V. Argot Ancien, p
3. On lit turbibre, fondrière, pour tourbière, dans un texte du xvi' siècle (v. Littré).
çal) ; 2° Voler, Litt., II, 225. Mot passé, ainsi que ses dérivés, dans le bas-langage, II, 255-257. Dérivés : turbin, travail dur, J. i83C, I, 217 ; turbinement, même sens, Doc., II, 188 ; turbineur, travailleur, Vid., II, i63.
TURC, Tourangeau, Turcan, Tours, Turquie, Touraine, J. i836, 1, 217. Déformation.
[TURIN] = tupin, pot de terre, J. i836, 1, 217.
TURNE, maison, Ghauff., II, 92 ; — prov. turno, taverne, le logis des gueux étant souvent l'auberge (cf. piole, taverne et maison). Mot passé dans le bas-langage, parisien ou provincial, II, 257. V. enturner.
TURQUIE? Vill., I, i36. V. Turc.
TURTERIE, v. torterie.
TYRANT, nom du bourreau et du sbire, dans les Mystères, 1, 266, 270, 275, 277, 278, 283, propr. tyran (xve siècle); — tyrant, tyran, terme influencé par tirer, le bourreau traînant le criminel à l'échelle de la potence *.
URLE, v. hurle.
URPHE, beau, chic, Litt., II, 2o3. Déformation de rupe, V. rupin.
VACHE, 1° Coquin, agent de police, Litt., II, 2o3 ; 2° (faire). Faire chaud, Litt., II, 2o3, c'est-à-dire être avachi. Baslangage.
VADE, foule, Vid., II, iG3.En français, le mot désigne la première mise dans un jeu de cartes.
VAGUE, v. vaque ; donner du vague, raccrocher, Gloss., II,
VAIN, ordinaire, mauvais, Me, I, 166: pilois vain, juge de village (= juge ordinaire), vain guelier, loup garou (= mau-
1. Voir G. Lindner, Die Henker und ihre Gesellen in der altfranzôsischen Myrakel und Mysteriendichtumj (xme-xvi Jarhundert), Greifswald, 1902. Cette dissertation, sur les noms de bourreau et de ses suppôts, est exclusivement littéraire et ne tient aucun compte du jargon.
vais diable), vaine louchante, lune (= méchante épieusc), celle-ci ayant l'air de surveiller les actions des malfaiteurs.
VALLÀDE, poche de derrière, Granv.2, I, 337 ; Vid., II, i63 : Doc. Tl, 186 ; - prov. valado, bas-fonds, vallée. V. vandale,
VALLÉE, nom de dé (pipé), Coq., I. 97, 110.
VALSER, fuir, s'évader, Vid., Il, i63. Ironie.
VALTREUSE, valise, Vid., II, i63, terme des roulottiers parisiens. Dérivé: valtreusier. voleur dévalises. Nid. ,11, i63.
VANDALE, poche, Litt., II, 200. Déformation de vallade.
VANNAGE (faire un), faire gagner d'abord celui qu'on vcul duper, Vid.. II, 167. Image tirée du meunier qui nettoie les grains en les secouant.
VANNE, peur, Chaulf., II, 94, propr. vône, vesse.
VANNER, s'en aller, ChaufT., II, 90, propr. agiter ou secouer les membres.
VANTANE (?) = vanterne, II, 27.
VANTERNE, v. venter ne.
VAQUE, vague, vol au hasard, J. 18/49, '» 2I7 ! Vid., II, iG3; Doc, II, 18G ; Gloss., II, 174. V. vaquer.
VAQUER, vaguer, Gloss., II, 174, propr. s'occupera ; aller en vaquerie, sortir pour voler, Vid., II, i63, c'est- à dire aller à ses occupations, le vol étant envisagé comme une afTaire et un métier (cf. gain).
VARANNE, v. haistre de Yaranne.
VAUTOUR (?), voleur de la haute, II, 42-44-
VEAUMORNÉ, femme ivre, J. 1849, I, 217, propr. veau mort-né : allusion aux yeux hors de la tête d'une ivrognesse.
VEINNE (?), vieille femme, II, 75.
VÉLO, postillon, vélose, poste aux chevaux, Vid., II, i63, propr. véloce ou rapide.
