‹ Les sources de l'argot ancienChapitre 71 sur 157 · Recueil d'argot · texte numérisé non relu

Recueil d'argot

Le recueil suivant est extrait des Mémoires d'un forban philosophe, qui datent de la même époque. Ces mots manquent au lexique de Vidocq, en diffèrent ou sont pourvus d'exemples.

Affurer, gagner : « « Les tireurs ajfureront de la bille (p. 84) ; v. tortillade.

Altiger, torturer : « j'ai entravé que je serai attigé et riffaudé » (p. 191).

Attigeur, bourreau : « Yattigeur le traîne à la potence » (p. 169).

Balle, franc : « dix mille balles... ça valait bien de risquer le grand pèlerinage de Monte-aux-Regrets » (p. i83).

Basse (la), la classe misérable, en opposition avec la haute, la classe des gens riches.

Bastringue, scie propre à couper les barreaux : « j'ai unebastringue » (p. 11 4).

Battre, feindre : « vous savez mieux battre que je ne le pensais » (p. 101); battre la roupillade, faire semblant de dormir (p. i5a).

Biller, payer : « en attendant y faudra que tu billes » (p. 126).

Boiterne, jeu de dés ou de dominos : « elle a fait de bonnes affaires avec sa boiterne » (p. 182).

Bouliner, déchirer : « Mauvais grinchisseur de limaces boulinées » (p. 85).

Broque, liard : « aboule ici ton larton pour six broques » (p. 89).

RECUEIL D'ARGOT l<><>

Brâlê, suspect, reconnu : « nous sommes brtilrs. n'est-ce a (p. 182).

Cadène, chaîne de forçats : « N'est-ce pas bientôt la décarade de la cadène de l'an lin ? » (p. 85).

Cambre, chambre : « silence dans la cambre » (p. i44).

CastiL, cachot : « Le fagot des castus (p. 260).

Cavale, fuite : « je suis en cavale, parce que le roi veut me faire butter » (p. 87).

Chique, église : « Vous n'avez toujours fréquenté la chique? » (p. 101).

Chiquer, battre : « je vais te chiquer la gueule » (p. i83).

Cintrer, tenir : « un vingt-deux cintre mieux dans la pogne qu'une camoufle » (p. 99).

Cogne, gendarme et gendarmerie : « j'réponds que celui-là n'aurait pas craint dix cognes» (p. 87) ; « toute la cogne est sur le trimard » (p. 181).

Colabre, cou : « tu as fauché le colabre d'un orgue pour lui grinchir trente balles » (p. i83).

Collège, prison : « Quel guignon d'être au collège à présent ! » (p. 84) ; « ils ne sont pas au collège pour enfiler des perles » (p. 91).

Colomber, pour conobler, connaître : « un pègre de la haute qui a taf d'être colombe » (p. 102) ; « tu n'as jamais colombe ton frangin ? » (p. 160).

Coqueur, espion : « on dit que c'est un coqueur » (p. i3o).

Crampe, évasion : « quelle bonne sorgue pour une crampe ! » (p. i44) ; tirer sa crampe, se sauver (p. 87).

Débiner, dénoncer : « nous serions bientôt débinés» (p. 96).

Dècarer, sortir : « Quand nous serons décarés, gare les pantres ! gare les sergoles ! » (p. 84).

Emballer, arrêter : « faut-il que les hommes soient loffes de se faire emballer » ? (p. 92) ; « Lorrain a été emballé, sa frangine l'a suivi de près » (p. 181).

Ewible, ensemble : « va chercher une rouillarde, nous la picterons encible » (p. 160).

Esbiner, emporter : « il a riffaudé tf bocard du rabouin qui ïesbine » (p. 84).

170 DOCUMENTS JARGONNESQUES

Fadeur, individu qui suit les filous à la foire, surveille leurs démarches et exige de partager le butin avec eux, ou il menace de les dénoncer : « tu n'as jamais été qu'un fadeur » (p. 86).

Fagot, forçat : « Combien peut-il y avoir de fagots à Toulon ? » (p. 85).

Fauchants, ciseaux : « tu ne sais pas manier le cadet, ni les fauchants » (p. 92).

Fertanche, paille : « roupillant sur la fertanche » (p. 170).

Franc, ami : « plus tard je vous parlerai en franc » (p. 101).

Frangir, casser : « la carouble, c'est bon pour les mômes ; moi, je servirai les orphelins; avec un emplâtre je frangirai les vanternes sans qu'on puisse prêter loche » (p. 93).

Frusquiner, habiller : « ton camarade, nous le frusquinerons en larbin» (p. 160).

Icigo, ici : « la pègre aboulera icigo à la sorgue » (p. 161).

Lansquiner, pleuvoir : « quelle sorgue ! comme il lansquine, quel beau temps pour les escarpes de grand trimard ! » (p. 84).

Lojfe, imbécile : « Cartouche et Mandrin étaient des loffes... » (p. 88) ; v. emballer.

Maison de passe, rendez- vous où les filles conduisent leurs pratiques (p. k 7).

Manger, avouer : « à la bonne heure, mangez donc ! »

Marlol, malin : « j'aurais toujours été grivier... je suis devenu mariol » (p. 92).

Maronné, suspecté : « je pourrais être maronné » (p. 1G0).

Merlou, voleur roué, rusé : « des pépinières qui fournissent plus tard des merlous » (p. 91).

Merlousier, malin : «c'était une merlousiere » (p. i3i).

Monorgue, moi : « as-tu des camouflés pour monorgue ? » (p. 160).

Morfillade, nourriture : « la morfillade rend le picton meilleur » (p. 160).

Morfiller, manger : « Vous aurez à morfiller, tandis que les autres caneront la pégrenne » (p. 101).

Morgane, faim : « j'ai mortîllé tout mon larton, je canerai

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