARD, v. milles.
MITOU, 1° Malade, Gloss., II, 167; 2° pi. Abrégé de francsmiloux, Resp., I, 249. V.francs-mitonx.
MITOUFLETS, gants, Vie, I, i65. Moyen français.
MITTES, cachot, Chauff., II, 91, 96; Vid., II, 1 43 (mitre), propr. basse-fosse (cf. mille en français). Aujourd'hui, mitard, cellule, cachot (Hayard, Rossignol).
MIVERIE ? Myst. Test., I, 267.
MOBILIER (?), dents, II, 58.
MOBILIER DE POCHE, de l'or, Litt., II, 202.
MOISSONNEUR (?), commissaire de police, II, 76.
MOLLANCHE, laine, J. 1628. I, 177, 197, et i836, I, 211 ; Granv., I, 334; Vid., II, i43; — propr. molle (cf. molleton); mollancheur, sergetier, Resp., I, 249, 261.
MOMAQUE, petit enfant, Vid., II, i43. V. môme.
MOME, 1° Enfant, Vid., II, i43 ; 2° Vol, Litt., II, 206 (=poupard) ; — anc. fr. morne, masque, épouvantai! : cf. fourb. fantasima, enfant, propr. fantôme. Le mot et ses dérivés ont passé dans le bas-langage, II, 241-242. Dérivés : momier, accoucheur, Vid., II, i43; momignard, petit enfant, Vid., II, i43; Doc, II, 190; momir, mettre au monde, Doc, II, 190.
M0NANT,1° Moi, J. 1628,1. 2 1 9 (monnan) ; 20 Ami, Vid., II, i43, considéré comme un autre moi-même. Déformation.
MONARQUE, pièce de cinq francs, Granv.'2, I, 334 ; Gloss., II, 167, d'après l'effigie.
MONFIER, baiser, J. i836, 1, 211. Origine inconnue.
MONNERONS (?), monnaie, H, 78.
MONORGUE, moi, Gloss., II, 170. Forme pronominale amplifiée, répondant au synonyme fourbesque monarca, passée dans le bas-langage, II, 259.
MONSEIGNEUR, pince d'effraction, Granv.2, I, 334; Vid., IL i43. Appellation moderne ' analogue à dauphin et passée dans la langue générale.
1. On lit dans le Dictionnaire de Larchey, p. 2^5 : « Monseigneur, au
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MONTAGNE DE GÉANT (?), potence, II, 58, 77.
MONTANT (le faux), tour de bâton, subtilité de gueux, Vie,
MONTANT, pantalon, Vid., II, i43. Mot encore usuel,
MONTANTE, culotte, ChauiT., Il, 91 ; Granv.2, I, 334 ; Doc., II, 179.
MONTANTE, échelle, Vid., II, i.',3.
MONTER SUR LA TABLE, v. table ; monter des couleurs, v. couleur.
MONTJOYE, [gibet], II, 37, 77.
MOQUEUR 1 ?), président du tribunal, II, 75.
MORASSE, alarme, Vid., II, n5, i43 (battre morasse) ; Doc, II, 180; — Milan (argot), batt mora, faire tapage, crier au secours, expression tirée du jeu de la mourre caractérisée par <l<s mouvements rapides des doigts et des exclamations répétées. Le mot a passé dans le bas-langage, II, a4a.
MORDANTE, scie. Vid., II, i43.
MORESQUE, danger, Vid., II, i43; — Piémont (argot), batte la moresca, même sens et origine que le milanais bail mora. V. morasse.
MORFE, nourriture, repas, Vie, I, i48; J. 1628, I, 196 (morphe), 233; Granv., I, 334. Un lit ce mot de jargon chez du Fail, I, 4o. V. morjicr.
MORFIANTE, assiette, J. 1628, I, 19G; Resp., T, 2Ô3 ; Granv., I, 334, c'est-à-dire vase dans lequel on mange.
MORFIER, manger, J. 1G28, I, 196, 229(morphier) ; Granv.,
I, 334, propr. manger avidement en ouvrant fort la bouche et en appuyant fortement les dents les unes contre les autres. L'existence du mot dans toutes les langues romanes * et ailleurs renvoie à un type onomatopéique, exprimant le mouvement des joues lorsqu'on mâche lentement, surtout chez les personnes qui n'ont pas de dents. Dérivés : morflage, repas, J. 1660, I, 23g; Resp., I, 261 ; morfillade, nourriture, Gloss.,
II, 170 ; morfiller, forme moderne de morfier, Chauff., II, 93 ; Vid., II, i43 ; Gloss., Il, 170 ; Doc, II, 178, ce dernier fréquen-
xviii* siècle, ce mot désigne déjà une petite pince à forcer les portes. V. le Cartouche de Granval ». Erreur : l'opuscule en question ne donne le mot que dans l'édition ultérieure de 1827. 1. Yoir Argot Ancien, p. 178.
Les Sources de l'Argot Ancien, t. II. 26
tatif, analogue au morfiailler de Rabelais, I, 28 (morfier, chez du Fail, I, 4o), encore vivace dans les patois '. La forme morfiller a passé dans le bas-langage, II, 342.
MORGANE, 1° Sel, Vid., II, i44 ; Doc, II, 190, propr. ce qu'on grignote ; 2° Faim, d'où morganer, mordre, Vid., II, i44, propr. remuer les mâchoires ; — dial. morgane, mâchoire (margane, chez David Ferrand).
MÔRICAUD, broc, Vid., II, i44- Personnification.
[MORMEj 22 morne, I, 3o3.
MORNANTE, v. morne.
MORNAS, bouche, J. 1628, I, 197, et i836, î, 211 (mornée, bouchée); Resp., I, 258 ; Granv., I, 334; J. 1849, I' 2I1 '■> — dial. morne, museau.
MORNE, mouton, J. 1628, I, 197, 229; Granv., I, 334; Chauff., II, 93; — cf. Poitou, mourner, meugler. Dérivés : mornante, bergerie, J. i836, I, 211 ; mornier, berger, Chauff., II, 90 ; J. i836, I, 21 t.
MORNIFLE, monnaie, surtout fausse monnaie, mornifleur, faux monnoyeur, Vid., II, i44, propr. soufflet (sens du mot dans le bas-langage) : cf. Fancienne expression bailler un soufflet au roy, faire delà fausse monnaie, c'est-à-dire outrager la face du roi en l'imprimant sur un métal de bas aloi.
M0RPHE,v. morfe. — [onguent], J. i836, I, 211.
MORT (quasi), au secret, Vid., II, i44-
MORTEPAYES, [galères], I, 33 ; II, 60.
[MORVE] = morne, J. 1700, I, 197, 198, 199.
MOUARGIE ? Vill., I, i3i *.
MOUCHAILLER, regarder, J. 1628, I, 196, 218, 228, 23i, 242, 244; Granv., I, 334; Vid., II, i44 ; — propr. regarder à la dérobée. V. mouschier.
[MOUCHAILLER] = mouscailler, J. 1690, 1, 197.
MOUCHARD, mot d'origine jargonnesque. V. mouche.
MOUCHARD, tableau, J. i836, I, 211 : il trahit le criminel.
MOUCHARDE, lune, Vid., II, i44 ; Doc, H, 180 : elle paraît espionner les malfaiteurs.