VELOURS, cuir, J. i836, I, 217. Ironie.
VENDANGER, voler, Myst. Pass., I, 273, Chr., I, 290, propr. grappiller; dans le bas-langage: « Vendanger, piller, voler avec audace, sans craindre la surveillance, le contrôle » (d'Hautel) ; — cf. germ. vindimiar, tuer. Dérivé: vendangeur, filou, Coq., I, g5 ; Vill., I, 122, 137. — [pendre], II, 37, 77.
VENNE, honte, J. i836, I, 217, pour vêne, vesse.
VENNETTE, peur, J. 1849, I, 217. Même image que la précédente.
VENT (mettre au), pendre, Vill., I, 122, c'est-à dire exposer le cadavre du pendu à l'air. Même image que essorer.
Les Sources de l'Argot Ancien, t. II. 30
VENTERNE, fenêtre, croisée, Chauff., II, 93 ; J. i849, I, 209, 217; Vid., II, i63 ; Doc., II, 191, propr. venteuse : — cf. fourb. et germ. venlosa, même sens. Dérivé : venternier, voleur qui escalade les fenêtres, J. 1849, I, 217; Vid., II, i63 (cf. II, 20;.
VER (monter un), mentir pour découvrir la vérité, Granv.-, I, 337, c'est-à-dire tirer à quelqu'un les vers du nez.
VERBE (solir sur le), vendre à crédit, Vid., II, i63, propr. sur parole.
VERDERET, vent, Vid., II, 164, propr. vent de campagne.
VERDOUSE, pomme, poire, J. 1628, I, 199, 226, c'est-à-dire fruit vert; — prov. verdouso, vert, verdoyant ; cf. fourb. verdoso, porreau. Dérivé : verdousier, 1° Jardin, jardinier, J. 1628, I, 199, et i836, I, 217; Granv., I, 337; 2° Pommier. I. i836,I, 217; 3° Fruitier, Vid., II, 164.
VERDS, fantassins, Vid., II, 164, d'après la couleur de leur uniforme.
VERGER, jardin, Ghauff., II, 92. Français.
VERGNE, ville, Vill., I, i34, i35, i37 ; Vie, I, i64; J. 1628,
I, 199, 242 ; Resp. , I, 269; Granv., I, 337 ; Ghauff., II, 94 : Vid.,
II, 164 ; Doc, II, 178 ; — propr. lieu planté de vergnes : cf. les noms de lieu La Veryne, Les Vergnes, etc. Le mot survit encore dans le Bellau ou parler des peigneurs de chanvre du Haut- Jura: vergna, ville.
VERGNE (rouler sur la), emporter le butin, Gloss., II, 17O.
VERMINE, avocat, Vid., II, 164. Ironie.
VERMOIS, sang, J. i836, I, 217, c'est-à-dire vermeil. Dérivé; vermoisé, rouge, J. i836, I, 212, 217.
[VERSER] —verver, I, 199.
VERSIGO, Versailles, Vid., II, 164.
VERT EN FLEURS, genre de vol, Vid., II, i64: voir l'explica lion qu'en a donnée Larchey dans son Supplément.
VERVER, crier, pleurer, J. 1690, I, 199 ; Granv., I, 337; — Norm. verver, gronder.
VESTIGES, légumes de prison, J. 1849, I» 2I7 î Gloss., II. 174. Jeu de mots sur vesce, légume sec, et vesse, d'après leur effet sur les intestins.
VEUVE, potence ou guillotine, suivant l'époque (v. épouser), le dernier sens encore usuel (Rossignol) ; — cf. germ. viuda, potence (= veuve).
VICELOT, petit vice, Vid., H, i6'4.
VICE-RASE, vicaire, J. i836, I, 217. V. rase.
VICTOIRE, chemise, Litt., II, ao5. Bas-langage.
VIGIE (vol à la), genre de vol, Vid., II, i6A-
VILLOIS, village, Chauff., II, 9', ; Vid., II, i64; Doc, II, rç2.
VINAIGRE (crier au), nier au voleur, appeler au secours. .1. 1660, I, 318, et 18/19, I' 2°5 ' Granv., I, 33t. Expression qui remonte au xvie siècle (v. Fr. -Michel).
