‹ Les sources de l'argot ancienChapitre 3 sur 157 · Vidocq, Les Voleurs, t. II, p. 67. Cf. Ci-dessous, p · texte numérisé non relu

Vidocq, Les Voleurs, t. II, p. 67. Cf. Ci-dessous, p

des malfaiteurs, c'est le point terminus de l'évolution argotique au xix° siècle. Le vocabulaire jargon nesque (juil renferme est aussi remarquable par la nouveauté «les matériaux que par l'abondance du commentaire et la précision des données ethnographiques.

Les éléments de ce lexique, abstraction faite de tenues historiques que Fauteur a ajoutés à son propre ronds, répondent parfaitement au langage usité chez les voleurs de la première moitié du \i\ siècle. Dans sa jeunesse, Vidocq avait été condamné à la prison et au bagne ; il avait vécu au milieu des escarpes à Arras, à Paris, en province ; et cette vie aventureuse lui avait permis de puiser ses matériaux à la source même, au contact direct et continuel avec le monde des malfaiteurs. Doué d'une vive intelligence et d'une pénétration peu commune, personne n'a mieux étudié que lui les mœurs et le langage de ces classes dangereuses1. Les explications dont il accompagne les différents arti-

i. N4 à Arras en 178J, Vidocq, après une vie des plus aventureuses, entra en 180g au service de la police, où il resta jusqu'en 1827, comme Chef de II brigade de sûreté. Retiré a Saint-Mandé, il y fonda une fabrique de papier et carton qui le ruina. Rentré en i83a à la police et bientôt renvoyé, il ouvrit, vers i833, un bureau de renseignements secrets qui fut fermé par ordre. Vidocq mourut à Paris dans la mien 1837.

v - Mémoire* (1828), le premier ouvrage qui le rendit célèbre, ont été dernièrement réimprimés par Garnier avec des notes de E. Vil liod. Citons, en dehors de son œuvre capitale Les Voleurs (1837). ses Réflexions sur les moyens propres à diminuer les crimes et les récidives { i8'i'i) et lecurieuv livre : Le Paravoleur, ou VArt de se conduire prudemment en tout pays, notamment à Paris, et d'éviter les pièges de toute espèce

clés de son vocabulaire, toujours nourris et intéressants, affectent parfois une exposition prolixe1 et déclamatoire 2 ; mais on peut toujours y glaner des renseignements utiles que l'auteur a négligés de reprendre à l'ordre alphabétique, notamment (et ce n'est pas le côté le moins intéressant) les éclaircissements sur les milieux où il a recueillis ses expressions jargonnesques.

Commençons par les nationalités, dont les deux dernières, les Juifs et les Flamands, apparaissent pour la première fois dans le domaine argotique.

Voici tout d'abord les Bohémiens que nous avons rencontrés à plusieurs reprises, mais qui n'ont laissé de traces de leur langue — du romani — que dans le vocabulaire des Chauffeurs.

Il n'y a plus en France, — dit Yidocqdans son ouvrage sur « les Voleurs», t. II, p. 67-68, — hu moment où nous sommes

que tendent aux personnes honnêtes et faciles les charlatans, escrocs, jilous et voleurs qui infestent la capitale, Paris, i83o, in-180. Vidocq y traite de plusieurs genres de vol et de tricherie qu'il a repris en détail dans son ouvrage sur Les Voleurs.

1. C'est ainsi que l'article bonjourier ne comporte pas moins de quatre pages ; cambrioleur, détourneur et escroc en ont le double; lettres de Jérusalem et suce-larbin, le triple ; l'article faiseur, ayant plus de vingt pages remplies d'allusion au bureau de renseignements secrets que l'auteur avait ouvert en i833, est précédé d'une note assez caractéristique pour mériter d'être citée (I, i3G) : « Déjà, depuis plusieurs années, j'ai déclaré aux Faiseurs une guerre vigoureuse, et je crois avoir acquis le droit de parler de moi dans un article destiné à les faire connaître; que le lecteur ne soit donc pas étonné de trouver ici quelques détails sur rétablissement que je dirige, et sur les. moyens d'augmenter encore son influence salutaire ».

2. Voir l'article surbine qui ne compte pas moins de trente-six pages de phraséologie humanitaire.

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