VINGT-DEUX, couteau, J. 1849,1, 217; Vid., II, i64;Gloss., Il, 177. Mot encore usuel (Hayard, Rossignol). Origine inconnue.
VIOC, vioque, vieux, Vid., II, 164 ; Doc, II, 181, 193. Déformation.
VIOLANTE ? Me, I, i63.
VIOLET, évêque, Vid., II, 164. Même image que prune de Monsieur.
VIOLON, prison provisoire, cellule de poste de police, Vid., II, 164. Jeu de mots fondé sur l'assimilation des barreaux aux cordes d'un violon, métaphore à la fois populaire et jargonnesque, I, 73-74, 80; jouer du violon, scier ses fers, Vid., II, i<>'i ; Gloss., II, 168; sentir le violon, être misérable, violonné, misérable, mal mis(= mis au violon), Vid., II, 164.
VIOQUE, v. vioe. Dérivé : vioquir, vieillir, Vid., Il, 164.
VIORQUE DE FLANDRES (aller à) ? Rat, I, 339.
VIRONNE, province, Vie, I, 164 ; — cf. Berry, viron, rond, vironnée, tournée.
VISE-AU-TREFFLE, pharmacien, Vid., II, 164, appellation facétieuse répondant aux synonymes vulgaires : arquebusier du ponant (Ph. Le Roux) et mirancu*. V. treffle.
VOITE, voiture, J. 1849,1,217; Granv.2, 1, 337. Abréviation.
VOL-AU-VENT, plume, Vid., II, 164, à cause de sa légèreté.
VOLANT, manteau, Vill., I, i35 ; Vie, I, i65 ; B., I, 172; J. 1628, I, 218 (cf. I, 3o8), propr. manteau volant, c'est-à-dire bande d'étoffe servant de garniture à un mantelet (sens du mot en moyen français), évolution de sens analogue aux synonymes rabat et temple.
VOLANT, 1° Volaille, B., I, i74; 2° Pigeon, Vid., Il, 164 ; — cf. fourb. volantini, volaille.
VOLANTE, ange, Vie, I, 164.
VOS EN, vous, Vill., I, i3i, i34 ; vostre an, vous, Vill., I, i34 (cf. mon an, moi). V. an.
1. Nisard, Parisianism.es, p. 98, en cite un exemple de 1671,
VOS YS, vous, Vill., I, i3o (cf. tesis); Vie, I, i5i (vozis).
VOUS ENS, vous, Vill., I, 124 ; voz ans, voz emps, vous, Vill., I, 124, i3o. V. an.
VOUZAILLE, vous, J. 1628, I, 199; Granv., I, 337 ; Doc, II 191. Forme encore vivace, II, 258.
VOZIÉRE, vous, J. 1728, I, 199.
[VRIMALION], ville, Vid., II, 99 : cf. frimillon, marché.
WALLEQUIN? Vill., I, i35.
YME (son), v. son yme.
YS ? [huis], II, 37.
ZABLO (le grand) (?), le soleil, II, 55-56. Y.jablo.
ZERVER, crier ou pleurer, Vie, I, i47 ; J. 1628, I, 199, 223 ; Kesp., I, i5i, i53. Origine inconnue. Terme remplacé, dès la fin du xvne siècle, par verver, qui disparut à son tour au siècle suivant. Dérivés : zervart, prédicateur, Vie, I, 166, propr. criailleur ; zervinois. procureur, Vie, I, 166 (v. gourd).
ZIF, 1° ? Vie, I, 166 ; 2° Marchandise imaginaire, Vid., II, i57, 164. Probablement abréviation de zéphyr, vent. L'argot des étudiants de Winchester porte le nom de the language of ziph.
ZIGUE, camarade, Vid., II, 164, propr. grosse jambe ou gigot (acception dialectale du mot), évolution de sens analogue au synonyme poteau. Mot devenu populaire, II, 257.
ZONA, prostituée, II, 9. Mot de» merciers juifs.
ZOZE (boucle de), pain bis, Vid., II, 164. c'est-à-dire noir comme les cheveux de négresse (appelée Zozo, à l'époque de Vidocq).